Jean-Luc Mélenchon a pris la parole lors d’un meeting organisé à Lyon le 26 février, en soutien à une candidate aux élections municipales. Au cours de son intervention, il a commenté la manière dont le nom de Jeffrey Epstein est prononcé dans les médias français. Jeffrey Epstein est un homme d’affaires américain condamné en 2008 pour des faits liés à la prostitution de mineure et poursuivi pour trafic sexuel au moment de son décès en 2019. Jean-Luc Mélenchon a notamment déclaré : « Vous direz “Epstine” au lieu d’“Epstein” », ajoutant que cette prononciation « fait plus russe ».
Ces propos ont été rapidement relayés et ont donné lieu à des accusations d’antisémitisme émanant de responsables politiques, de membres du gouvernement et d’organisations représentatives.
« Les expressions “Epstine” et “ça fait plus russe” sont reprises de manière quasi identique dans la plupart des comptes rendus. »
Jean-Luc Mélenchon a contesté ces accusations. Sur le réseau social X, il a dénoncé une « polémique consternante » et affirmé que « l’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent tout ramener à ce sujet ». Il a également indiqué avoir voulu ironiser sur ce qu’il présente comme une focalisation médiatique.
Des réactions politiques multiples
Plusieurs membres du gouvernement ont condamné ces propos. Le ministre de l’Intérieur a parlé de « propos abjects » et estimé qu’ils jouaient sur une ambiguïté. La porte-parole du gouvernement a évoqué une stratégie politique reposant sur la « violence politique et l’antisémitisme ».
Des responsables d’autres formations politiques, à gauche comme à droite, ont également réagi. Certains élus ont évoqué un « délire complotiste », d’autres ont estimé que ces déclarations ravivaient un « procès en antisémitisme » déjà ancien visant le dirigeant de La France insoumise.
Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dénoncé des propos aux « relents antisémites ». D’autres personnalités, comme des avocats ou des responsables associatifs, ont exprimé publiquement leur condamnation.
À l’inverse, des membres de La France insoumise ont pris la défense de leur dirigeant. Manon Aubry a déclaré que « le débat n’est pas sur la prononciation mais sur le fond de l’affaire ». Alexis Corbière a affirmé que « l’homme que j’ai connu n’était pas antisémite ».
« Les réactions oscillent entre condamnations fermes, dénonciation d’une stratégie et défense d’une ironie mal interprétée. »
Un épisode inscrit dans un contexte électoral
L’intervention de Jean-Luc Mélenchon s’est tenue dans le cadre d’un meeting municipal. À Lyon, des responsables de gauche extérieurs à La France insoumise ont exprimé leur distance ou leur gêne face à l’épisode. D’autres ont parlé d’un moment de fracture à l’approche du scrutin.
Plusieurs articles évoquent également un enchaînement d’épisodes antérieurs ayant déjà suscité des accusations similaires à l’encontre du leader insoumis. L’épisode actuel est présenté tantôt comme un « dérapage », tantôt comme un élément d’une ligne politique assumée.
Un débat s’est parallèlement ouvert sur le traitement médiatique de ces propos. Un quotidien national a été accusé d’avoir modifié un article antérieur relatif à l’affaire Epstein sans en informer ses lecteurs. Cette question a été traitée séparément de la polémique principale, mais elle a été évoquée dans le contexte de la controverse.
Des qualifications contestées et un épisode encore en cours
À ce stade, les faits établis portent sur les propos tenus lors du meeting lyonnais et sur les réactions publiques qui ont suivi. Les accusations d’antisémitisme sont formulées par plusieurs responsables politiques et associatifs, tandis que Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens les rejettent.
Aucune procédure judiciaire n’est mentionnée à ce stade concernant ces déclarations. L’épisode se déroule dans un contexte de campagne municipale et de débats récurrents autour des prises de position du dirigeant de La France insoumise.
Les propos relèvent-ils d’une ironie sur le traitement médiatique d’une affaire internationale, comme l’affirme l’intéressé ? Ou d’un sous-entendu jugé antisémite par ses détracteurs ?