Le Parlement européen a approuvé à Strasbourg un prêt de 90 milliards d’euros en faveur de l’Ukraine pour la période 2026-2027. Le texte a recueilli 458 voix. Le financement repose sur un emprunt contracté par l’Union européenne sur les marchés financiers. Les intérêts seront pris en charge par le budget communautaire.
Selon les modalités adoptées, les deux tiers des fonds doivent soutenir l’industrie de défense ukrainienne. Le remboursement est envisagé à partir d’éventuelles réparations versées par la Russie à l’issue du conflit.
Ce mécanisme s’inscrit dans les instruments budgétaires européens mobilisés depuis 2022. Il implique une émission de dette commune par la Commission européenne, remboursée par les ressources du budget de l’Union, c’est-à-dire par les contributions des États membres et les recettes propres européennes.
« 90 milliards votés, la calculette européenne ne connaît pas de trêve. »
Annonces de négociations et pression électorale
Dans le même temps, Volodymyr Zelensky a accepté l’organisation de nouveaux pourparlers avec les États-Unis. Selon des informations relayées par Bloomberg et le Financial Times, des discussions pourraient se tenir la semaine prochaine. La question des territoires occupés resterait centrale.
Washington exercerait une pression pour la tenue d’une élection présidentielle en Ukraine avant la mi-mai. L’administration américaine lierait cette échéance à des garanties de sécurité et à la conclusion d’un accord de paix. À Kiev, un haut responsable ukrainien a indiqué que des élections ne pourraient être organisées que si la situation sécuritaire le permet.
En Ukraine, la loi martiale est en vigueur depuis l’invasion russe. Ce régime juridique suspend notamment l’organisation de scrutins nationaux. La perspective d’un calendrier électoral en période de conflit soulève donc des contraintes légales et logistiques.
Sur le terrain diplomatique, Emmanuel Macron a confirmé le maintien de « contacts techniques » entre Paris et Moscou. Cette reprise d’échanges intervient alors que des négociations menées par les États-Unis se déroulent sans participation directe des autres capitales européennes.
Frappes, minorités et recompositions régionales
Alors que ces annonces se multiplient, les frappes russes se poursuivent. À Bohodoukhiv, près de la frontière russe, une attaque de drone a tué un père et trois jeunes enfants. Les autorités locales ont décrété trois jours de deuil.
Dans un autre secteur, une frappe a causé la mort de quatre personnes, dont trois enfants en bas âge, selon les autorités régionales.
À l’ouest de l’Ukraine, la situation de la minorité hongroise en Zakarpattia reste un point de tension. Les débats sur les droits linguistiques et éducatifs de cette communauté se poursuivent dans un contexte de guerre, avec des répercussions sur les relations entre Kiev et Budapest.
Sur le flanc nord de l’Europe, le chef d’état-major norvégien a évoqué la nécessité de se « préparer au pire », en estimant que la Russie pourrait viser la Norvège. Le Royaume-Uni prévoit de doubler sur trois ans le nombre de ses soldats déployés en Norvège, passant de 1 000 à 2 000 militaires, dans le cadre du renforcement de la présence de l’Otan dans l’Arctique.
« Les troupes doublent au nord, les négociateurs se retrouvent au centre. »
Armes, recrutement et équilibres stratégiques
Le Royaume-Uni a annoncé rejoindre un programme d’achat d’armes piloté par les États-Unis au sein de l’Otan. Londres prévoit d’y consacrer 150 millions de livres. En France, des groupes comme Thales et Safran ont augmenté leurs capacités de production. Thales prévoit l’embauche de 3 300 personnes pour répondre à la demande.
En parallèle, des enquêtes évoquent des détournements d’armes livrées à l’Ukraine. Près de 500 000 armes portatives auraient été perdues ou volées depuis février 2022, selon des chiffres reconnus par les autorités ukrainiennes et relayés par des médias étrangers. Des réseaux criminels et des phénomènes de corruption sont mentionnés dans ces investigations.
À l’international, le ministre kényan des affaires étrangères prévoit de se rendre à Moscou après des signalements de recrutements de ressortissants kenyans envoyés combattre aux côtés des forces russes. Un collectif d’investigation a publié des noms de combattants africains engagés dans l’armée russe.
Moscou a déclaré qu’elle respecterait les plafonds fixés par le traité New START, bien qu’expiré, tant que les États-Unis en feraient de même. Signé en 2010, ce traité limite le nombre d’ogives nucléaires stratégiques déployées par les deux puissances. Il est devenu caduc en février 2026, mais les déclarations publiques visent à maintenir un cadre de retenue.