L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz, passage maritime reliant le golfe Persique au golfe d’Oman. Environ 20 % du pétrole mondial et près de 25 % du gaz naturel liquéfié, c’est-à-dire du gaz refroidi pour être transporté par navire, transitent par cette voie selon certaines estimations. D’autres sources évoquent jusqu’à un tiers des flux pétroliers mondiaux selon le périmètre retenu. Des centaines de navires sont signalés à l’arrêt ou en attente, tandis que plusieurs grands armateurs internationaux ont suspendu leurs traversées.
« Les articles alternent entre les proportions de 20 %, 25 % et un tiers pour qualifier la part mondiale transitant par Ormuz. »
Le détroit constitue un corridor de quelques dizaines de kilomètres de large, bordé notamment par l’Iran et Oman. Il concentre une grande partie des exportations d’hydrocarbures du Qatar, des Émirats arabes unis, de l’Arabie saoudite et du Koweït. La circulation y est organisée en couloirs maritimes réglementés par le droit international de la mer.
Des menaces de mines, de missiles et de drones sont évoquées dans la zone. Certains acteurs parlent d’une bataille navale déjà engagée. D’autres décrivent un « gel sans précédent » du commerce maritime mondial. Ils soulignent qu’aucune interruption totale comparable n’a été observée jusqu’ici sur cette artère.
Hausse immédiate des cours du pétrole et du gaz
À la suite de l’interruption du trafic, les cours du pétrole ont progressé sur les marchés internationaux. Le gaz européen a bondi de plus de 30 %, selon les cotations rapportées. Les marchés boursiers européens et américains ont enregistré des replis, dans un contexte de crainte d’une hausse durable des coûts de l’énergie.
Les hydrocarbures sont échangés sur des marchés à terme, c’est-à-dire des contrats portant sur des livraisons ultérieures. Les prix intègrent les anticipations de disponibilité. Toute perturbation d’un point de passage stratégique peut entraîner une revalorisation immédiate des contrats.
« L’expression “flambée” est fréquemment utilisée, tandis que certains intervenants parlent d’un impact encore inférieur aux pics de 2022. »
Plusieurs analyses soulignent que le niveau actuel du baril reste en deçà des sommets atteints au début de la guerre en Ukraine. D’autres insistent sur le caractère potentiellement structurel de l’impact si l’interruption devait se prolonger.
Répercussions différenciées selon les régions
Les économies asiatiques apparaissent particulièrement exposées. La Chine dépend du Moyen-Orient pour environ 57 % de ses besoins en pétrole, selon les données citées. L’Union européenne importe près de 18 % de son pétrole et 12 % de son gaz depuis le golfe Persique, d’après les estimations mentionnées. Les États-Unis sont décrits comme moins dépendants, du fait de leur production domestique accrue ces dernières années.
Au Sénégal, pays importateur d’hydrocarbures, la hausse des prix internationaux est présentée comme susceptible d’alourdir la facture énergétique et le budget de l’État. En Europe, plusieurs gouvernements indiquent ne pas anticiper de rupture d’approvisionnement à court terme.
En France, le ministre de l’Économie assure qu’aucun risque immédiat ne pèse sur l’approvisionnement en gaz ou en essence. Des spécialistes de l’énergie évoquent néanmoins une hausse mécanique des prix à la pompe si les cours internationaux se maintiennent à un niveau élevé.
Capacité de contournement limitée
Des oléoducs terrestres permettent théoriquement d’éviter le passage maritime par Ormuz. Toutefois, leur capacité cumulée ne permettrait pas de compenser la totalité des volumes habituellement transportés par voie maritime. Les exportations de gaz naturel liquéfié, acheminé par des navires méthaniers, ne disposent pas d’alternatives équivalentes à court terme.
L’interruption du trafic affecte également d’autres secteurs dépendant du transport maritime, notamment le commerce de biens manufacturés, les cosmétiques ou l’e-commerce, en raison des retards et de l’augmentation des coûts logistiques.
Des incertitudes sur la durée de l’interruption
À ce stade, le trafic maritime demeure fortement perturbé et les prix de l’énergie restent orientés à la hausse. Les autorités nationales communiquent sur l’état des stocks et des approvisionnements, tandis que les opérateurs ajustent leurs routes et leurs contrats.
La fermeture du détroit sera-t-elle maintenue dans la durée ou partiellement levée ? Les capacités alternatives de transport suffiront-elles à limiter l’impact sur les marchés mondiaux si l’interruption se prolonge ?