Donald Trump a annoncé une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu entre Israël et le Liban. Cette trêve, entrée en vigueur le 17 avril, devait initialement expirer le 26 avril. L’annonce a été faite après une réunion à Washington entre des représentants israéliens et libanais. Le Hezbollah n’était pas représenté à ces discussions. Israël et le mouvement chiite n’ont pas réagi immédiatement à l’annonce américaine, selon les informations disponibles.
La décision intervient dans un conflit qui a déjà fait plus de 2 400 morts et un million de déplacés au Liban depuis début mars. La trêve avait entraîné une baisse des violences, sans mettre fin aux opérations dans le sud du pays. Plusieurs informations font état de frappes israéliennes, de destructions d’habitations et d’accusations réciproques.
Une annonce américaine après des discussions à Washington
Donald Trump a présenté la prolongation comme une étape issue des échanges entre représentants israéliens et libanais. « Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES », a écrit le président américain sur Truth Social. Il a aussi assuré que les États-Unis allaient « collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah ».
Le président américain a également évoqué une possible rencontre entre le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun. Selon les éléments rapportés, Donald Trump affirme s’attendre à ce que les deux dirigeants se rencontrent « dans les semaines à venir ». Une telle rencontre n’est pas confirmée à ce stade par les autorités libanaises.
Joseph Aoun a jusqu’ici écarté la perspective d’un tête-à-tête avec Benjamin Netanyahu. Le Liban et Israël restent techniquement en état de guerre depuis 1948. Le cadre de négociation actuel se déroule donc dans une situation institutionnelle limitée, où les canaux américains occupent une place centrale.
« Les titres oscillent entre “trêve prolongée”, “cessez-le-feu fragile” et “violations”, selon l’accent mis sur l’annonce ou le terrain. »
Des frappes et destructions signalées dans le sud du Liban
La prolongation annoncée n’a pas fait disparaître les incidents militaires. Le ministère libanais de la Santé a fait état de deux morts dans une frappe israélienne dans le sud du pays après l’annonce de la prolongation. L’armée israélienne a aussi lancé un ordre d’évacuation pour un village du sud du Liban.
Des opérations de destruction d’habitations sont également signalées dans une zone tampon installée le long de la frontière. Des habitants de localités du sud décrivent des bâtiments dynamités, des bombardements et des difficultés à envisager un retour durable. Dans la banlieue sud de Beyrouth, des familles déplacées hésitent encore à rentrer. Elles oscillent entre la volonté de retrouver leur logement et la crainte d’une reprise des hostilités.
L’armée israélienne dénonce de son côté des « violations flagrantes » du cessez-le-feu. Le Hezbollah affirme avoir tiré des roquettes vers le nord d’Israël en réponse aux « violations » attribuées à l’armée israélienne. Le mouvement déclare aussi se réserver le droit de riposter aux « agressions » d’Israël.
Le Hezbollah conteste le cadre des discussions
Le Hezbollah n’a pas participé aux discussions de Washington et rejette les pourparlers directs entre représentants israéliens et libanais. Par la voix du député Ali Fayad, le mouvement affirme que la prolongation n’a « pas de sens » au regard des « actes d’hostilité » qu’il attribue à Israël.
Le Hezbollah appelle aussi l’État libanais à se retirer des négociations directes avec Israël. Cette position crée un décalage entre le cadre diplomatique porté par Washington et la réalité militaire sur le terrain. Le gouvernement libanais se trouve ainsi engagé dans un processus où l’un des principaux acteurs armés du conflit n’est pas représenté.
Le ministre libanais de la Culture, Ghassan Salamé, a réagi en soulignant les limites du processus américain. « Il y a toujours un air d’inachevé dans ce que fait l’administration américaine », a-t-il déclaré. Il a également appelé à « renforcer » le cessez-le-feu.
Une frontière encore marquée par la guerre
Dans le nord d’Israël, plusieurs habitants des zones frontalières restent exposés aux conséquences du conflit avec le Hezbollah. À Kiryat Shmona, ville durement touchée par les tirs du mouvement chiite, le retour à la vie quotidienne demeure partiel. Certains habitants réclament la poursuite des opérations militaires afin d’obtenir une sécurité durable.
Au sud du Liban, la situation est différente mais tout aussi liée au même cessez-le-feu. Des villages sont encore détruits ou partiellement évacués. Des habitants rapportent des difficultés à revenir dans les zones touchées. La présence israélienne dans une zone tampon alimente les interrogations sur la mise en œuvre concrète de la trêve.
« Le même cessez-le-feu est décrit comme un répit pour les civils, mais aussi comme un cadre déjà contesté par les acteurs armés. »
L’Europe appelée à s’impliquer davantage
La prolongation intervient alors que plusieurs dirigeants européens discutent de la situation au Liban lors d’un sommet à Chypre. Emmanuel Macron a appelé l’Europe à s’engager davantage pour contribuer au retour de la stabilité. « Nous avons tous intérêt » à ce que la stabilité revienne « le plus vite possible », a déclaré le président français.
Ursula von der Leyen et Antonio Costa ont également insisté sur la nécessité d’une paix durable et sur le respect de la souveraineté libanaise. Les Vingt-Sept souhaitent aborder la situation au Liban ainsi que les pourparlers entre Israël et le Liban. Ils parlent aussi d’un dialogue intensif avec plusieurs États de la région.
Cette implication européenne reste cependant à préciser. Le cadre principal de la prolongation annoncée demeure américain. Les discussions ayant conduit à l’annonce se sont déroulées à la Maison Blanche, avec des représentants israéliens et libanais.
Un cessez-le-feu prolongé sans accord final
La trêve entre Israël et le Liban est donc prolongée, mais son application reste disputée. Les États-Unis présentent cette décision comme le résultat de discussions à Washington. Israël et le Hezbollah continuent de s’accuser de violations. Le sud du Liban reste touché par des frappes, des destructions et des déplacements de population.
Plusieurs points ne sont pas tranchés à ce stade. La prolongation de trois semaines permettra-t-elle de réduire effectivement les opérations militaires dans le sud du Liban ? Une rencontre entre Benjamin Netanyahu et Joseph Aoun peut-elle avoir lieu alors que le Hezbollah rejette le cadre actuel des discussions ?