Le 24 février marque le quatrième anniversaire de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, déclenchée en 2022. À cette date, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a diffusé un message vidéo sur Telegram et accordé plusieurs entretiens à des médias internationaux. Il y affirme que la Russie « n’a pas atteint ses objectifs » et appelle les États-Unis à « rester du côté » de l’Ukraine.
Dans un entretien avec une chaîne américaine, il estime que le président américain, Donald Trump, n’exerce pas une pression suffisante sur Vladimir Poutine pour mettre fin au conflit. Il demande le maintien de l’aide militaire et des garanties de sécurité explicites pour son pays.
« Les formules “n’a pas atteint ses objectifs” et “rester du côté de l’Ukraine” sont reprises quasi textuellement dans plusieurs titres et synthèses. »
Des soutiens réaffirmés par plusieurs dirigeants
À cette date anniversaire, plusieurs responsables européens se sont rendus à Kiev. La présidente de la Commission européenne et le président du Conseil européen ont effectué une visite conjointe dans la capitale ukrainienne. Un prêt de 90 milliards d’euros et un nouveau paquet de sanctions contre la Russie sont toutefois présentés comme bloqués au sein de l’Union européenne, en raison de l’opposition d’un État membre.
Le G7 a, de son côté, annoncé son « soutien indéfectible » à Kiev. En France, le président de la République a évoqué un « triple échec » de la Russie sur les plans militaire, économique et stratégique.
Ces prises de position prolongent la coopération occidentale engagée depuis 2022. L’Union européenne a adopté plusieurs séries de sanctions économiques, tandis que les États-Unis ont fourni une aide militaire et financière substantielle à l’Ukraine.
Un conflit entré dans sa cinquième année
Quatre ans après le déclenchement de l’invasion, la ligne de front est décrite comme relativement stable dans l’est et le sud du pays. Des reportages évoquent un recours accru aux drones. Les combats évoluent lentement. Les autorités ukrainiennes font état de frappes régulières sur plusieurs villes, notamment Zaporijjia.
Des bilans publiés à cette occasion mentionnent des dizaines de milliers de civils tués. Ils font également état de centaines de milliers de soldats morts ou blessés dans les deux camps. Sur le plan économique, un rapport indique que les revenus russes issus des exportations d’hydrocarbures ont diminué de 27 % en quatre ans, passant de 264 milliards d’euros en 2021 à 193 milliards lors de la quatrième année de guerre.
« Certains récits insistent sur la stabilisation du front, d’autres sur l’“enlisement”, en reprenant des données similaires sur la durée et les pertes. »
Des lectures divergentes en Russie et en Ukraine
En Ukraine, le discours présidentiel met en avant la résistance du pays et la continuité des institutions. Malgré des critiques internes portant sur la concentration du pouvoir ou des affaires de corruption, la popularité de Volodymyr Zelensky est rapportée comme restant au-dessus de 50 %.
En Russie, la presse proche des autorités évoque une « opération militaire spéciale » menée dans une logique défensive. Certains journaux ne mettent pas en avant la date anniversaire, tandis que d’autres reprennent une rhétorique présentant la Russie comme ouverte à des négociations.
Ces formulations renvoient à des cadres narratifs distincts. D’un côté, l’invasion est décrite comme une agression à grande échelle débutée le 24 février 2022. De l’autre, elle est présentée comme une opération militaire répondant à des impératifs de sécurité.
Des équilibres diplomatiques et militaires toujours en question
Quatre ans après le déclenchement de l’offensive russe, la guerre entre dans sa cinquième année avec un front peu mobile et des soutiens internationaux régulièrement réaffirmés. Les cadres institutionnels restent ceux d’un conflit armé international assorti de sanctions économiques et d’aides militaires.
Les discussions évoquées autour d’éventuelles négociations ne se traduisent pas, à ce stade, par un processus formalisé. Les blocages au sein de l’Union européenne sur certains financements et la position américaine sur la pression à exercer sur Moscou demeurent des éléments observés. Les initiatives diplomatiques en cours peuvent-elles modifier l’équilibre actuel du soutien à Kiev et l’évolution du conflit ?