Les élections municipales se tiendront les 15 et 22 mars 2026. Ce scrutin à deux tours, organisé à l’échelle communale, permet l’élection des conseillers municipaux, qui désignent ensuite le maire. Dans les grandes villes, le mode de scrutin combine des listes et une répartition par secteurs ou arrondissements. À Paris, la compétition oppose notamment Rachida Dati, candidate Les Républicains et ministre de la Culture, Pierre-Yves Bournazel, investi par Horizons et Renaissance, et Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche.
À Paris, la droite entre affirmation et désunion
Rachida Dati a présenté un programme centré sur la sécurité, la propreté, les finances municipales et les aménagements urbains. Elle appelle au rassemblement de la droite et du centre et annonce un départ imminent du gouvernement afin de se consacrer à sa campagne.
Face à elle, Pierre-Yves Bournazel organise un meeting avec le soutien d’Édouard Philippe et de Gabriel Attal. Il refuse à ce stade toute alliance automatique avec la candidate LR pour le second tour. Cette position s’inscrit dans un cadre où les fusions de listes sont autorisées entre les deux tours pour les formations ayant obtenu au moins 10 % des suffrages au premier.
« Le premier tour sépare, le second rassemble. Classique du scrutin municipal. »
Des tensions apparaissent également dans certains arrondissements parisiens, où accusations croisées et controverses locales émergent autour de candidats investis.
Nice, Toulouse : ralliements et repositionnements
À Nice, Éric Ciotti mène campagne en mettant en avant des thèmes de sécurité et de gestion budgétaire. Il reçoit le ralliement de Jean-Marc Governatori, jusque-là candidat autonome. Christian Estrosi, maire sortant, intègre pour sa part sur sa liste l’ancien journaliste Gérard Holtz.
Dans ces configurations, les listes sont constituées avant leur dépôt officiel en préfecture, procédure obligatoire pour valider la participation au scrutin. Les alliances prennent la forme de listes communes ou de soutiens publics.
À Toulouse, François Briançon porte la candidature socialiste face au maire sortant Jean-Luc Moudenc, visé par une enquête du parquet d’Auch concernant des faits liés à la précédente campagne municipale. Parallèlement, La France insoumise propose un projet de transformation urbaine chiffré à 80 millions d’euros pour l’hippodrome de la Cépière.
« Une enquête judiciaire en pleine campagne, le calendrier ne choisit jamais son moment. »
Nationalisation et dynamiques locales
Au moins 95 députés se présentent comme têtes de liste dans différentes communes. En cas d’élection comme maire, ils devront abandonner leur mandat parlementaire, remplacés par leur suppléant, conformément aux règles encadrant le cumul des mandats.
Le Rassemblement national met en avant une stratégie combinant dimension nationale du scrutin et campagnes locales parfois moins marquées par le logo du parti. À Marseille, le débat entre Benoît Payan et Franck Allisio porte notamment sur les effectifs de police municipale. À Bordeaux, le maire écologiste Pierre Hurmic affronte un candidat macroniste dans un contexte où des désistements entre les deux tours restent possibles.
Des questions de parité et de désinformation apparaissent également dans plusieurs communes, avec la diffusion de faux sondages et des débats sur la composition des listes.
Un paysage encore en recomposition
La pré-campagne met en évidence des stratégies distinctes selon les villes, mêlant enjeux municipaux et positionnements nationaux. Les listes devront être déposées dans les délais légaux, et d’éventuelles fusions se décideront à l’issue du premier tour.
Dans quelle mesure les dynamiques nationales pèseront-elles sur des scrutins organisés commune par commune ? Les recompositions observées avant le premier tour se traduiront-elles par des alliances effectives au second ?