Guerre en Ukraine : la Russie annonce une trêve les 8 et 9 mai

La Russie a annoncé un cessez-le-feu unilatéral pour les commémorations du 9 mai, tandis que l’Ukraine a décrété sa propre trêve à partir du 6 mai après des frappes croisées.

Guerre en Ukraine : la Russie annonce une trêve les 8 et 9 mai

Image générée par Fokon


La Russie a annoncé un cessez-le-feu unilatéral avec l’Ukraine les 8 et 9 mai. Cette trêve doit coïncider avec les commémorations russes de la victoire soviétique contre l’Allemagne nazie en 1945. Quelques heures plus tard, Volodymyr Zelensky a annoncé une trêve ukrainienne à partir de minuit, dans la nuit du 5 au 6 mai.

Une trêve russe liée aux commémorations du 9 mai

Le ministère russe de la Défense a indiqué que l’armée observerait une cessation des hostilités les 8 et 9 mai. Moscou lie cette annonce aux cérémonies de la Journée de la Victoire, qui donnent traditionnellement lieu à un défilé militaire sur la place Rouge.

La Russie a aussi averti qu’elle lancerait une « frappe massive de missiles » sur le centre de Kiev si l’Ukraine tentait de perturber les célébrations. Cette menace vise notamment les attaques de drones ukrainiens contre le territoire russe, devenues plus fréquentes ces derniers mois.

Kiev a contesté la portée de cette trêve. Volodymyr Zelensky a estimé que la proposition russe n’était pas suffisante et a annoncé un cessez-le-feu ukrainien plus précoce, à partir de la nuit du 5 au 6 mai. « Nous agirons de manière réciproque à partir de ce moment-là », a déclaré le président ukrainien.

Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, a affirmé que Moscou pouvait arrêter les hostilités avant les célébrations du 9 mai si elle le souhaitait. L’Ukraine demande depuis plusieurs mois une trêve plus longue afin d’ouvrir la voie à des discussions.

« Les annonces opposent deux calendriers : une trêve russe centrée sur le 9 mai et une trêve ukrainienne avancée au 6 mai. »

Moscou touchée par des drones avant les cérémonies

L’annonce russe intervient après une attaque de drones sur Moscou dans la nuit du 3 au 4 mai. Le maire de la capitale russe, Sergueï Sobianine, a déclaré qu’un immeuble résidentiel avait été endommagé, sans faire état de blessés.

Selon des éléments repris par plusieurs médias, un drone a touché un bâtiment situé rue Mosfilmovskaïa, dans un secteur où se trouvent plusieurs ambassades. La Russie affirme avoir intercepté 39 drones ukrainiens lors de cette séquence.

L’incident a eu lieu quelques jours avant les cérémonies du 9 mai. Il s’inscrit dans une multiplication des frappes ukrainiennes contre des cibles situées en territoire russe, notamment des sites énergétiques et pétroliers. Plusieurs articles signalent aussi des attaques contre des raffineries, avec des effets sur la production russe.

Kiev ne confirme pas systématiquement chaque opération menée en Russie. Les autorités ukrainiennes présentent toutefois ces frappes comme des réponses aux bombardements russes contre les villes et infrastructures ukrainiennes.

Des frappes russes meurtrières en Ukraine

Les annonces de trêve ont été précédées par de nouvelles frappes russes en Ukraine. À Merefa, dans l’oblast de Kharkiv, une frappe de missile russe a fait plusieurs morts et plusieurs dizaines de blessés selon les autorités ukrainiennes. Les bilans communiqués dans la journée ont varié entre quatre, cinq, six puis sept morts.

Le procureur général d’Ukraine a indiqué que la Russie avait utilisé un missile balistique de type Iskander. Le gouverneur de la région de Kharkiv a fait état de maisons, d’immeubles résidentiels, de commerces et d’une station-service endommagés.

Une autre attaque de drone russe a été signalée dans la région de Zaporijjia, où les autorités ukrainiennes ont annoncé la mort d’un couple. Selon les mêmes autorités, la frappe a touché une zone comprenant un marché et une église.

Les autorités ukrainiennes indiquent aussi que Moscou a envoyé 155 drones contre le territoire ukrainien dans la nuit précédant l’attaque sur Moscou. Ces bilans restent attribués aux autorités concernées.

« Les récits associent les trêves annoncées à une séquence de frappes croisées, sur Moscou comme sur plusieurs villes ukrainiennes. »

Un front russe moins favorable en avril

La séquence intervient aussi dans un contexte militaire particulier. D’après une analyse appuyée sur les données de l’Institut pour l’étude de la guerre, centre d’analyse militaire basé aux États-Unis, les forces russes ont perdu environ 120 km² de terrain en Ukraine au mois d’avril. Ce recul serait le premier depuis l’été 2023.

D’autres données portent sur un indicateur différent. Le Grand Continent évoque une progression russe de 141 km² en avril, inférieure au mois précédent, malgré une légère hausse du nombre d’assauts. Ces chiffres dépendent du périmètre et de la méthode retenus pour mesurer les variations de contrôle territorial.

Ces données ne modifient pas à elles seules l’équilibre général du conflit. Elles indiquent toutefois que les annonces de trêve interviennent alors que les deux armées poursuivent des opérations intensives sur plusieurs fronts.

La Russie occupe toujours une partie importante du territoire ukrainien, notamment dans l’est et le sud du pays. L’Ukraine, de son côté, continue de frapper des cibles militaires, énergétiques ou logistiques russes, y compris loin de la ligne de front.

Deux trêves annoncées sans accord commun établi

Au 4 mai 2026, la Russie et l’Ukraine ont annoncé chacune une trêve, mais à des dates différentes et sans accord commun confirmé. Moscou fixe sa cessation des hostilités aux 8 et 9 mai. Kiev annonce la sienne à partir du 6 mai et indique qu’elle répondra aux attaques russes.

Plusieurs éléments restent à établir : le respect effectif de ces interruptions annoncées des combats, leur portée territoriale, les éventuelles modalités de vérification et la réaction militaire de chaque camp en cas de frappe. Les bilans des attaques récentes restent aussi attribués aux autorités qui les communiquent.

La prochaine étape factuelle sera l’entrée en vigueur annoncée de la trêve ukrainienne dans la nuit du 5 au 6 mai, puis celle revendiquée par Moscou pour les 8 et 9 mai. Leur application permettra de mesurer si cette séquence relève d’une interruption limitée des hostilités ou d’un nouvel épisode de confrontation autour du calendrier du 9 mai.


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