Stellantis a annoncé une perte nette de 22,3 milliards d’euros pour l’année 2025. Le groupe automobile, né de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler en 2021, a intégré dans ses comptes 25,4 milliards d’euros de charges exceptionnelles. Ces écritures comptables correspondent à un repositionnement stratégique présenté comme un « reset », notamment sur sa trajectoire dans l’électrique.
Les charges exceptionnelles sont des montants inscrits pour refléter des dépréciations d’actifs ou des changements d’orientation stratégique. Elles affectent le résultat net de l’exercice concerné, sans constituer nécessairement une sortie de trésorerie immédiate.
« Le montant de 25,4 milliards d’euros de charges exceptionnelles est systématiquement associé à la perte nette de 22,3 milliards d’euros. »
Une révision de la stratégie sur l’électrique
Le groupe indique que ces charges traduisent une correction de trajectoire concernant le rythme de la transition vers les véhicules électriques. Les ventes de modèles électriques ont été inférieures aux prévisions, notamment sur le marché américain.
Stellantis a annoncé relancer certains modèles thermiques aux États-Unis et en Europe, y compris des motorisations diesel. Cette orientation vise à proposer une gamme combinant véhicules électriques, hybrides et thermiques.
Le marché américain est mentionné comme un facteur central dans la dégradation des performances, en raison d’un ralentissement de la demande pour les véhicules électriques. Certaines analyses évoquent également l’évolution des incitations publiques à l’achat.
« Les expressions “perte historique”, “perte record” ou “deuxième plus lourde perte pour un groupe français” sont employées pour qualifier le résultat. »
Un résultat parmi les plus élevés enregistrés en France
Avec 22,3 milliards d’euros de perte nette, Stellantis enregistre la deuxième perte la plus importante jamais annoncée par un groupe français, selon plusieurs comparaisons publiées. Le précédent record mentionné concerne Vivendi en 2002.
Des parallèles sont également établis avec la perte enregistrée par General Motors en 2007, citée comme supérieure dans l’histoire mondiale du secteur automobile. Ces comparaisons visent à situer le niveau du résultat dans une perspective historique.
En 2024, le groupe avait dégagé un bénéfice net de 5,5 milliards d’euros. L’exercice 2025 marque donc un retournement significatif du résultat comptable. Stellantis fait néanmoins état d’un rebond de son chiffre d’affaires au second semestre 2025.
Un changement de direction et un repositionnement stratégique
L’année 2025 intervient après le départ de l’ancien directeur général Carlos Tavares. Antonio Filosa a été nommé à la tête du groupe fin mai. Dans un communiqué, il indique que les résultats reflètent le coût d’une surestimation du rythme de la transition énergétique et la nécessité d’un repositionnement stratégique.
Stellantis regroupe plusieurs marques automobiles, dont Peugeot, Citroën, Fiat, Opel, Jeep et Alfa Romeo. Le groupe est présent en Europe et en Amérique du Nord, avec des sites industriels répartis dans plusieurs pays.
Des effets encore à mesurer sur l’activité industrielle
À ce stade, les comptes 2025 actent une perte nette de 22,3 milliards d’euros et un repositionnement stratégique vers une offre combinant motorisations électriques, hybrides et thermiques. Le groupe mentionne un rebond du chiffre d’affaires au second semestre, sans détailler l’évolution des marges par région ou par marque.
Quelles seront les conséquences de ce repositionnement sur les investissements industriels et les capacités de production en Europe et en Amérique du Nord ? Les prochains résultats permettront-ils de mesurer l’effet des charges exceptionnelles sur la trajectoire financière du groupe ?