Les Palestiniens ont voté lors d’élections municipales en Cisjordanie et à Deir Al-Balah, dans le centre de la bande de Gaza. Le vote concernait les conseils locaux et municipaux, chargés des services de proximité. En Cisjordanie, environ un million à 1,5 million d’électeurs étaient inscrits selon les périmètres retenus. À Deir Al-Balah, environ 70 000 électeurs étaient appelés aux urnes.
Un scrutin municipal dans deux espaces distincts
En Cisjordanie, le vote s’est déroulé dans près de 200 communes. À Gaza, il n’a eu lieu que dans une seule ville, Deir Al-Balah, située dans le centre de l’enclave. Cette limitation tient aux conditions matérielles et sécuritaires dans le territoire après la guerre à Gaza.
Les bureaux de vote ont fermé en fin de journée en Cisjordanie et plus tôt à Deir Al-Balah. Ce décalage devait permettre le dépouillement à la lumière du jour, en raison des difficultés d’accès à l’électricité. Les conseils élus disposent de compétences locales. Ils ne disposent pas de pouvoir législatif.
À Gaza, ce vote constituait le premier scrutin organisé depuis environ vingt ans. Les dernières élections législatives palestiniennes avaient eu lieu en 2006. Le Hamas les avait remportées avant de prendre le contrôle de la bande de Gaza en 2007.
« Les formulations alternent entre “premier scrutin depuis la guerre” et “premières élections depuis vingt ans” pour qualifier Gaza. »
Le Fatah en tête dans plusieurs villes
Les premières informations disponibles indiquent que le Fatah est arrivé en tête dans plusieurs villes de Cisjordanie. La plupart des listes étaient alignées avec la formation de Mahmoud Abbas ou se présentaient sans étiquette. Aucune liste ne se réclamait du Hamas.
Dans plusieurs grandes villes, une seule liste était en lice. Cette configuration a réduit la compétition électorale dans une partie des communes. Selon les résultats communiqués, 197 conseils locaux ont été élus sans opposition.
La participation a été variable selon les territoires. En Cisjordanie, elle a été annoncée autour de 53 % à 54 % pour les localités concernées. À Deir Al-Balah, elle a été nettement plus basse, autour de 21 % à 22 % selon les chiffres rapportés.
Deir Al-Balah, seule ville de Gaza concernée
À Deir Al-Balah, le scrutin a pris une place particulière. La ville figure parmi les rares zones de Gaza où une organisation électorale a pu être mise en place. Environ 70 000 électeurs y étaient inscrits.
La Commission électorale centrale, organisme chargé de l’organisation du vote, a indiqué avoir fait appel à une société de sécurité privée pour sécuriser les centres de vote. Son porte-parole, Farid Taamallah, a déclaré que la commission avait mobilisé « une société de sécurité privée pour sécuriser les centres de vote ».
Une source de la commission à Gaza a toutefois indiqué que « la police du Hamas a insisté pour assurer la sécurité du processus électoral à Deir Al-Balah ». Elle a évoqué le déploiement de « personnel de sécurité non armé en civil » autour des centres de vote.
Le scrutin à Deir Al-Balah a été présenté comme une expérience limitée à une seule municipalité. Il ne permet pas de mesurer l’ensemble des rapports politiques dans la bande de Gaza.
Une élection locale sous contraintes politiques et territoriales
En Cisjordanie, le vote s’est tenu dans un contexte marqué par l’occupation israélienne et par le rôle de l’Autorité palestinienne. Plusieurs électeurs ont décrit un scrutin local dont les effets restent limités par les conditions politiques et territoriales.
Mahmoud Bader, homme d’affaires à Tulkarem, a déclaré qu’il voterait sans attendre de changement direct. « Indépendants ou venant d’un parti, les candidats ne changeront rien à la ville », a-t-il affirmé. Il a ajouté : « C’est l’occupation israélienne qui dirige Tulkarem ».
La présence de plusieurs listes proches du Fatah souligne aussi la place centrale de l’Autorité palestinienne dans l’organisation du scrutin. Mahmoud Abbas dirige l’Autorité palestinienne depuis son élection en 2005. Les élections présidentielles et législatives promises à plusieurs reprises n’ont pas été organisées depuis.
« Le traitement distingue le vote municipal, limité aux services locaux, et la question plus large de la représentation politique palestinienne. »
Des acteurs internationaux attentifs au scrutin
Le scrutin a été suivi par plusieurs acteurs internationaux, notamment en raison de l’absence d’élections nationales palestiniennes depuis de nombreuses années. Le Coordonnateur spécial adjoint de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a salué l’organisation du vote.
Il a estimé que ces élections « représentent une occasion importante pour les Palestiniens d’exercer leurs droits démocratiques, à un moment particulièrement difficile ».
L’Autorité palestinienne a présenté l’organisation de ces municipales comme un élément de fonctionnement institutionnel. Ses partenaires internationaux demandent régulièrement des signes de réforme et de renouvellement politique.
À Deir Al-Balah, certains électeurs ont relié le vote à la situation locale après la guerre. Farah Chaath, habitant de Deir Al-Balah, a déclaré que l’élection était « une confirmation de notre présence continue dans la bande de Gaza malgré tout ».
Des résultats locaux, des effets encore limités
Le scrutin a désigné des conseils municipaux dans un cadre local, avec des pouvoirs concentrés sur les services publics de proximité. En Cisjordanie, le Fatah conserve une position importante dans plusieurs communes. À Deir Al-Balah, le vote marque surtout la reprise partielle d’un processus électoral dans une zone de Gaza.
Le niveau réel de concurrence politique dans les communes où une seule liste était présente reste à préciser. L’organisation limitée à Deir Al-Balah pourra-t-elle être étendue à d’autres localités de Gaza ?