Les listes en lice pour le second tour ont été officiellement déposées en préfecture, ouvrant une nouvelle phase de campagne dans plusieurs centaines de communes. Dans de nombreuses villes, les configurations électorales ont été redessinées par des fusions de listes, des retraits stratégiques ou des maintiens. Ces ajustements donnent lieu à des duels, des triangulaires ou des quadrangulaires.
À Paris, trois candidats sont qualifiés pour le second tour : Emmanuel Grégoire, Rachida Dati et Sophia Chikirou. Le retrait de Sarah Knafo, arrivée en quatrième position au premier tour, modifie les équilibres, sans consigne de vote explicite. Des débats publics entre candidats ont été organisés. Leur participation a parfois été contestée.
Dans d’autres grandes villes comme Marseille, Lyon ou Bordeaux, les alliances locales ont aussi modifié les rapports de force. À Marseille, un débat entre candidats a été annoncé avec une composition discutée. À Lyon, les négociations entre formations de gauche ont conduit à des accords dans certains secteurs, mais aussi à des désaccords persistants ailleurs.
« Les expressions “fusion technique”, “accord local” ou “désistement” sont utilisées de manière récurrente pour décrire les configurations du second tour. »
Des alliances négociées au cas par cas
Entre les deux tours, les partis ont engagé des discussions pour fusionner certaines listes ou organiser des retraits. À gauche, plusieurs alliances ont été conclues entre socialistes, écologistes et représentants de La France insoumise dans différentes villes. Ces rapprochements reposent sur des décisions locales, parfois validées par les directions nationales, parfois contestées en interne.
« C'est du pur réalisme politique », indique un observateur interrogé sur ces accords.
Dans certaines communes, ces alliances ont permis de constituer des listes communes. Dans d’autres, les négociations n’ont pas abouti, conduisant au maintien de plusieurs candidatures issues du même espace politique.
À droite, des situations distinctes apparaissent selon les territoires. À Nice, le président d’un parti a refusé de soutenir le maire sortant face à un candidat soutenu par une autre formation. D’autres responsables politiques ont ensuite apporté publiquement leur soutien. À Reims, une fusion de listes entre une candidate et un élu issu d’un autre parti a entraîné l’exclusion de ce dernier de sa formation politique.
Dans plusieurs villes, des appels explicites à voter pour un autre candidat ont également été formulés. « J'assume de dire aux électeurs du RN : “Votez pour Rachida Dati” », a déclaré Bruno Retailleau.
Des configurations électorales multiples
Le second tour se caractérise par une diversité de configurations électorales. Dans plusieurs grandes villes, au moins trois listes sont maintenues, entraînant des triangulaires ou des quadrangulaires, c’est-à-dire des scrutins opposant respectivement trois ou quatre listes. Dans d’autres cas, les fusions ont abouti à des duels.
Ces configurations varient selon les résultats du premier tour et les stratégies adoptées entre les scrutins. Les reports de voix, c’est-à-dire le transfert des électeurs des listes éliminées, constituent un élément déterminant du scrutin, bien que leur ampleur reste incertaine.
« Certains titres évoquent des “duels serrés”, d’autres insistent sur des “triangulaires décisives” pour décrire des situations électorales similaires. »
Dans plusieurs territoires, des débats publics ont été organisés pour confronter les programmes des candidats qualifiés. Leur tenue, leur format ou la participation des candidats ont parfois donné lieu à des désaccords.
Par ailleurs, certaines situations locales ont été marquées par des recours ou des contestations. À Communay, un millier de bulletins ont été annulés au premier tour, et un recours a été engagé. À Pesmes, une plainte a été déposée pour diffamation à l’issue du scrutin.
Le second tour doit départager les listes encore en lice dans un contexte marqué par des configurations locales variées et des stratégies différenciées selon les territoires. Les équilibres issus du premier tour ont été modifiés par les accords conclus ou les maintiens décidés entre les deux tours.
Plusieurs éléments restent en suspens à ce stade, notamment l’impact des reports de voix et la participation électorale.
Dans quelle mesure les alliances conclues entre les deux tours se traduiront-elles dans les résultats du scrutin ? Les configurations locales produiront-elles des résultats homogènes ou différenciés selon les territoires ?