Narges Mohammadi, militante iranienne des droits humains et prix Nobel de la paix 2023, est hospitalisée en Iran après avoir été transférée depuis la prison de Zanjan. Selon sa fondation et ses soutiens, son état s’est fortement dégradé après deux épisodes de perte de conscience et une crise cardiaque. Son avocate, Chirinne Ardakani, affirme qu’elle se trouve « entre la vie et la mort ».
Une hospitalisation après plusieurs alertes médicales
La militante de 54 ans a été transférée début mai vers un hôpital de la région de Zanjan, dans le nord de l’Iran. Dans un communiqué publié vendredi, sa fondation avait évoqué une « dramatique détérioration de son état de santé », marquée par deux épisodes de perte totale de conscience et une crise cardiaque.
Son avocate a indiqué, lors d’un point presse organisé à Paris par son comité de soutien, que les proches de Narges Mohammadi craignaient désormais pour sa vie. « Nous n’avons jamais eu aussi peur pour la vie de Narges, elle risque à tout moment de nous quitter », a déclaré Me Chirinne Ardakani.
Franceinfo rapporte également qu’elle est hospitalisée sous assistance respiratoire. Les soutiens de la militante demandent son transfert à Téhéran, afin qu’elle puisse être suivie par son équipe médicale personnelle.
« Les formulations publiques insistent à la fois sur l’urgence médicale et sur le statut de détenue politique de Narges Mohammadi. »
Une militante détenue depuis décembre
Narges Mohammadi est détenue en Iran depuis décembre, après son arrestation à Mashhad, dans l’est du pays. Selon les éléments rendus publics par ses soutiens, cette arrestation est intervenue après des critiques adressées aux autorités religieuses iraniennes lors d’une cérémonie funéraire.
En février, elle a été condamnée à six ans de prison pour atteinte à la sécurité nationale et à un an et demi d’emprisonnement pour propagande contre le système islamique iranien. Les autorités iraniennes n’ont pas fourni, dans les éléments disponibles, de version détaillée sur son état de santé actuel.
La militante a reçu le prix Nobel de la paix en 2023 pour son engagement en faveur des droits humains, contre la peine de mort et contre l’obligation vestimentaire imposée aux femmes en Iran. Ses enfants, Ali et Kiana Rahmani, vivent en France et avaient reçu le prix Nobel en son nom alors qu’elle était en prison.
Des soutiens qui dénoncent un défaut de soins
Le comité de soutien de Narges Mohammadi affirme que sa prise en charge médicale reste insuffisante. Son avocate indique qu’elle a perdu 20 kg en prison, qu’elle éprouve des difficultés à s’exprimer et qu’elle est « méconnaissable » par rapport à son état avant sa dernière arrestation.
Amnesty International a accusé les autorités iraniennes de mettre sa vie en danger par un refus de soins spécialisés et fournis en temps utile. La secrétaire générale de l’organisation, Agnès Callamard, estime que Narges Mohammadi a besoin de soins d’urgence dans un hôpital à Téhéran.
Le responsable Moyen-Orient de Reporters sans frontières, Jonathan Dagher, a également déclaré que la militante se trouvait « entre la vie et la mort ». Les organisations mobilisées appellent à une intervention diplomatique, notamment de la France, où vivent ses enfants et son mari.
Une affaire suivie hors d’Iran
L’état de santé de Narges Mohammadi intervient dans un contexte de forte attention internationale autour des prisonniers politiques iraniens. Ses soutiens rappellent qu’elle a été incarcérée à plusieurs reprises au cours des vingt-cinq dernières années.
Son avocate a aussi rapproché la situation de précédents concernant d’autres lauréats ou opposants. Certains sont morts en détention ou en détention médicale. Ces comparaisons relèvent des déclarations de ses soutiens et ne remplacent pas les informations médicales directement vérifiées.
À ce stade, les éléments confirmés concernent son hospitalisation, les déclarations de son avocate, les informations de sa fondation et les demandes de plusieurs organisations de défense des droits humains.
Un état médical encore documenté par ses soutiens
La situation connue repose principalement sur les informations communiquées par la fondation de Narges Mohammadi, son avocate et plusieurs organisations de soutien. Elles font état d’une hospitalisation, d’un état critique et d’une demande de transfert médical vers Téhéran.
Les autorités iraniennes n’ont pas, dans les éléments disponibles, précisé publiquement le détail de sa prise en charge, son diagnostic complet ou les conditions exactes de son hospitalisation. La distinction reste donc nécessaire entre les faits établis, les déclarations de ses soutiens et les informations médicales encore non documentées publiquement.
La suite dépendra de l’évolution de son état de santé, de l’accès aux soins demandé par ses proches et d’éventuelles prises de position officielles des autorités iraniennes ou d’acteurs diplomatiques.