À gauche, les échanges sur la présidentielle de 2027 se concentrent sur une même séquence : faut-il désigner un candidat commun, et par quel mécanisme ? Olivier Faure défend l’idée d’une primaire pour la gauche non alignée sur La France insoumise, tandis que Raphaël Glucksmann, Boris Vallaud et d’autres responsables réunis à Montreuil ont exposé des positions plus prudentes ou plus floues sur ce point. Le débat porte à la fois sur la méthode de désignation, sur le périmètre de l’alliance et sur l’identité de celui ou celle qui pourrait l’incarner.
À Montreuil, une discussion commune sans méthode commune
Une partie de la séquence s’est jouée à Montreuil, lors d’un rendez-vous où se sont retrouvés plusieurs responsables socialistes, écologistes et de Place publique. Les échanges ont porté sur la stratégie pour 2027, avec un accord général sur la nécessité d’élargir l’audience électorale de la gauche, notamment vers les classes moyennes, les zones pavillonnaires et des électorats jugés plus éloignés.
Mais la question de la désignation du candidat a rapidement ressurgi. Le mot « primaire », tenu à distance dans un premier temps, s’est imposé dans les débats sans produire d’accord. Olivier Faure a reproché à Raphaël Glucksmann et à Boris Vallaud « d’éviter la question » de cette procédure. D’autres responsables présents ont surtout insisté sur la ligne politique, la plateforme commune ou le travail programmatique préalable.
« Les formulations oscillent entre “primaire”, “candidature commune” et “rassemblement”, signe d’un accord plus avancé sur le diagnostic que sur la procédure. »
Au Parti socialiste, la stratégie ravive le face-à-face entre Olivier Faure et Boris Vallaud
Au sein du Parti socialiste, la discussion sur 2027 ravive une tension déjà installée entre Olivier Faure et Boris Vallaud. Le premier secrétaire défend un mécanisme de désignation qui permettrait, selon lui, d’éviter la multiplication des candidatures au premier tour. Il avance aussi l’idée d’un vote militant avant l’été pour faire trancher son parti sur la méthode.
Boris Vallaud apparaît davantage associé à une ligne moins empressée sur la primaire, ou moins disposée à en faire le point d’entrée du rassemblement. Cette divergence se superpose à une compétition interne plus large sur l’orientation du PS et sur sa place dans un éventuel dispositif commun avec d’autres forces de gauche.
Olivier Faure a également précisé qu’il serait « ravi » d’être choisi comme candidat commun de la gauche hors LFI, tout en disant ne pas avoir arrêté de décision personnelle à ce stade. Cette prise de position ajoute une dimension de candidature potentielle à un débat déjà centré sur les règles de sélection.
Une alliance envisagée sans La France insoumise
Dans les formulations rapportées, le périmètre le plus souvent évoqué est celui d’une candidature commune de la gauche hors LFI. Cette hypothèse réunit surtout des responsables socialistes, écologistes et de Place publique. Elle repose sur l’idée d’un rassemblement partiel, distinct de l’ensemble de la gauche, avec un socle politique présenté comme démocratique, social-écologiste ou réformiste selon les intervenants.
Cette limite du périmètre n’efface pas les désaccords entre ses promoteurs potentiels. Certains mettent l’accent sur la nécessité d’un candidat unique. D’autres insistent d’abord sur le contenu programmatique ou sur la reconquête d’électorats perdus. La question de savoir si une primaire permettrait réellement de trancher, ou si elle ajouterait une compétition supplémentaire, reste ouverte.
La méthode, le calendrier et le profil restent en discussion
La discussion ne se limite pas au principe d’une primaire. Elle porte aussi sur son calendrier, ses participants, sa légitimité et son utilité dans un paysage politique fragmenté. Plusieurs responsables jugent indispensable d’éviter une dispersion des candidatures. D’autres s’interrogent sur l’adaptation de cet outil à la configuration de 2027.
Le débat porte également sur le profil du candidat susceptible d’émerger. Olivier Faure se dit disponible. Raphaël Glucksmann est régulièrement cité dans les échanges, sans se positionner sur la procédure souhaitée. Boris Vallaud apparaît dans la discussion interne au PS. Yannick Jadot participe aux débats stratégiques. Aucun mécanisme commun n’a toutefois été arrêté entre ces différentes figures.
Une discussion ouverte, sans procédure stabilisée
À ce stade, le débat à gauche repose sur un constat largement partagé : l’éparpillement des candidatures pourrait peser sur le premier tour de 2027. En revanche, la réponse à apporter à ce risque n’est pas arrêtée. Le principe d’un rassemblement partiel existe, mais ni sa forme, ni son calendrier, ni son mode de désignation ne sont stabilisés. Les discussions internes au Parti socialiste se superposent aux échanges plus larges entre socialistes, écologistes et de Place publique.
Le vote militant annoncé par Olivier Faure suffira-t-il à clarifier la position du Parti socialiste sur la primaire ? Et un accord sur la méthode pourra-t-il intervenir avant que les ambitions individuelles ne s’installent plus durablement dans la campagne ?