À moins d’un mois du premier tour des élections municipales, fixé au 15 mars, la campagne s’intensifie dans de nombreuses communes. Organisées tous les six ans, les municipales permettent l’élection des conseillers municipaux, qui désignent ensuite le maire au sein du conseil. Le dépôt des listes en préfecture est encadré par un calendrier légal, avec une date limite fixée au 26 février dans plusieurs départements.
Dans plusieurs grandes villes, des sondages d’intentions de vote ont été publiés. À Paris, une enquête crédite Emmanuel Grégoire de 30 % des intentions de vote au premier tour, devant Rachida Dati. À Nice, un autre sondage place Éric Ciotti en tête face au maire sortant Christian Estrosi, avec un écart d’une dizaine de points. L’équipe de ce dernier annonce saisir la Commission des sondages, autorité administrative chargée de contrôler la régularité des enquêtes publiées en période électorale.
« À chaque scrutin, les pourcentages précèdent les urnes. »
Des stratégies différenciées dans les grandes villes
À Paris, les têtes de liste détaillent leurs priorités programmatiques. Emmanuel Grégoire met en avant une politique de régulation des meublés touristiques, soumis dans les zones tendues à autorisation municipale au titre du droit du logement. Sophia Chikirou présente le chiffrage de son programme et conteste le bilan de son adversaire. Pierre-Yves Bournazel dévoile une partie de sa liste d’union de la droite et du centre, incluant d’anciens membres du gouvernement.
À Lyon, plusieurs candidats multiplient les annonces sur la sécurité, le logement ou les mobilités. Jean-Michel Aulas a évoqué un tarif d’abonnement aux transports en commun inférieur au montant actuellement en vigueur, avant d’apporter des précisions. Des débats portent également sur l’encadrement des loyers, dispositif permettant, dans certaines agglomérations, de plafonner les loyers lors de la relocation d’un bien.
« Une erreur de tarif peut devenir un argument de campagne. »
Des rivalités locales et des incidents de campagne
À Nice, la campagne oppose deux responsables politiques issus de la même famille partisane, désormais concurrents. Les échanges se tendent après la publication d’un sondage contesté. À Marseille, certains candidats investissent les quartiers populaires ou avancent des propositions spécifiques en matière d’accès aux plages, suscitant des réactions contrastées.
Dans certaines communes, des incidents sont signalés. À La Rochelle, le maire sortant accuse des rivaux d’avoir utilisé des substances toxiques sur des affiches électorales. À Montceau-les-Mines, un candidat annonce quitter une liste après avoir indiqué ne pas connaître l’étiquette partisane sous laquelle il figurait.
Par ailleurs, dans plusieurs départements ruraux, le nombre de listes déposées demeure limité. Dans le Gers, plus de 200 communes n’avaient pas encore enregistré de candidature à quelques jours de la clôture des dépôts. En Saône-et-Loire, 177 listes avaient été enregistrées à la mi-février.
Des thèmes récurrents : logement, écologie, finances locales
Le logement apparaît comme un thème central. À Strasbourg, l’encadrement des loyers structure le débat entre candidats. À Lyon, les propositions divergent sur la construction de nouveaux logements et les modalités d’intervention de la collectivité. Les municipalités disposent de compétences en matière d’urbanisme via le plan local d’urbanisme (PLU), document fixant les règles de construction.
L’écologie et les mobilités figurent également parmi les priorités affichées. À Bordeaux, certains candidats proposent de revenir sur des mesures de réduction de la place de la voiture. À Dijon ou Orthez, les projets portent sur la végétalisation, la restauration scolaire ou la transition énergétique. Les communes exercent des compétences en matière d’aménagement urbain, de voirie et de gestion des équipements publics.
Dans les outre-mer, la situation financière des communes est évoquée comme un enjeu majeur. Les budgets municipaux sont encadrés par des règles d’équilibre budgétaire et soumis au contrôle des chambres régionales des comptes, juridictions financières chargées de vérifier la régularité de la gestion locale.
Un scrutin encore ouvert dans de nombreuses communes
À ce stade, les listes ne sont pas toutes définitivement enregistrées et des fusions restent possibles entre les deux tours, selon les règles prévues par le code électoral. Les campagnes locales continuent d’évoluer au gré des annonces, des réunions publiques et des publications d’enquêtes d’opinion.
La configuration observée dans les grandes villes se maintiendra-t-elle après la clôture des candidatures ? Les rapports de force mesurés par les sondages se traduiront-ils dans les urnes lors du scrutin du 15 mars ?