Instrumentalisation d’une mascotte générée par IA dans des réseaux politiques radicaux au Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, une mascotte numérique conçue à l’origine pour un dispositif public de prévention de l’extrémisme a été reprise et détournée dans des espaces militants radicaux en ligne.

Un personnage virtuel baptisé Amelia, présenté sous les traits d’une jeune figure gothique et stylisée, a été créé dans le cadre d’un projet d’animation pédagogique financé par l’État britannique. L’objectif initial était de s’adresser à un public jeune en ligne pour sensibiliser aux mécanismes de radicalisation et encourager des usages critiques des contenus numériques.

Peu après sa diffusion, cette figure a commencé à circuler en dehors de son cadre d’origine. Des groupes actifs dans des espaces radicaux ont repris son image, ses codes graphiques et certains éléments de son identité visuelle pour l’intégrer à leurs propres productions en ligne. La mascotte a ainsi été redéployée sur des réseaux sociaux et des forums, parfois accompagnée de messages sans lien avec le projet initial.

Ce phénomène s’inscrit dans un contexte où les figures générées par intelligence artificielle, facilement modifiables et reproductibles, peuvent être réappropriées rapidement. La transformation d’un outil institutionnel en symbole circulant dans des écosystèmes militants illustre la porosité entre dispositifs publics numériques et usages détournés, notamment dans des environnements où l’anonymat et la viralité jouent un rôle central.

L’épisode met en lumière les limites du contrôle sur la circulation des personnages virtuels une fois qu’ils sont diffusés en ligne, y compris lorsqu’ils sont conçus dans un cadre officiel et à des fins de prévention.

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