Les États-Unis et Israël ont lancé le 28 février une opération militaire conjointe contre l’Iran. Elle vise des sites militaires et des infrastructures présentées comme liées au programme nucléaire iranien. Lors des premières frappes à Téhéran, le guide suprême Ali Khamenei a été tué. Les autorités israéliennes ont également affirmé avoir éliminé plusieurs hauts responsables militaires iraniens.
Le président américain, Donald Trump, a déclaré que l’opération pourrait durer « quatre à cinq semaines ». Il n’a pas exclu l’envoi de troupes au sol si cela s’avérait nécessaire. Le secrétaire à la défense, Pete Hegseth, a indiqué que l’objectif était de neutraliser durablement les capacités militaires et nucléaires iraniennes.
« Les déclarations américaines évoquent une opération de “quatre à cinq semaines”, sans exclure une prolongation selon l’évolution de la situation. »
En riposte, l’Iran a lancé des missiles et des drones contre Israël. Des pays du Golfe abritant des bases américaines ont également été visés, dont les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït. Une base britannique située à Chypre a été touchée par une frappe de drone présumée. Le Hezbollah libanais, mouvement allié de Téhéran, a tiré des missiles en direction d’Israël, qui a répondu par des bombardements au Liban.
Le Croissant-Rouge iranien a annoncé qu’au moins 555 personnes avaient été tuées en Iran depuis le début des frappes. Cette organisation humanitaire, équivalent de la Croix-Rouge internationale, collecte des données à partir de ses équipes de terrain. Ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.
« Le bilan de 555 morts est attribué au Croissant-Rouge iranien, avec la mention explicite de l’impossibilité de vérification indépendante. »
Sur le plan institutionnel, l’intervention américaine suscite des débats internes aux États-Unis. La Constitution prévoit que le Congrès autorise formellement l’entrée en guerre. Le président dispose toutefois de prérogatives en tant que commandant en chef des forces armées. Certains responsables politiques ont relevé l’absence de vote préalable du Congrès.
Au niveau international, plusieurs États européens ont annoncé être prêts à mener des « actions défensives » pour protéger leurs bases et leurs ressortissants dans la région. La France a indiqué être disposée à participer à la défense des pays du Golfe, conformément à ses accords de coopération militaire. Elle s’appuie sur le principe de légitime défense collective inscrit dans la Charte des Nations unies, qui permet à un État d’aider un allié attaqué.
La Chine et la Russie ont appelé à un cessez-le-feu, tout en condamnant l’attaque contre l’Iran. Pékin demeure le principal acheteur du pétrole iranien. Moscou entretient des liens stratégiques avec Téhéran, mais n’a pas annoncé d’assistance militaire directe.
Une crise énergétique s’est rapidement dessinée. Le détroit d’Ormuz, passage maritime par lequel transite environ 20 % du pétrole mondial, a vu son trafic fortement perturbé. Les prix du pétrole et du gaz ont augmenté sur les marchés internationaux. Les principales Bourses européennes et asiatiques ont enregistré des baisses marquées.
Les autorités iraniennes ont annoncé la mise en place d’une direction intérimaire afin d’assurer la continuité du pouvoir après la mort d’Ali Khamenei. La Constitution iranienne prévoit qu’en cas de vacance du poste de guide suprême, un conseil provisoire exerce les fonctions. Il reste en place jusqu’à la désignation d’un successeur par l’Assemblée des experts, organe religieux élu chargé de nommer le guide.
Un conflit aux contours encore incertains
Les frappes se poursuivent en Iran et au Liban. Des ripostes iraniennes continuent de viser des installations militaires et énergétiques dans la région. Les autorités américaines évoquent une opération planifiée sur plusieurs semaines. Les autorités iraniennes affirment ne pas vouloir négocier avec Washington à ce stade.
L’extension géographique des frappes et des ripostes pose la question de l’implication durable des pays du Golfe et de leurs alliés occidentaux. Le conflit restera-t-il circonscrit aux acteurs déjà engagés, ou d’autres États pourraient-ils être entraînés dans les opérations en cours ?