Devant la cour d’assises spéciale des Bouches-du-Rhône, siégeant à Aix-en-Provence, le ministère public a présenté ses réquisitions contre six hommes jugés pour leur implication présumée dans un double assassinat commis en 2019, sur fond de rivalités entre groupes liés au narcotrafic marseillais. Les peines demandées vont de dix-huit ans de réclusion à la perpétuité. Gabriel Ory et Amine Oualane, présentés comme deux chefs présumés de la DZ Mafia, figurent parmi les accusés visés par les réquisitions les plus commentées. Le procès porte sur la préparation et l’exécution présumées de ce double assassinat, ainsi que sur la place attribuée à chacun des six accusés dans cette séquence criminelle.
Des réquisitions graduées pour six accusés
Les avocates générales ont demandé trois condamnations à la réclusion criminelle à perpétuité, deux peines de trente ans de réclusion criminelle et une peine de dix-huit ans. Pour Gabriel Ory, une perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans a été requise. Pour Amine Oualane, le ministère public a requis dix-huit ans de réclusion criminelle.
Au cours de son réquisitoire, l’accusation a détaillé la place attribuée à chacun des six accusés dans le dossier, en décrivant un ensemble composé de « deux tueurs, un traître, un facilitateur et deux commanditaires ». Elle a aussi demandé à la cour de rappeler aux accusés, détenus particulièrement surveillés pour plusieurs d’entre eux, « qu’ils sont des justiciables comme les autres ».
« Les formulations varient entre “chefs présumés”, “commanditaires” ou “auteurs présumés”, mais les récits convergent sur l’échelle des peines requises. »
Un double assassinat de 2019 au cœur du dossier
Le procès est centré sur un double assassinat commis en 2019. Les six hommes jugés sont poursuivis pour avoir, selon l’accusation, participé à différents niveaux à sa préparation ou à sa réalisation. Le réquisitoire a insisté sur l’enchaînement des rôles supposés et sur la manière dont l’opération aurait été organisée.
Les éléments rendus publics à l’audience replacent cette affaire dans un contexte de rivalités entre narcotrafiquants marseillais. C’est ce cadre qui sert de toile de fond à l’analyse du ministère public, sans modifier l’objet du procès, limité ici à ce double assassinat précis et aux responsabilités pénales individuelles des six accusés.
Des dénégations maintenues avant les réquisitions
Avant le réquisitoire, plusieurs accusés avaient été interrogés sur le fond. Amine Oualane et Karim Harrat ont notamment maintenu leurs dénégations au cours de l’audience précédente. Le procès articule donc deux lignes distinctes à ce stade : d’un côté, une reconstitution accusatoire détaillée par le ministère public ; de l’autre, des contestations formulées par certains accusés sur leur rôle ou leur implication.
Cette opposition porte moins sur l’existence du double assassinat que sur la qualification des rôles, le niveau de participation retenu pour chacun et la solidité des charges individuelles.
L’attente du verdict après le réquisitoire
À ce stade, les réquisitions du ministère public ont été formulées et la répartition des peines demandées est connue. Les rôles attribués par l’accusation ont été détaillés à l’audience, tandis que certains accusés continuent de nier tout ou partie des faits qui leur sont reprochés. La cour doit encore se prononcer sur la culpabilité de chacun et, le cas échéant, sur les peines qui seront finalement retenues.
La cour suivra-t-elle l’échelle des peines requises par le ministère public ? Et comment appréciera-t-elle, pour chacun des six accusés, l’écart entre les dénégations formulées à l’audience et la reconstitution présentée par l’accusation ?