L’Iran et les États-Unis ont entamé à Genève une troisième session de pourparlers indirects consacrés au programme nucléaire iranien. Les discussions se tiennent en Suisse, avec une médiation assurée par le sultanat d’Oman. Les délégations ne négocient pas directement : les échanges passent par des intermédiaires, selon le format dit « indirect ».
Le programme nucléaire iranien fait l’objet de tensions depuis plusieurs années. Washington affirme vouloir empêcher Téhéran d’accéder à l’arme nucléaire. Les autorités iraniennes déclarent ne pas chercher à se doter de l’arme atomique et invoquent leur droit à un usage civil de l’énergie nucléaire, reconnu par le Traité de non-prolifération (TNP), accord international encadrant l’accès au nucléaire civil et limitant la prolifération des armes nucléaires.
« Les expressions “troisième session”, “nouveaux pourparlers” ou “reprise des négociations” sont utilisées pour désigner la séquence de discussions à Genève. »
Un périmètre de discussion contesté
Le contenu exact des discussions constitue un point de friction. Les responsables américains indiquent vouloir aborder également le programme de missiles balistiques iranien. Téhéran affirme que les discussions doivent se limiter au dossier nucléaire.
Le programme balistique concerne le développement de missiles capables de transporter des charges conventionnelles ou non conventionnelles. Il ne relève pas directement du TNP, mais fait l’objet de débats dans des enceintes internationales.
Le chef de la diplomatie américaine a évoqué un « gros problème » si ce sujet n’était pas inclus. De son côté, le président iranien a décrit une situation de « ni guerre ni paix », tout en mentionnant des « idées créatives et positives » échangées à Genève. D’autres responsables iraniens ont fait état de « bons progrès » et envisagé de nouvelles discussions dans un délai inférieur à une semaine.
« Des références à des “bons progrès” coexistent avec des mentions d’une “menace militaire” ou d’une “dernière chance”. »
Un contexte de pression militaire
Les discussions se déroulent alors que les États-Unis ont renforcé leur dispositif militaire au Moyen-Orient. Des avions et des navires de guerre ont été déployés dans la région, selon les autorités américaines. Ce déploiement est présenté comme une mesure de dissuasion.
Parallèlement, des responsables américains n’excluent pas publiquement l’option d’une frappe contre des installations iraniennes. Le discours sur l’état de l’Union du président américain a inclus des arguments en faveur d’une possible action, tout en maintenant la poursuite des discussions.
Les négociations à Genève sont ainsi présentées comme une tentative d’éviter une confrontation militaire, dans un contexte de signaux diplomatiques et militaires simultanés.
Une séquence diplomatique encore ouverte
À ce stade, la troisième session de pourparlers s’est achevée sans annonce d’accord formel. Les échanges se poursuivent dans un format indirect, avec des positions publiques distinctes sur le périmètre des discussions.
Les prochaines rencontres permettront-elles de clarifier les sujets effectivement négociés et le calendrier d’un éventuel accord ? Le maintien du dispositif militaire américain influera-t-il sur la dynamique des discussions engagées à Genève ?