Nagui a été entendu par la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public lors d’une audition marquée par des échanges tendus avec son rapporteur, le député Charles Alloncle. L’animateur et producteur, lié à plusieurs émissions diffusées sur France Télévisions et France Inter, a répondu aux interrogations portant sur ses revenus, ses sociétés de production et ses relations avec le service public. Au cours de cette audition, il a rejeté l’idée d’un enrichissement aux dépens de France Télévisions et a mis en cause publiquement la manière dont il avait été présenté avant sa venue devant les députés.
Une audition centrée sur les revenus et les contrats
La commission entend examiner le fonctionnement, le financement et la neutralité de l’audiovisuel public. Dans ce cadre, les questions adressées à Nagui ont porté sur la rémunération qu’il tire de ses activités d’animateur et de producteur, ainsi que sur les conditions dans lesquelles ses programmes sont diffusés sur le service public.
Nagui a reconnu gagner « très bien » sa vie, sans détailler publiquement le montant de sa rémunération. Il a aussi contesté les accusations selon lesquelles il se serait enrichi aux dépens de France Télévisions. Une partie des échanges a porté sur la place occupée par ses émissions dans la grille et sur les règles de conception des jeux télévisés produits pour le groupe public. Il a notamment expliqué certaines limites éditoriales que France Télévisions n’accepte pas pour ce type de programmes.
« Les titres reprennent surtout les expressions “jeté en pâture” et “famille en danger”, tandis que d’autres insistent davantage sur la question des revenus. »
Charles Alloncle directement visé pendant la séance
L’audition a pris un tour plus conflictuel lorsque Nagui a accusé Charles Alloncle de l’avoir « jeté en pâture » et d’avoir nourri, par ses insinuations sur ses revenus, une vague de harcèlement en ligne. Il a déclaré : « Vous mettez ma famille en danger », en reprochant au rapporteur d’avoir exposé sa situation personnelle sans preuve, selon plusieurs récits de l’audition.
Cette séquence a déplacé le centre de gravité de l’audition. Au-delà des questions sur les contrats et la rémunération, elle a fait apparaître un affrontement direct entre une personnalité du service public et le rapporteur de la commission. Nagui a également défendu sa présence au sein de l’audiovisuel public en reliant son activité à des choix éditoriaux et de production conformes, selon lui, aux exigences du groupe.
Une commission qui poursuit ses auditions
À ce stade, l’audition a établi l’existence d’un désaccord frontal entre Nagui et le rapporteur de la commission, sur fond de questions relatives à la rémunération, aux contrats de production et à l’exposition publique de l’animateur. Elle n’a pas clos les interrogations sur les relations économiques entre certaines figures du petit écran et l’audiovisuel public.
La commission retiendra-t-elle principalement les explications fournies sur les contrats et les pratiques de production, ou l’incident entre Nagui et Charles Alloncle pèsera-t-il davantage dans la suite de ses travaux ? Et jusqu’où les auditions suivantes préciseront-elles les critères utilisés pour évaluer les rémunérations et les formats produits pour le service public ?