Hantavirus : l’OMS confirme deux cas sur le MV Hondius et soupçonne une transmission interhumaine

Le navire de croisière MV Hondius reste placé sous surveillance sanitaire après trois décès, deux cas confirmés d’hantavirus et cinq cas suspects, tandis que l’Espagne prévoit un accueil aux Canaries sous conditions médicales strictes.

Hantavirus : l’OMS confirme deux cas sur le MV Hondius et soupçonne une transmission interhumaine

Image générée par Fokon


L’Organisation mondiale de la santé a confirmé deux cas d’hantavirus et cinq cas suspects liés au navire de croisière MV Hondius, immobilisé près du Cap-Vert. Trois personnes ayant voyagé à bord sont mortes. L’OMS soupçonne une transmission interhumaine limitée entre contacts proches, tout en indiquant que le risque pour le grand public reste faible. Le bâtiment doit être accueilli aux îles Canaries d’ici trois à quatre jours, après l’évacuation de plusieurs personnes malades via le Cap-Vert.

Le MV Hondius immobilisé après trois décès

Le MV Hondius, navire de croisière néerlandais exploité par Oceanwide Expeditions, reliait Ushuaïa, en Argentine, à l’archipel du Cap-Vert. Il mouille depuis plusieurs jours près du port de Praia, avec 88 passagers et 59 membres d’équipage de 23 nationalités.

Selon l’OMS, trois passagers sont morts après avoir présenté des symptômes compatibles avec une infection à hantavirus. Parmi eux figurent un couple de Néerlandais et une passagère allemande. Un premier cas avait été confirmé chez un Britannique évacué depuis l’île de l’Ascension. Il avait été transféré vers Johannesburg, en Afrique du Sud.

Un deuxième cas a ensuite été confirmé chez une passagère néerlandaise de 69 ans, décédée le 26 avril à Johannesburg. Elle avait quitté le navire à Sainte-Hélène, avant de prendre un vol vers l’Afrique du Sud. L’OMS recherche désormais les passagers du vol Sainte-Hélène-Johannesburg à bord duquel elle avait voyagé.

Deux cas confirmés et cinq cas suspects

L’OMS fait état de sept cas au total : deux confirmés et cinq suspectés. Parmi les cas suspects figurent notamment des personnes encore présentes à bord, dont deux membres d’équipage présentant des symptômes. Trois personnes doivent être évacuées via le Cap-Vert, avant un transfert médical.

Oceanwide Expeditions indique qu’aucun nouveau cas symptomatique n’a été identifié à bord. Les passagers ont été invités à rester dans leurs cabines, afin de limiter les contacts. Des équipes médicales sont montées à bord pour examiner les personnes malades et recueillir les données nécessaires à l’enquête épidémiologique.

L’hantavirus est généralement transmis à l’homme par des rongeurs, notamment par contact avec leurs excréments, leur urine ou des poussières contaminées. Dans ce dossier, l’OMS indique ne pas avoir été informée de la présence de rats à bord du navire.

« Le foyer est décrit à la fois par son bilan sanitaire, son mode de transmission suspecté et les conditions d’accueil du navire. »

Une transmission entre humains encore à confirmer

L’OMS soupçonne qu’un ou plusieurs premiers cas aient été infectés avant l’embarquement, puis qu’une transmission interhumaine ait eu lieu à bord. Cette hypothèse reste en cours d’examen. Maria Van Kerkhove, responsable à l’OMS, précise qu’une telle transmission suppose des contacts très proches.

L’organisation insiste sur la différence avec des virus respiratoires plus facilement transmissibles. Elle indique que le hantavirus ne se propage pas comme la grippe ou le Covid-19. Le risque pour le grand public est présenté comme faible à ce stade.

Le variant exact du virus n’est pas encore identifié. Le séquençage est en cours en Afrique du Sud. L’hypothèse de travail de l’OMS porte sur un virus des Andes, un type d’hantavirus déjà associé à des transmissions limitées entre contacts proches.

Un accostage aux Canaries après plusieurs annonces successives

La destination du navire a fait l’objet de plusieurs annonces successives. L’OMS avait d’abord indiqué que l’Espagne acceptait l’accostage aux Canaries. Le ministère espagnol de la Santé avait ensuite précisé qu’aucune décision définitive ne serait prise avant l’analyse des données épidémiologiques.

Le ministère espagnol a finalement annoncé que le MV Hondius serait accueilli aux îles Canaries d’ici trois à quatre jours. Le port exact n’est pas encore défini. Une fois sur place, les passagers et les membres d’équipage doivent être examinés, pris en charge, puis transférés vers leurs pays respectifs.

Avant ce départ, trois personnes doivent être évacuées par le Cap-Vert. Un médecin du navire, dont l’état est décrit comme grave par les autorités espagnoles, doit aussi être transporté vers les Canaries dans un avion médicalisé, à la demande des Pays-Bas.

« Les annonces successives distinguent l’accord de principe sur l’accueil, le choix du port et les conditions sanitaires d’arrivée. »

Une enquête sanitaire encore en cours

Le MV Hondius reste soumis à une prise en charge sanitaire coordonnée entre l’OMS, le Cap-Vert, l’Espagne, les Pays-Bas et les autorités concernées par les passagers. Les faits établis portent sur les décès, les deux cas confirmés, les cinq cas suspects, le confinement à bord et le calendrier d’accueil annoncé aux Canaries.

Plusieurs éléments restent à préciser. L’origine exacte de la contamination n’est pas établie. Le variant du virus doit encore être identifié par séquençage. La transmission entre humains est une hypothèse de travail de l’OMS, fondée sur les premiers éléments disponibles, mais elle n’est pas encore définitivement confirmée.

La suite dépendra des résultats de l’enquête épidémiologique, de l’état des personnes évacuées, du choix du port d’arrivée aux Canaries et de la prise en charge des passagers du vol Sainte-Hélène-Johannesburg.


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