Volodymyr Zelensky a déclaré, dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse, que l’armée ukrainienne avait repris 300 km² dans le sud du pays lors de contre-attaques récentes face aux forces russes. Ces propos interviennent alors que l’invasion russe a débuté en février 2022 et que les combats se poursuivent sur plusieurs fronts, notamment dans le Donbass et dans le sud de l’Ukraine.
Le président ukrainien a affirmé que Kiev ne « perd pas » le conflit, quatre ans après le début de l’offensive russe. Il a également indiqué que, dans l’hypothèse d’un cessez-le-feu avec la Russie, l’Ukraine souhaiterait que des troupes internationales chargées d’en garantir le respect soient déployées « au plus près des zones de combat », c’est-à-dire directement sur la ligne de front.
« Le chiffre de 300 km² est repris dans plusieurs titres, avec des variations sur les termes “repris” ou “libéré”. »
Des estimations contestées sur l’ampleur des gains
Les 300 km² évoqués correspondent, selon les déclarations présidentielles, à des territoires repris lors de contre-attaques en cours dans le sud. D’autres analyses s’appuient sur les données de l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), centre de recherche américain qui cartographie les évolutions territoriales à partir de sources ouvertes.
Certaines publications indiquent qu’une lecture erronée de ces données aurait conduit à surestimer l’ampleur des gains. Elles précisent que les avancées observées seraient plus limitées que ne le suggère le chiffre global avancé dans l’entretien.
Dans le même temps, des reportages décrivent des combats intenses dans le Donbass, région de l’est de l’Ukraine. Les forces ukrainiennes y cherchent à contenir l’avancée russe. Des unités mettent en avant l’initiative laissée aux commandants locaux et le recours accru à l’innovation technologique pour compenser un écart de moyens humains et matériels.
Un discours sur la durée du conflit
Au sein des forces ukrainiennes, certains responsables militaires affirment que l’armée peut « encore se battre pendant quelques années ». Le commandant de la garde nationale ukrainienne a déclaré que l’Ukraine avait perdu une part importante de sa population et de ses territoires et ne pouvait « juste arrêter et les céder ».
Parallèlement, un conseiller du président ukrainien a démenti des informations relayées par des chaînes Telegram prorusses, selon lesquelles des discussions internes auraient envisagé de préparer le pays à « trois années supplémentaires de guerre ». Il a contesté l’existence d’une telle planification formalisée.
« L’expression “trois années supplémentaires de guerre” est citée entre guillemets et fait l’objet d’un démenti officiel. »
Des accusations et démentis parallèles
Kiev a également affirmé avoir déjoué des projets d’assassinats visant de hauts responsables ukrainiens. Selon les autorités, une somme de 100 000 euros aurait été promise pour l’élimination de certaines cibles. Des interpellations ont été annoncées et une enquête a été ouverte.
De son côté, la Russie a démenti recruter des soldats kényans pour combattre en Ukraine. Elle a évoqué une « campagne de propagande » et contesté l’existence de filières organisées de recrutement forcé, tout en ne niant pas la présence d’étrangers dans ses rangs.
Dans un autre registre, la Corée du Nord a affiché son soutien à Moscou. Kim Jong-un a honoré des « héros » engagés dans la guerre d’Ukraine, dans un contexte de coopération militaire renforcée entre Pyongyang et Moscou.
Des combats en cours et des annonces non vérifiées indépendamment
Les combats se poursuivent dans le sud et dans le Donbass, sans qu’un cessez-le-feu ne soit en vigueur à ce stade. Les déclarations présidentielles sur les gains territoriaux et les demandes de déploiement international s’inscrivent dans un contexte de confrontation militaire continue et d’échanges d’accusations entre Kiev et Moscou.
Deux questions demeurent ouvertes : quelle est l’étendue exacte des territoires effectivement contrôlés à l’issue des contre-attaques mentionnées ? Et dans quelles conditions un éventuel mécanisme international de garantie d’un cessez-le-feu pourrait-il être mis en place ?