Les États-Unis et Israël ont poursuivi leurs opérations militaires contre l’Iran au 34e jour du conflit, tandis que Téhéran a annoncé des attaques « écrasantes » contre les États-Unis et Israël. Dans les heures qui ont suivi l’allocution de Donald Trump à la Maison Blanche, Israël a signalé plusieurs salves de missiles iraniens, notamment en direction de Jérusalem. Au même moment, le détroit d’Ormuz restait au centre de discussions diplomatiques internationales et de fortes tensions sur les marchés de l’énergie.
Donald Trump prolonge l’offensive sans calendrier de sortie
Donald Trump a déclaré que les États-Unis étaient « proches de remplir » leurs objectifs en Iran. Il a ajouté que l’armée américaine frapperait encore le pays « extrêmement durement » pendant deux à trois semaines et a conditionné toute désescalade à la réouverture du détroit d’Ormuz.
Dans cette allocution, il a aussi affirmé vouloir empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire, tout en présentant l’opération en cours comme presque achevée. Les objectifs affichés restent toutefois multiples, du programme nucléaire iranien à la sécurité maritime, en passant par l’affaiblissement des capacités balistiques de Téhéran et de ses alliés régionaux.
«Les formulations oscillent entre promesse de victoire proche et annonce de nouvelles semaines de frappes, sans calendrier de sortie clairement établi.»
Sur le terrain, ces déclarations ont été suivies de nouvelles explosions en Iran et de tirs de missiles vers Israël. Téhéran a répondu en annonçant vouloir poursuivre la guerre jusqu’à l’« humiliation » de ses ennemis, selon des déclarations relayées par plusieurs sources.
Le détroit d’Ormuz concentre les pressions diplomatiques
Le détroit d’Ormuz s’est imposé comme l’autre centre de gravité de la séquence. Une quarantaine de pays ont appelé à sa « réouverture immédiate ». Plusieurs capitales ont aussi évoqué des mesures économiques et politiques coordonnées, y compris de possibles sanctions contre l’Iran si le passage restait fermé.
Au Conseil de sécurité de l’ONU, un texte sur le déblocage du détroit devait être présenté. António Guterres a, de son côté, demandé l’arrêt immédiat des frappes et mis en garde contre une guerre plus étendue. Emmanuel Macron a écarté l’idée d’une opération militaire pour rouvrir Ormuz, la jugeant « irréaliste », trop longue et trop risquée.
Les désaccords portent aussi sur les moyens à employer pour rouvrir le détroit. Certains responsables américains ont évoqué une implication plus directe des alliés, y compris via l’Otan. Des dirigeants européens ont au contraire marqué leur distance, tant sur la sécurisation militaire du détroit que sur l’usage de leurs espaces aériens ou de certaines bases.
Les alliés européens affichent leurs limites communes
Plusieurs pays européens ont refusé le survol de leur territoire par des avions militaires américains engagés dans la guerre en Iran. D’autres ont laissé passer certains appareils ou ont été présentés comme participant, de fait, à l’environnement logistique de l’opération.
Le survol militaire, l’usage des bases et le soutien transatlantique sont devenus des points de friction entre Washington et plusieurs capitales européennes. Donald Trump a publiquement reproché à certains alliés leur attitude et a de nouveau brandi la menace d’une remise en cause de l’Otan.
Au-delà de ces désaccords, plusieurs sources décrivent une Europe confrontée à ses propres dépendances, qu’elles soient militaires, énergétiques ou diplomatiques, alors que le conflit touche directement ses approvisionnements et son environnement stratégique.
«Le détroit d’Ormuz apparaît tantôt comme un enjeu de sécurité maritime, tantôt comme le révélateur d’une dépendance énergétique mondiale.»
La guerre déborde l’Iran et touche le Liban, la mer Rouge et l’Arctique
La séquence ne se limite pas au territoire iranien. Au Liban, des bombardements se poursuivent et des plaintes pour « crime de guerre » ont été déposées en France à propos de frappes israéliennes. Des organisations ont aussi alerté sur des infrastructures civiles touchées dans plusieurs pays du Moyen-Orient.
Israël a été visé par des missiles iraniens et par des tirs attribués au Hezbollah. Dans le sud du Liban, une position proche d’une base de Casques bleus a été signalée comme exposée par des mouvements israéliens. En parallèle, les Houthis sont décrits comme une source supplémentaire d’inquiétude pour la mer Rouge, avec le risque d’un second point de blocage maritime.
Dans un autre registre, les États-Unis ont engagé des discussions sur un renforcement de leur présence militaire au Groenland. Cette évolution, distincte du théâtre moyen-oriental mais liée à la posture stratégique américaine, a été présentée comme une extension discrète de la présence militaire américaine pendant la guerre.
Les effets économiques s’installent bien au-delà du champ militaire
Le blocage d’Ormuz et la poursuite des frappes ont fait remonter le prix du pétrole au-dessus de 105 dollars dans plusieurs relevés du jour. En France, le gouvernement a affirmé qu’il n’y avait pas de pénurie de carburants, tout en reconnaissant de fortes tensions sur les prix et des risques économiques plus larges.
Les effets touchent déjà plusieurs secteurs. Des industriels ont évoqué le spectre d’une pénurie de plastique. D’autres alertent sur de futures hausses des prix alimentaires. Des compagnies aériennes, des transporteurs, des producteurs agricoles et des économies fortement dépendantes des hydrocarbures ont été décrits comme particulièrement exposés.
L’Italie apparaît parmi les pays européens les plus vulnérables à la hausse du gaz. En Afrique, les discussions économiques régionales intègrent désormais explicitement la crise d’Ormuz. Cette crise énergétique sert aussi de test pour les politiques de diversification et d’électrification engagées depuis les précédents chocs.
La vie civile continue sous les frappes
Alors que les opérations se poursuivent, plusieurs récits ont mis en avant la continuité partielle de la vie civile. En Iran, la fête de Sizdah Bedar a été célébrée malgré les bombardements. Au Liban, la compagnie aérienne nationale a maintenu ses vols depuis Beyrouth malgré les menaces et la proximité des frappes.
Ces éléments ne modifient pas le cadre militaire général, mais ils montrent que la guerre se déploie aussi dans des espaces civils, culturels et économiques qui continuent de fonctionner sous contrainte, avec des niveaux de risque variables selon les lieux.
Un conflit prolongé, des objectifs toujours disputés
À ce stade, les frappes continuent, le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert, les alliés occidentaux ne s’accordent pas sur les moyens à employer et les effets économiques du conflit se diffusent déjà au-delà du Moyen-Orient. Les États-Unis présentent leur opération comme proche de son terme, tandis que l’Iran annonce une poursuite de la riposte et que les institutions internationales cherchent encore une voie de désescalade.
Les États-Unis cherchent-ils désormais une sortie politique compatible avec la poursuite des frappes ? Le blocage d’Ormuz sera-t-il réglé par la pression diplomatique, par des sanctions supplémentaires ou par une nouvelle séquence de confrontation militaire ?