Le dépôt des listes pour les élections municipales des 15 et 22 mars s’est achevé le 26 février à 18 heures en préfecture. À l’issue de cette étape, les services de l’État ont vérifié l’identité et le casier judiciaire des candidats avant la validation officielle des listes. En Alsace, 1 276 listes regroupent plus de 23 000 candidats dans 880 communes. À Strasbourg, treize listes sont autorisées à concourir.
Dans certaines communes, l’absence de candidats empêche la tenue du scrutin. En cas de liste unique, l’élection peut être acquise dès le premier tour. En revanche, lorsqu’aucune liste n’est déposée, le vote ne peut avoir lieu. La loi prévoit alors la nomination d’une délégation spéciale (organe provisoire nommé par le préfet) pour administrer la commune et organiser un nouveau scrutin dans un délai de trois mois.
« Le chiffre de 1 276 listes et celui de 23 000 candidats sont repris de manière identique dans plusieurs comptes rendus régionaux. »
À Fréland (Haut-Rhin) et dans plusieurs communes du Doubs, aucun candidat ne s’est présenté. Dans d’autres territoires, une seule liste est en compétition, ce qui limite la possibilité d’un second tour.
Des listes modifiées ou retirées après la clôture
Plusieurs candidatures ont été ajustées avant la validation définitive. À Strasbourg, un candidat a retiré sa liste complète après la découverte du passé politique d’une colistière, puis a déposé une version amendée. À Montceau-les-Mines, huit colistiers d’une liste ont demandé leur retrait après l’enregistrement officiel. Les services de l’État ont indiqué que la procédure ne permettait plus de modifier individuellement une liste à ce stade.
Au Creusot, le retrait du chef de file investi par un parti a entraîné l’abandon de la liste, faute de nouveau responsable désigné avant la date limite. Ces situations illustrent les contraintes du calendrier électoral municipal, fixé par le code électoral.
Des décisions administratives et judiciaires en cours de campagne
La campagne est également marquée par des décisions rendues par les juridictions. À Lyon, la justice a confirmé l’inéligibilité d’un candidat en raison d’une condamnation antérieure assortie d’une peine d’inéligibilité de dix-huit mois. Cette sanction empêche légalement toute candidature pendant sa durée.
Par ailleurs, le Conseil d’État, plus haute juridiction administrative, a confirmé le classement d’une formation politique dans une catégorie attribuée par le ministère de l’Intérieur pour les élections municipales. Cette classification administrative, qui correspond à l’attribution d’une nuance politique officielle, détermine notamment la présentation des résultats et l’attribution des nuances politiques lors du scrutin.
« La décision du Conseil d’État est présentée tantôt comme un “classement”, tantôt comme une “classification”, selon les formulations retenues. »
Des incidents et des signalements pendant la campagne
Plusieurs incidents ont été signalés dans différentes villes. À Strasbourg, des inscriptions menaçantes ont été découvertes sur le local de campagne de la maire sortante. Une plainte contre X doit être déposée. À Firminy et à Épinal, des propos publiés sur les réseaux sociaux par des colistiers ont conduit à des condamnations publiques et à des mises à distance internes.
À Paris, un réseau de faux sites internet, hébergés à l’étranger, a diffusé des contenus détournant l’image de plusieurs candidats. Les autorités évoquent une opération à visée lucrative. Des signalements ont été effectués auprès des plateformes concernées.
En parallèle, plusieurs sondages locaux ont été publiés à Nice, Lyon, Montpellier ou Carcassonne. Ils mesurent les intentions de vote à deux ou trois semaines du premier tour, dans un cadre réglementé par la Commission des sondages (autorité indépendante chargée du contrôle des sondages électoraux).
Un scrutin encadré, des équilibres encore incertains
À ce stade, les listes sont désormais officielles et les bulletins sont en cours d’impression. Les règles relatives au financement de la campagne, au plafonnement des dépenses et à l’égalité d’accès aux panneaux d’affichage s’appliquent jusqu’au scrutin.
Les configurations locales varient fortement selon les communes : pluralité de listes dans certaines grandes villes, absence de concurrence ailleurs, alliances encore discutées pour d’éventuels seconds tours.
Comment ces configurations locales influenceront-elles la participation et les équilibres municipaux au soir du premier tour ? Les ajustements de listes et les décisions judiciaires auront-ils un impact mesurable sur les résultats dans les communes concernées ?