La campagne officielle des élections municipales a débuté après la clôture des dépôts de candidatures en préfecture. Les scrutins des 15 et 22 mars concernent environ 35 000 communes. Le ministère de l’Intérieur a recensé près de 900 000 candidats. Dans les communes de 1 000 habitants et plus, le scrutin se déroule par listes complètes, bloquées et paritaires. Dans celles de moins de 1 000 habitants, le mode de scrutin a été modifié pour généraliser les listes paritaires.
Cent sept députés sont têtes de liste, soit plus d’un parlementaire sur six. En cas d’élection à la mairie, ils devront abandonner leur mandat de député au profit de leur suppléant, en application des règles de non-cumul. Plusieurs ministres figurent également sur des listes.
« Le chiffre de 900 000 candidats et celui de 107 députés têtes de liste sont repris de manière récurrente dans les titres et synthèses nationales. »
Dans certaines communes, la compétition est absente. Selon les données publiées au niveau national, 68 % des communes ne présentent qu’une seule liste au premier tour. Dans plusieurs départements ruraux, la majorité des municipalités n’ont qu’un seul candidat déclaré. Une commune de l’Aveyron ne dispose d’aucune liste, ce qui empêche la tenue du scrutin aux dates prévues et conduit à l’organisation d’un nouveau vote ultérieur.
Alliances à gauche : unions locales et tensions nationales
Dans plusieurs grandes villes, les configurations diffèrent. À Nantes, la maire sortante socialiste brigue un troisième mandat. Un sondage la place en difficulté au second tour en cas d’absence d’accord avec La France insoumise. À Agen, des écologistes et des militants insoumis participent à une liste commune.
En région parisienne, des candidatures issues de La France insoumise sont présentées face à des maires communistes ou socialistes sortants dans des communes historiquement dirigées par le Parti communiste. Des responsables socialistes appellent publiquement les militants insoumis à prendre leurs distances avec certaines déclarations nationales. Ils évoquent la nécessité de faciliter d’éventuelles fusions de listes au second tour. Les fusions sont autorisées entre les deux tours pour les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages.
À Lyon, le maire écologiste sortant pourrait perdre le soutien d’un partenaire politique en cas d’alliance avec La France insoumise. À Paris, plusieurs candidats de gauche envisagent des discussions conditionnelles en vue du second tour.
« Les articles alternent entre l’expression “union de la gauche” et celle de “listes concurrentes”, selon les villes et les rapports de force décrits. »
Droite et centre : divisions locales et stratégies d’union
À Nîmes, la droite part divisée, tandis que le Rassemblement national espère bénéficier d’éventuels désistements au second tour. À Paris, le scrutin est présenté comme serré entre un candidat soutenu par la gauche et une candidate de droite. Des enquêtes d’opinion créditent l’un ou l’autre de scores proches au premier tour.
Dans certaines villes, des alliances entre formations de droite et du centre sont en discussion. Des observateurs évoquent la fin d’un « cordon sanitaire », expression désignant la stratégie consistant à refuser toute alliance avec l’extrême droite. À Marseille et à Paris, des configurations électorales pourraient conduire à des rapprochements inédits.
Le parti présidentiel adopte une stratégie de soutien ciblé à des candidats locaux plutôt que d’investir massivement sous sa propre bannière. Cette orientation est présentée comme un choix d’implantation territoriale avant de futures échéances nationales.
Enjeux locaux et incidents de campagne
Les thèmes abordés varient selon les territoires : sécurité à Villeurbanne et à Lyon, fiscalité à Saint-Étienne, économie à Toulouse, mobilité à Metz, gestion de l’eau ou des équipements sportifs à Dijon. Des débats publics sont organisés dans plusieurs villes, notamment à Brest et à Strasbourg.
Dans l’Oise, des milliers de bulletins ont été écartés par la commission de propagande en raison d’erreurs formelles, telles que des accents ou des tirets manquants. Les candidats concernés ont fait réimprimer leurs bulletins. La commission de propagande est un organe administratif chargé de contrôler la conformité des documents électoraux avant leur envoi aux électeurs.
À Abbeville, un colistier d’une liste du Rassemblement national est mis en cause pour des publications anciennes sur les réseaux sociaux. Dans d’autres communes, des candidats visés par des plaintes ou des condamnations antérieures maintiennent leur candidature.
Des initiatives visent à faciliter l’accès au vote, comme la mise en place d’un bureau fictif pour des personnes en situation de handicap intellectuel, afin de les familiariser avec le déroulement du scrutin.
Des équilibres locaux encore incertains
À ce stade, les candidatures sont déposées et les configurations du premier tour sont établies. Les sondages portent sur certaines grandes villes, sans préjuger des résultats définitifs. Les stratégies d’alliance pour le second tour dépendront des scores obtenus le 15 mars et des décisions prises par chaque liste.
Les divisions observées dans plusieurs camps pèseront-elles sur les fusions entre les deux tours ? Les communes sans concurrence ou sans candidat modifieront-elles la lecture nationale du scrutin une fois les résultats connus ?