Le Pentagone a annoncé le retrait d’environ 5 000 militaires américains stationnés en Allemagne, dans un délai de six à douze mois. Cette réduction représente environ 15 % des quelque 36 000 soldats américains présents dans le pays, allié des États-Unis au sein de l’OTAN.
Une première réduction fixée par le Pentagone
Le porte-parole du ministère américain de la Défense, Sean Parnell, a indiqué que Washington prévoyait d’achever le retrait dans les « six à douze prochains mois ». La décision porte sur une partie des forces américaines déployées en Allemagne, où la présence militaire des États-Unis reste l’une des plus importantes en Europe.
Ce retrait intervient après plusieurs jours de tensions entre Donald Trump et Friedrich Merz, le chancelier allemand. Le dirigeant allemand avait critiqué la stratégie américaine dans la guerre en Iran, en déclarant que les États-Unis n’avaient « visiblement aucune stratégie » et que Téhéran « humiliait » la première puissance mondiale.
Donald Trump lui avait répondu en contestant cette position. « Il pense que c’est OK que l’Iran se dote de l’arme nucléaire. Il ne sait pas de quoi il parle ! », avait déclaré le président américain.
Berlin a pris acte de l’annonce. Le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, a estimé que le retrait de troupes américaines d’Europe et d’Allemagne était « attendu ». Il a ajouté que les Européens devaient « prendre plus de responsabilités » pour leur sécurité.
Donald Trump évoque une baisse plus importante
Après l’annonce du Pentagone, Donald Trump a indiqué vouloir aller au-delà des 5 000 soldats annoncés. « Nous allons réduire bien davantage et nous réduisons bien plus que 5 000 », a-t-il déclaré à la presse depuis la Floride.
Cette déclaration laisse ouverte l’ampleur finale du retrait américain. Aucun chiffre supplémentaire n’a été officiellement précisé. Le calendrier annoncé par le Pentagone concerne pour l’instant la première réduction d’environ 5 000 militaires.
Donald Trump a également évoqué de possibles réductions d’effectifs en Italie et en Espagne. Selon les chiffres disponibles pour fin 2025, l’Italie accueillait 12 662 soldats américains en service actif et l’Espagne 3 814.
La présence américaine en Allemagne occupe une place importante dans le dispositif militaire transatlantique. Réduite depuis la fin de la guerre froide, elle demeure un point d’appui pour les opérations américaines en Europe et au-delà. Elle joue aussi un rôle économique local, à travers les emplois et contrats liés aux bases.
« Les formulations associent le retrait à trois cadres distincts : la relation Washington-Berlin, l’OTAN et la sécurité européenne. »
L’OTAN cherche à préciser la portée de la décision
L’OTAN a indiqué travailler avec les États-Unis pour « mieux comprendre » la décision annoncée par Washington. L’alliance doit clarifier les conséquences pratiques du retrait sur son dispositif en Europe, notamment dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les tensions avec la Russie.
Aux États-Unis, la décision a aussi suscité des réserves au Congrès. Mike Rogers et Roger Wicker, présidents républicains des commissions des forces armées à la Chambre des représentants et au Sénat, se sont déclarés « très inquiets ». Ils ont évoqué un « mauvais signal envoyé à Vladimir Poutine ».
Les deux élus ont estimé que la hausse des dépenses de défense européennes prendrait du temps à produire des capacités pleinement opérationnelles. Selon eux, une réduction prématurée de la présence américaine pourrait fragiliser la dissuasion.
Boris Pistorius a, de son côté, souligné que la présence américaine en Allemagne restait dans l’intérêt de Berlin et de Washington, en la présentant comme un élément de « dissuasion collective ».
Des tensions commerciales ajoutées au dossier militaire
Cette décision militaire intervient aussi dans une séquence de tensions entre Washington et l’Union européenne. Donald Trump a annoncé vouloir porter à 25 % les droits de douane sur les véhicules importés aux États-Unis depuis l’Union européenne.
Le président américain reproche à l’UE de ne pas respecter un accord commercial conclu l’été précédent. La délégation de l’Union européenne à Washington a répondu que les engagements pris étaient mis en œuvre selon les procédures législatives habituelles, en tenant le gouvernement américain informé.
Elle a également indiqué que l’Union garderait « toutes les options ouvertes » pour protéger ses intérêts si les États-Unis ne respectaient pas leur part de l’accord.
Cette dimension commerciale touche particulièrement l’Allemagne, dont l’industrie automobile est fortement exposée au marché américain. Elle reste toutefois distincte de la décision militaire, même si les deux sujets apparaissent dans la même séquence diplomatique.
« Le dossier mêle une décision militaire chiffrée, des tensions commerciales et des désaccords sur la stratégie américaine en Iran. »
Un calendrier militaire encore incomplet
Le retrait annoncé porte pour l’instant sur environ 5 000 militaires et sur un calendrier de six à douze mois. L’ampleur exacte d’une réduction supplémentaire, évoquée par Donald Trump, n’a pas encore été précisée par le Pentagone.
Les discussions entre Washington, Berlin et l’OTAN doivent encore établir les conséquences opérationnelles du retrait. Le maintien de plus de 30 000 militaires américains en Allemagne après la première réduction annoncée reste possible selon les chiffres disponibles, mais dépendra des décisions ultérieures de l’administration américaine.
Les effets sur les autres pays européens restent également à préciser. Donald Trump a mentionné l’Italie et l’Espagne, sans annoncer de mesure chiffrée ni de calendrier. Le dossier demeure donc ouvert sur trois plans. Ils concernent le volume final des troupes retirées, la coordination avec l’OTAN et l’évolution des tensions diplomatiques.