Les bombardements et les ripostes entre Israël, l’Iran et les États-Unis se sont poursuivis, avec de nouvelles frappes à Téhéran, à Beyrouth et sur des installations liées aux forces américaines dans le Golfe. Dans le même temps, Donald Trump a affirmé que l’opération américaine pourrait prendre fin dans « deux ou trois semaines », tout en annonçant que l’Iran serait frappé « extrêmement durement » durant cette période. La France, mise en cause par Washington pour son refus d’autoriser certains survols militaires, a répondu qu’elle ne prenait « pas part » à la guerre. Ce désaccord a entraîné une nouvelle dégradation des relations avec Israël, qui a annoncé l’arrêt de ses importations militaires en provenance de France.
Téhéran, Beyrouth et le Golfe sous les frappes
L’armée israélienne a annoncé avoir mené une « vague de frappes de grande ampleur » à Téhéran, visant notamment des sites de fabrication d’armes et un complexe présenté comme central pour le ministère iranien de la Défense. Des détonations ont aussi été signalées dans plusieurs quartiers de la capitale iranienne, où l’ancienne ambassade américaine aurait été touchée.
Au Liban, de nouvelles frappes israéliennes ont visé Beyrouth et sa région, faisant sept morts selon les autorités libanaises. Israël a également indiqué avoir frappé un haut commandant du Hezbollah. Dans le même temps, plusieurs articles évoquent la volonté israélienne d’occuper une partie du sud du Liban après la guerre, alors que la force de l’ONU déployée dans la zone est décrite comme de plus en plus exposée.
Dans le Golfe, l’Iran a annoncé une vague d’attaques contre Israël et contre des bases américaines. Des réservoirs de carburant de l’aéroport de Koweït ont été signalés en feu après une attaque de drones. D’autres informations font état de pertes américaines sur une base saoudienne, sans confirmation officielle du Pentagone.
« Les formulations oscillent entre “riposte”, “offensive”, “campagne” et “vague de frappes” pour décrire une même séquence militaire en expansion. »
Donald Trump annonce un retrait possible tout en maintenant les frappes
Donald Trump a affirmé à plusieurs reprises que le conflit pourrait être terminé dans « deux ou trois semaines ». Il a aussi déclaré que les États-Unis quitteraient l’Iran « très bientôt », y compris sans accord. Mais lors de son allocution, il a en parallèle assuré que l’Iran serait frappé « extrêmement durement » pendant encore deux à trois semaines, en disant que Washington était proche de ses objectifs stratégiques.
D’autres déclarations rapportées le même jour ont attribué à Donald Trump l’idée qu’un cessez-le-feu aurait été demandé par le président iranien aux États-Unis. Cette affirmation a été rejetée par un porte-parole iranien, qui l’a qualifiée de « fausse et sans fondement ». Les informations publiées à ce stade font donc coexister des annonces de retrait, la poursuite annoncée des frappes et des échanges contradictoires sur l’existence de discussions entre Washington et Téhéran.
Le détroit d’Ormuz demeure un point de tension majeur, même si Donald Trump a déclaré qu’il n’était « plus son problème ». Le Royaume-Uni cherche de son côté à organiser sa sécurisation, tandis que l’entrée en guerre des Houthis en mer Rouge complique aussi les exportations pétrolières saoudiennes.
La France refuse certains survols et s’expose aux critiques américaines et israéliennes
La France a confirmé avoir interdit le survol de son territoire à des avions transportant des équipements militaires destinés à Israël. Emmanuel Macron, en déplacement à Tokyo, a répondu aux critiques américaines en réaffirmant que Paris « ne prend pas part » à la guerre. Il a aussi vanté la « prévisibilité » de l’Europe, en contraste avec l’attitude de Washington.
Cette position a provoqué une réaction américaine et israélienne. Donald Trump a reproché à la France son manque de coopération, tandis qu’Israël a annoncé mettre fin à ses importations militaires en provenance de l’Hexagone. Plusieurs articles présentent cette décision comme un acte surtout politique et symbolique, mais qui marque une rupture supplémentaire dans une relation déjà dégradée.
RFI rapporte que cette position française a, à l’inverse, été bien reçue dans plusieurs pays du Golfe. La France apparaît ainsi engagée dans une ligne diplomatique distincte de celle de Washington et de Tel-Aviv, au moment même où le conflit élargit ses effets dans l’ensemble de la région.
« Les déclarations françaises parlent de “non-participation”, tandis que les réactions américaines et israéliennes retiennent surtout l’idée d’un refus de coopération. »
L’OTAN, les alliés européens et le Golfe pris dans la séquence
Le conflit a aussi ravivé les tensions transatlantiques. Donald Trump a remis en cause l’adhésion des États-Unis à l’OTAN, qu’il a qualifiée de « tigre de papier », en reprochant à l’Alliance de ne pas s’être engagée dans cette guerre. Plusieurs pays européens ont refusé l’usage de certaines bases ou le passage de certains vols militaires américains, assumant ainsi un désaccord avec Washington sur la conduite de l’opération.
Dans le Golfe, les positions apparaissent plus complexes. Des responsables de la région sont décrits comme favorables en privé à la poursuite de l’offensive contre l’Iran, tandis que l’Arabie saoudite se trouve embarrassée par la révélation de pertes américaines sur son sol. Le Pakistan est, lui, présenté comme un interlocuteur central des échanges entre Washington et Téhéran, ce qui modifie les circuits diplomatiques habituels.
L’Iran a par ailleurs multiplié les signaux de fermeté. Téhéran a organisé de grandes funérailles pour un commandant des gardiens de la révolution. Des menaces ont aussi été adressées à des universités américaines et à des entreprises technologiques présentes au Moyen-Orient. En parallèle, plusieurs articles décrivent une intensification de la cyberguerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis.
Pétrole, hélium et commerce de l’armement sous pression
Au-delà des opérations militaires, plusieurs secteurs subissent déjà les effets du conflit. Après les annonces de Donald Trump sur un retrait possible, le baril de Brent est repassé sous la barre des 100 dollars. Mais les incertitudes restent fortes sur les routes énergétiques, en particulier autour d’Ormuz et de Bab al-Mandeb.
Une autre tension est apparue sur l’hélium, dont la chaîne d’approvisionnement mondiale est fragilisée par les frappes dans le Golfe et les perturbations maritimes. Les secteurs de la santé, de l’intelligence artificielle et des hautes technologies sont cités parmi les plus exposés à une éventuelle pénurie.
Le commerce d’armement franco-israélien est également touché. Israël a annoncé qu’il cessait ses achats militaires auprès de la France, après le refus du survol de son espace aérien. Plusieurs articles rappellent que les commandes israéliennes d’armement auprès d’entreprises françaises ont représenté 223,2 millions d’euros entre 2015 et 2024.
Des objectifs mouvants et plusieurs inconnues ouvertes
À ce stade, les frappes se poursuivent sur plusieurs théâtres, de l’Iran au Liban en passant par le Golfe. Les États-Unis annoncent à la fois une poursuite des bombardements et la possibilité d’un départ rapide. La France maintient une position de non-participation, mais cette ligne a déjà produit des conséquences diplomatiques concrètes avec Israël et des tensions ouvertes avec Washington.
Les annonces américaines sur une fin prochaine de l’opération correspondent-elles à une trajectoire militaire déjà arrêtée, ou à une séquence encore mouvante ? Et la dégradation des relations entre la France, Israël et les États-Unis restera-t-elle limitée au dossier des survols et des achats d’armes, ou ouvrira-t-elle une rupture plus durable ?