Emmanuel Grégoire a été officiellement installé comme maire de Paris par le Conseil de Paris. Il ouvre une nouvelle mandature de gauche dans une assemblée dont les équilibres politiques restent proches de ceux de la période précédente. Dans les premières heures de son mandat, il a engagé plusieurs chantiers. Il a composé son exécutif avec 36 adjoints, reçu des collectifs de parents sur les violences sexuelles dans le périscolaire, relancé les discussions sur l’avenir du Parc des Princes et réaffirmé des objectifs élevés en matière de logement.
Une prise de fonction marquée par le périscolaire
Le premier dossier mis en avant concerne les signalements de violences sexuelles dans le périscolaire parisien. Emmanuel Grégoire a reçu deux collectifs de parents d’élèves, alors que des dizaines de plaintes ont été déposées contre des animateurs de la Ville de Paris. Une mobilisation de parents issue de plusieurs écoles demandait des mesures immédiates ainsi qu’un audit indépendant du fonctionnement du périscolaire.
Sur ce point, le nouveau maire a annoncé que des décisions interviendraient rapidement. Les formulations varient selon les récits, entre des décisions promises « dans les toutes premières heures de cette journée », « dans les tout prochains jours » ou encore présentées comme la « priorité absolue de ce début de mandat ». Le cadre, lui, reste identique : il s’agit d’un dossier hérité, traité comme une urgence politique dès l’installation du nouveau maire.
« Les formulations varient entre des décisions “dans les premières heures” et “dans les prochains jours”, mais toutes décrivent le même dossier comme prioritaire. »
Les parents reçus à l’Hôtel de Ville ont, de leur côté, demandé que Paris « serve d’exemple ». Le sujet ne porte donc pas seulement sur des réponses administratives immédiates, mais aussi sur la manière de traiter un dossier devenu central dès l’ouverture de la mandature.
Le Parc des Princes redevient un dossier de négociation
L’autre décision forte des premiers jours concerne le Parc des Princes. Emmanuel Grégoire s’est déclaré favorable à une reprise des discussions avec le Paris Saint-Germain sur la vente du stade, rompant avec la ligne défendue jusque-là par Anne Hidalgo. Il a fixé un horizon précis : « Nous souhaitons clôturer les discussions au plus tard à la fin de l’été. »
Cette orientation change le cadre du dossier. Jusqu’ici bloquées, les négociations entre la Ville de Paris, propriétaire de l’enceinte, et le club sont relancées sur la base d’une possible vente. Plusieurs textes insistent sur la volonté du nouveau maire d’aller vite, de « très vite réengager les discussions » et de conclure avant la fin de l’été.
Cette séquence s’inscrit aussi dans un registre plus politique : Emmanuel Grégoire met en avant son « attachement affectif » au club et dit vouloir éviter le départ du PSG hors de Paris. À ce stade, aucune issue n’est arrêtée, mais la mandature s’ouvre avec un changement de position explicite sur un dossier emblématique.
Logement, exécutif municipal et relations institutionnelles
En parallèle, Emmanuel Grégoire a fixé un cap sur le logement. Il veut créer 30 000 logements sociaux et 30 000 logements abordables. Cet objectif implique, selon les éléments disponibles, une hausse très importante de la production annuelle de logements publics à l’échelle de la mandature.
La structuration de l’exécutif municipal participe aussi à cette installation. Le nouveau maire a nommé 36 adjoints, soit autant que sa prédécesseure. Ce nombre est présenté comme laissant encore une marge d’organisation au regard du poids démographique de Paris.
Dans le même temps, Valérie Pécresse a déclaré vouloir « de l’apaisement » et « de la coopération » avec Emmanuel Grégoire. Cette prise de position place, dès l’ouverture du mandat, la relation entre la Ville de Paris et la Région Île-de-France dans un registre de coordination affichée, sans qu’aucune mesure commune ne soit encore détaillée.
Des arbitrages rapides attendus sur plusieurs fronts
L’installation d’Emmanuel Grégoire comme maire de Paris s’accompagne de premières décisions et de premiers engagements sur trois terrains distincts. Il s’agit du traitement du dossier périscolaire, de la relance du dossier du Parc des Princes et de l’affichage d’objectifs de logement. À cela s’ajoutent la composition de l’exécutif municipal et les premiers signaux adressés aux autres institutions franciliennes.
Les décisions annoncées sur le périscolaire modifieront-elles l’organisation ou les procédures de contrôle de la Ville de Paris ? La relance des discussions avec le PSG aboutira-t-elle, d’ici la fin de l’été, à un accord sur l’avenir du Parc des Princes ?