Emmanuel Grégoire a été officiellement élu maire de Paris le 29 mars par le Conseil de Paris, une semaine après la victoire de sa liste aux municipales. Il a succédé à Anne Hidalgo lors de la première séance de la nouvelle assemblée municipale, puis a présenté son exécutif. Son installation ouvre la première mandature parisienne organisée avec des conseillers élus directement dans le cadre de la réforme de la loi PLM. Le nouveau maire a obtenu 103 voix et a fixé comme priorité immédiate le dossier du périscolaire, tout en installant une équipe de 36 adjoints.
Un vote formel et une passation avec Anne Hidalgo
L’élection s’est tenue lors de la séance d’installation du nouveau Conseil de Paris. Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d’Anne Hidalgo et candidat socialiste soutenu par une union de la gauche sans La France insoumise, a été désigné par les conseillers de Paris pour prendre la tête de la capitale.
La passation de pouvoir s’est déroulée en présence d’Anne Hidalgo, qui dirigeait la ville depuis 2014. Plusieurs récits signalent aussi l’absence de Rachida Dati au moment de cette installation officielle. Le nouveau maire a pris ses fonctions dans une assemblée recomposée, avec 163 conseillers appelés à siéger dans un cadre institutionnel modifié par la réforme de la loi PLM.
Cette séquence ne se limite pas à une proclamation du résultat électoral. Elle comprend aussi l’entrée en fonction du nouvel exécutif municipal, la répartition des responsabilités et l’ouverture d’un nouveau cycle politique à l’Hôtel de Ville.
« Les récits emploient tour à tour “intronisé”, “élu”, “officiellement élu” ou “prend ses fonctions” pour désigner la même séquence institutionnelle. »
Un exécutif de 36 adjoints autour de Lamia El Aaraje
Après son élection, Emmanuel Grégoire a présenté la composition de son équipe. Le nouvel exécutif compte 36 adjoints. Lamia El Aaraje devient première adjointe. Plusieurs présentations de cette équipe soulignent qu’une part importante des adjoints est issue des Écologistes.
La mise en place de cet exécutif constitue l’un des actes centraux de l’installation du nouveau maire. Elle fixe l’architecture politique du mandat, les équilibres entre les composantes de la majorité et les relais chargés de porter les dossiers municipaux.
Le nouveau Conseil de Paris, issu du scrutin municipal, devient aussi le lieu dans lequel se structurent désormais la majorité et l’opposition. Certaines descriptions insistent sur la fragmentation de la droite parisienne, répartie en plusieurs groupes au moment même où la nouvelle équipe prend place.
Le périscolaire posé comme priorité immédiate
Le premier dossier mis en avant par Emmanuel Grégoire concerne le périscolaire. Le nouveau maire en a fait son « premier combat » et, dans d’autres formulations, sa « priorité absolue ». Cette orientation intervient dans un contexte marqué par des révélations de violences sexuelles et par des interpellations publiques adressées au nouvel édile avant son installation.
Le dossier est présenté comme l’un des premiers chantiers du mandat. Il porte à la fois sur la lutte contre les violences, sur les conditions de recrutement et de contrôle des animateurs, ainsi que sur l’organisation du secteur. France Bleu évoque 2 800 recrutements d’animateurs à Paris et rappelle que vingt agents avaient été suspendus l’année précédente pour des faits à caractère sexuel.
Le collectif Metooecole a également interpellé Emmanuel Grégoire avant son arrivée à l’Hôtel de Ville. Cette pression extérieure s’ajoute aux engagements annoncés par le nouveau maire, qui a indiqué vouloir se saisir rapidement du sujet.
Une méthode affichée entre proximité et réduction du train de vie
Au-delà du périscolaire, Emmanuel Grégoire a présenté plusieurs marqueurs de méthode pour le début du mandat. Son positionnement est souvent résumé par le terme d’« hyperproximité » ou par l’idée d’une plus grande proximité avec les habitants que sous la précédente mandature.
Il a aussi annoncé des mesures sur les frais de représentation et les avantages liés aux fonctions municipales. Il dit vouloir « diviser par deux » son enveloppe de frais de représentation et supprimer celle des maires d’arrondissement. Ces annonces s’inscrivent dans la continuité des débats récents sur les dépenses des élus parisiens.
Certaines descriptions insistent sur une volonté de rupture de style plus que de rupture de ligne. Emmanuel Grégoire est présenté comme cherchant à se distinguer d’Anne Hidalgo dans la méthode et dans l’incarnation, tout en assumant une continuité sur une partie du bilan municipal.
« Le traitement alterne entre continuité institutionnelle avec l’ère Hidalgo et mise en avant d’un changement de style fondé sur la proximité. »
Une nouvelle majorité, une opposition dispersée
L’installation du nouveau maire s’accompagne d’une clarification des rapports de force au Conseil de Paris. Emmanuel Grégoire bénéficie d’une large majorité issue du scrutin municipal. Cette majorité repose sur l’alliance qui l’a porté au second tour et sur la composition de l’exécutif présenté ensuite.
En face, l’opposition de droite apparaît divisée en plusieurs groupes. Cette dispersion est décrite comme l’un des faits politiques du début de mandature. Elle intervient après la défaite de Rachida Dati et pèse sur la configuration du premier Conseil de Paris de l’ère Grégoire.
Cette nouvelle composition de l’assemblée s’inscrit dans un cadre institutionnel renouvelé par l’élection directe des conseillers de Paris. L’installation du maire et de ses adjoints ne constitue donc pas seulement une alternance interne à l’Hôtel de Ville, mais aussi la première mise en œuvre locale d’un mode d’organisation réformé.
Les premiers arbitrages vont maintenant être observés
La séquence d’installation a fixé les éléments formels du début de mandat : une élection par le Conseil de Paris, une passation avec Anne Hidalgo, la nomination de Lamia El Aaraje comme première adjointe et la présentation d’un exécutif de 36 adjoints. Elle a aussi fait émerger les premiers engagements publics du nouveau maire, en particulier sur le périscolaire, la méthode de gouvernance et le train de vie des élus.
Reste à voir selon quel calendrier seront mises en œuvre les annonces sur le périscolaire et comment la nouvelle majorité exercera ses responsabilités dans un Conseil de Paris recomposé. La priorité donnée à ce dossier se traduira-t-elle rapidement par de nouvelles règles de recrutement, de contrôle ou d’organisation municipale ?