Donald Trump a suspendu le Projet Liberté, lancé la veille pour escorter des navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. Le président américain a présenté cette pause comme temporaire, afin de vérifier si un accord avec l’Iran peut être finalisé. Le blocus américain des ports iraniens reste toutefois en vigueur. La zone demeure marquée par des accrochages entre Washington et Téhéran, dans le cadre du cessez-le-feu conclu le 8 avril.
Un projet d’escorte lancé pour rouvrir le passage
Le Projet Liberté devait permettre à des navires bloqués dans le Golfe de franchir le détroit d’Ormuz sous protection américaine. Washington affirme vouloir rétablir la liberté de navigation dans cette voie essentielle au commerce mondial d’hydrocarbures. Selon les autorités américaines, plusieurs centaines de pétroliers et cargos commerciaux attendaient de pouvoir sortir du Golfe persique.
Le secrétaire américain à la défense, Pete Hegseth, a déclaré que les États-Unis ne pouvaient pas « laisser l’Iran bloquer une voie de navigation internationale ». Il a aussi affirmé que Washington ne cherchait pas le combat, tout en prévenant que l’armée américaine était prête à faire feu pour protéger ses navires.
Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient indique que deux navires marchands battant pavillon américain ont traversé le détroit sous escorte. Le groupe danois Maersk a également annoncé que l’Alliance-Fairfax, un navire transportant des véhicules sous pavillon américain, avait quitté le Golfe persique le 4 mai avec un accompagnement militaire américain. Selon Maersk, le transit s’est déroulé sans incident et l’équipage est sain et sauf.
« Les formulations alternent entre opération d’escorte, réouverture du détroit et blocus, selon que l’accent porte sur Washington ou Téhéran. »
Des accrochages militaires contestés entre Washington et Téhéran
Les tensions se sont accrues autour de l’opération américaine. Les forces américaines affirment avoir détruit six embarcations iraniennes qui représentaient, selon elles, une menace pour la navigation commerciale. Des responsables américains évoquent aussi l’interception de missiles et de drones lancés par l’Iran contre des bâtiments militaires et commerciaux.
Téhéran conteste cette version. Un haut responsable militaire iranien a démenti la destruction de navires iraniens. L’Iran accuse de son côté les forces américaines d’avoir attaqué des bateaux civils partis d’Oman vers la côte iranienne et d’avoir tué cinq personnes. Ces accusations n’ont pas été confirmées par une source indépendante dans les éléments disponibles.
Les Gardiens de la révolution ont aussi affirmé que les navires transitant par le détroit devaient respecter les routes désignées par Téhéran. Ils ont promis une « riposte ferme » contre les bâtiments qui tenteraient de franchir le détroit par d’autres trajets. Pete Hegseth a répondu que « l’Iran ne contrôle pas le détroit », tandis que Donald Trump a affirmé que les États-Unis contrôlaient la zone.
Les Émirats arabes unis visés dans la même séquence
La tension maritime s’est accompagnée de frappes signalées contre les Émirats arabes unis. Abou Dhabi affirme avoir été visé par des missiles de croisière lancés depuis l’Iran, dont plusieurs auraient été interceptés. Un pétrolier de la compagnie nationale Adnoc aurait également été ciblé par des drones, selon les autorités émiraties.
Le ministère émirati des Affaires étrangères a dénoncé une « escalade dangereuse » et indiqué que le pays se réservait le droit de riposter. Emmanuel Macron a condamné les frappes attribuées à l’Iran contre des infrastructures civiles émiriennes, qu’il a qualifiées d’« inacceptables ». Il a aussi appelé à la réouverture du détroit d’Ormuz et à des garanties de sécurité régionales.
L’Iran nie toutefois avoir mené des attaques récentes contre les Émirats arabes unis. Un porte-parole militaire iranien affirme que les forces iraniennes n’ont conduit aucune opération de missiles ou de drones contre le pays ces derniers jours. Téhéran impute la montée des tensions à l’opération américaine dans le détroit et parle d’« aventurisme militaire ».
Une pause américaine liée à une possible issue diplomatique
En fin de journée, Donald Trump a annoncé la suspension du Projet Liberté. Le président américain a évoqué de « grands progrès » vers un accord avec les dirigeants iraniens. Il a précisé que l’opération d’escorte serait suspendue « pendant une courte période » pour voir si l’accord peut être finalisé et signé.
Cette suspension ne met pas fin au dispositif américain. Donald Trump a indiqué que le blocus des ports iraniens restait en vigueur. Marco Rubio, secrétaire d’État américain, a de son côté affirmé que la phase offensive de l’opération militaire lancée en février contre l’Iran était terminée. Le chef d’état-major américain, Dan Caine, a néanmoins déclaré que l’armée restait prête à reprendre des opérations majeures de combat si l’ordre était donné.
Washington prépare aussi une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU sur la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. Selon Marco Rubio, le texte doit demander à l’Iran de cesser les attaques, le minage et toute forme de péage dans le passage maritime.
« La même séquence est décrite à la fois comme une pause diplomatique, une pression militaire maintenue et une crise de navigation. »
Un détroit stratégique au centre des pressions économiques
Le détroit d’Ormuz reste un point de passage majeur pour les hydrocarbures. Les perturbations dans ce passage affectent les marchés de l’énergie, les routes commerciales et les décisions d’approvisionnement de plusieurs pays. Le Japon, très dépendant du Moyen-Orient pour ses importations de pétrole, cherche à diversifier ses fournisseurs. En Europe, plusieurs gouvernements surveillent aussi les effets de la hausse des carburants et des tensions sur les transports.
Des estimations disponibles font état de navires immobilisés depuis plusieurs semaines dans le Golfe. La Fédération internationale des ouvriers du transport a alerté sur la situation de milliers de marins bloqués dans la zone. Les chiffres avancés varient selon les sources et les périmètres retenus, mais tous décrivent une perturbation importante du trafic maritime.
Une suspension sans levée du blocus
Au moment de la suspension du Projet Liberté, la situation reste partiellement ouverte. Les États-Unis présentent la pause comme liée à une possible avancée diplomatique avec l’Iran, mais maintiennent le blocus des ports iraniens et leur dispositif militaire dans la région. Téhéran, de son côté, conteste plusieurs accusations américaines et continue d’imposer ses propres conditions de passage dans le détroit.
Les faits établis portent sur la suspension annoncée par Donald Trump, le passage confirmé d’au moins un navire Maersk, les déclarations américaines sur des escortes réussies et les démentis iraniens. Les responsabilités exactes dans les accrochages en mer, les bilans humains allégués et la réalité des attaques contre les Émirats arabes unis restent disputés entre les parties.
La suite dépendra désormais du contenu exact de l’accord évoqué par Washington, de la position officielle de Téhéran et du maintien ou non de la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz.