Les prix des carburants ont de nouveau progressé en France, avec une hausse moyenne de 8 à 9 centimes la semaine dernière. Le gazole a dépassé 2,10 euros le litre en moyenne, dans un contexte de tensions énergétiques liées à la guerre au Moyen-Orient. Face à cette hausse, le gouvernement a annoncé un ensemble de mesures visant à limiter les tensions d’approvisionnement et à soutenir les secteurs les plus touchés, sans mettre en place d’aide directe à la pompe.
Une hausse rapide des prix et une tension sur les carburants raffinés
Le gouvernement a demandé aux raffineurs français d’augmenter rapidement leur production. L’objectif affiché est de réduire les tensions sur les marchés européens des produits raffinés, notamment le gazole et le kérosène. L’exécutif compte sur les six raffineries françaises pour augmenter, autant que possible, les volumes disponibles dans un contexte international marqué par la contraction de l’offre et la hausse du pétrole.
Cette évolution se traduit déjà dans les prix à la pompe. Le gazole a franchi la barre des 2,10 euros le litre en moyenne. Plusieurs textes signalent aussi une hausse de plus de 40 centimes depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Pour les professionnels les plus dépendants du carburant, la hausse est encore plus marquée. Le gazole marin est présenté comme ayant bondi d’environ 60 %, voire 80 % selon certaines organisations de pêcheurs.
« Les formulations convergent sur l’absence d’aide directe, tandis que les annonces officielles mettent l’accent sur des mesures de trésorerie et de report. »
Des soutiens indirects pour la pêche, l’agriculture et les transports
Le gouvernement a retenu des mesures de soutien indirectes pour les secteurs les plus exposés, notamment la pêche, l’agriculture et les transports. Les dispositifs annoncés portent sur le report de cotisations sociales, l’étalement des échéances fiscales et des prêts de trésorerie garantis par Bpifrance, la banque publique d’investissement. Pour les pêcheurs, il a aussi été question d’un « délai de paiement sans frais ».
Ces annonces visent à soulager la trésorerie des entreprises confrontées à une hausse rapide de leurs coûts. Elles ne modifient cependant pas le prix du carburant à la pompe ou au dépôt. Plusieurs organisations professionnelles, en particulier dans la pêche, ont jugé ces mesures insuffisantes. Elles attendaient une réponse plus directe sur le coût du gasoil, au regard de la hausse enregistrée depuis le début du conflit.
La question fiscale revient sans déboucher sur une baisse des taxes
La hausse des prix relance aussi le débat sur une éventuelle baisse des taxes sur les carburants. Cette hypothèse est évoquée comme une option discutée, mais elle n’a pas été retenue par le gouvernement. Plusieurs contraintes reviennent dans ce débat, notamment l’effet budgétaire d’un allégement fiscal et les limites posées par le cadre européen.
À ce stade, l’exécutif privilégie donc une réponse ciblée sur les secteurs professionnels les plus touchés, tout en cherchant à agir sur l’offre de carburants raffinés via les raffineurs français. Cette stratégie repose sur deux leviers : réduire la tension sur les volumes disponibles et éviter, pour certaines filières, un choc immédiat de trésorerie.
Une réponse de trésorerie face à une hausse qui se poursuit
La situation reste marquée par une augmentation effective des prix des carburants, une pression sur certaines filières professionnelles et une intervention du gouvernement centrée sur les reports de charges et l’augmentation de la production des raffineurs français. Aucune baisse des taxes ni aide directe généralisée n’a été annoncée à ce stade.
L’augmentation de la production des raffineurs français permettra-t-elle de détendre suffisamment le marché des carburants raffinés ? Et les mesures de report et de prêt suffiront-elles à couvrir les besoins de trésorerie des secteurs les plus touchés si la hausse des prix se prolonge ?