Vincent Bolloré a été entendu à l’Assemblée nationale par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. Actionnaire de référence du groupe Canal+, il était aussi entendu en tant qu’actionnaire d’un grand acteur de la production télévisuelle. Il a répondu aux députés sur le fonctionnement du service public audiovisuel, sur la régulation exercée par l’Arcom et sur la ligne de ses médias. Au cours de cette audition, il a aussi été interrogé sur le maintien à l’antenne de Jean-Marc Morandini sur CNews après sa condamnation définitive à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour corruption de mineurs.
Une audition centrée sur le coût du service public et la régulation
Au cours de ses échanges avec les députés, Vincent Bolloré a mis en cause le coût de l’audiovisuel public. Il a également critiqué la régulation du secteur et visé l’Arcom, tout en présentant ses médias comme indépendants. « Nous sommes libres et donc on déplaît », a-t-il déclaré.
Plusieurs récits de séance insistent sur cette double ligne : d’un côté, une critique du service public jugé trop coûteux ; de l’autre, une défense de ses antennes et de leur positionnement dans le paysage audiovisuel. D’autres comptes rendus décrivent surtout les conditions de sa convocation, en rappelant qu’il était entendu dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire. Ils soulignent aussi qu’il pouvait être interrogé sur l’influence de ses médias dans le débat public.
« Les comptes rendus convergent sur les thèmes abordés, mais certains mettent l’accent sur le coût du service public quand d’autres soulignent la question de l’influence médiatique. »
Le cas Morandini s’invite dans l’audition
L’un des moments les plus repris concerne la réponse de Vincent Bolloré au sujet de Jean-Marc Morandini. Interrogé sur le maintien de l’animateur à l’antenne de CNews après sa condamnation, il a défendu la gestion du dossier par les dirigeants de la chaîne. « Je pardonne », a-t-il déclaré. Il a aussi affirmé ne pas vouloir « hurler avec les loups » et a invoqué « la vertu du pardon ». Dans une autre formulation rapportée, il a ajouté : « Il faut justice et miséricorde. »
Ce passage a ajouté une autre dimension à l’audition. Au-delà du financement et de l’organisation du service public, les députés ont aussi questionné Vincent Bolloré sur les choix éditoriaux ou managériaux observés dans les médias qui relèvent de sa sphère d’influence. Certaines restitutions insistent davantage sur cet échange que sur les volets institutionnels de la commission.
Une séance marquée par des échanges sur l’audiovisuel et sa place dans le débat public
L’audition a mêlé plusieurs niveaux : le financement du service public, la régulation audiovisuelle, la place de groupes privés puissants dans le secteur et des questions plus concrètes liées à certaines chaînes. Vincent Bolloré y a répondu en contestant les critiques visant ses médias et en opposant leur liberté éditoriale à la gestion de l’audiovisuel public.
À ce stade, l’audition ne produit ni décision ni sanction. Elle s’inscrit dans le travail d’une commission d’enquête parlementaire. Celle-ci recueille des déclarations, confronte des positions et alimente un futur rapport sur l’audiovisuel public.
Ce que la commission doit encore établir
À l’issue de cette audition, les faits établis sont la tenue de la séance, les principales déclarations de Vincent Bolloré et les thèmes abordés par les députés. Le travail de la commission se poursuit désormais par la mise en perspective de cette audition avec d’autres témoignages, d’autres documents et d’autres responsables entendus dans le même cadre.
Quelle place le rapport final donnera-t-il aux critiques formulées contre le coût du service public et contre l’Arcom ? Les échanges sur le cas Morandini resteront-ils un épisode annexe de l’audition ou un élément retenu pour apprécier les pratiques éditoriales des chaînes concernées ?