Le député UDR Charles Alloncle, rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public, a finalisé un rapport contenant près de 80 recommandations. Ce document doit être soumis au vote des 30 députés membres de la commission. Un vote favorable est nécessaire pour permettre sa publication. Les mesures proposées portent sur l’organisation de France Télévisions, de Radio France et de France Médias Monde. Elles concernent aussi les règles applicables aux dirigeants et aux salariés de l’audiovisuel public.
Les préconisations visent plus d’un milliard d’euros d’économies, soit environ un quart des crédits publics alloués au secteur. Elles concernent les chaînes, les radios, les offres numériques et les programmes, mais aussi les nominations et les obligations de neutralité. Charles Alloncle présente ces propositions comme des recommandations et non comme des injonctions.
Des fusions et suppressions dans les chaînes publiques
Le rapport propose de supprimer France 4, chaîne destinée aux publics jeunes, ainsi que l’offre France TV Slash. Les moyens seraient redéployés vers une offre jeunesse diffusée sur France.tv et sur les réseaux sociaux. Côté radio, Charles Alloncle recommande la suppression du Mouv’, antenne de Radio France consacrée au hip-hop.
Le document suggère aussi une fusion entre France 2 et France 5, afin de créer une grande chaîne généraliste. Il recommande également de rapprocher franceinfo et France 24 dans une seule entité. Ces mesures s’inscrivent dans une logique de réduction du nombre d’antennes et de concentration des moyens.
Les propositions concernent aussi les programmes. Le rapport préconise de réduire la place des jeux, des divertissements, du sport et de la téléréalité dans l’audiovisuel public. Plusieurs articles mentionnent aussi une interdiction des émissions de téléréalité. Les économies dégagées seraient affectées à l’entretien du patrimoine de l’État et au désendettement.
« Les formulations oscillent entre “austérité”, “cure d’austérité” et “électrochoc”, selon que l’accent porte sur les économies ou sur la réforme proposée. »
Un nouveau cadre pour les nominations et la neutralité
Charles Alloncle propose de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et de Radio France par le président de la République. Cette nomination interviendrait après avis du Parlement, puis avis conforme de l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel.
Le rapport comporte aussi un volet consacré à l’impartialité et à la neutralité. Il prévoit que les salariés de l’audiovisuel public prennent des engagements dans leur expression publique, y compris hors de leurs fonctions. Les personnalités les plus exposées seraient soumises à un devoir de réserve renforcé.
Le rapporteur recommande également de mettre fin au système des animateurs-producteurs. Cette proposition vise les situations dans lesquelles des figures de l’antenne produisent elles-mêmes leurs émissions ou participent à leur production.
Un vote préalable à la publication
Les députés membres de la commission doivent décider s’ils autorisent ou non la publication du rapport. En cas de vote favorable, sa diffusion pourrait intervenir une semaine plus tard. À l’inverse, un refus empêcherait sa publication dans l’immédiat.
Plusieurs parlementaires ont exprimé des réserves sur le contenu du document et sur les conditions de travail de la commission. La députée PS Ayda Hadizadeh a annoncé son intention de voter contre le rapport. Elle a toutefois indiqué ne pas s’opposer à la publication des préconisations.
Charles Alloncle a dénoncé des fuites autour de son rapport. « Des fuites sont organisées par des députés, alors que c’est totalement interdit », a-t-il déclaré. Il a aussi défendu la nécessité d’une réflexion sur l’optimisation des chaînes publiques.
Des désaccords autour du périmètre de la réforme
Les réactions portent sur plusieurs points distincts : l’ampleur des économies, la suppression d’antennes, la fusion de chaînes, le retour d’une nomination présidentielle et les règles de neutralité. Certains députés disent ne pas vouloir empêcher la publication du rapport, tout en contestant son contenu.
Charles Alloncle affirme pour sa part vouloir provoquer une transformation de l’audiovisuel public. « Je veux un électrochoc, pas une privatisation », déclare-t-il dans un entretien. Cette phrase résume la position affichée par le député sur le périmètre de ses propositions.
La commission d’enquête avait été demandée après des accusations de partialité visant certaines figures de l’audiovisuel public. Les auditions ont duré plus de quatre mois et ont été marquées par des tensions entre le rapporteur, certains députés et plusieurs personnes auditionnées.
Une publication encore soumise au vote parlementaire
Le rapport Alloncle n’est pas encore intégralement public. Sa diffusion dépend du vote des députés membres de la commission d’enquête. Les principales propositions connues portent déjà sur l’organisation des antennes, les économies budgétaires, les nominations et les obligations de neutralité.
Le vote permettra-t-il la publication complète du rapport ? Les préconisations connues seront-elles reprises, modifiées ou écartées dans une réforme future de l’audiovisuel public ?