Périscolaire à Paris : 18 mois avec sursis requis contre un animateur jugé

Un ancien animateur de l’école Titon, dans le 11e arrondissement de Paris, a comparu pour harcèlement sexuel sur neuf fillettes et agressions sexuelles sur trois d’entre elles.

Périscolaire à Paris : 18 mois avec sursis requis contre un animateur jugé

Image générée par Fokon


Nicolas G., 47 ans, ancien animateur périscolaire à l’école Titon, dans le 11e arrondissement de Paris, a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris. Il est poursuivi pour harcèlement sexuel sur neuf élèves et agressions sexuelles sur trois d’entre elles. Les faits dénoncés concernent des fillettes âgées de 9 à 10 ans en 2024.

Un premier procès dans les affaires du périscolaire parisien

Cette audience constitue le premier procès lié aux affaires de violences sexuelles signalées dans le périscolaire parisien depuis le début de l’année 2026. Le prévenu, employé par la Ville de Paris, travaillait dans une école élémentaire du 11e arrondissement.

Selon les éléments rapportés à l’audience, l’homme est accusé de propos à caractère sexuel, de surnoms déplacés, de gestes imposés et d’agressions sexuelles sur certaines élèves. Il conteste les faits. L’agent avait été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire.

Le tribunal a ordonné le huis clos, notamment en raison de la médiatisation de l’affaire et de la nature des faits examinés. Plusieurs familles se sont constituées parties civiles. Certaines étaient représentées par des avocats, d’autres se sont présentées sans conseil.

Des faits dénoncés par plusieurs élèves de CM2

Les accusations portent sur des comportements répétés au sein du cadre périscolaire. Des fillettes ont décrit des propos, des dessins à caractère sexuel, des câlins forcés, des contacts physiques et des gestes déplacés.

Le dossier vise neuf anciennes élèves de CM2. Le prévenu répond de harcèlement sexuel à leur encontre et d’agressions sexuelles sur trois d’entre elles. Les qualifications retenues restent celles examinées par le tribunal correctionnel, qui doit encore rendre sa décision.

Les familles ont évoqué à l’audience les difficultés rencontrées pour comprendre puis signaler les éléments rapportés par leurs enfants. Une mère citée par franceinfo a déclaré : « On n’a pas compris le mal-être de notre fille. »

« Les formulations publiques distinguent le procès individuel de Nicolas G. et les alertes plus larges sur le périscolaire parisien. »

Dix-huit mois avec sursis probatoire requis

Le parquet a requis dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis probatoire contre Nicolas G. Cette peine, si elle était prononcée, serait accompagnée d’obligations et d’interdictions.

Le procureur a demandé une interdiction d’entrer en contact avec les victimes, de paraître à nouveau dans l’école où il travaillait et d’exercer une activité avec des mineurs. Il a également requis une obligation de soins et d’indemnisation.

La décision du tribunal doit être rendue le 16 juin. D’ici là, le prévenu reste présumé innocent. Les réquisitions du parquet ne constituent pas une condamnation.

Un dossier inscrit dans une crise municipale plus large

Ce procès intervient dans un contexte de signalements dans le périscolaire parisien. Depuis le début de l’année 2026, 78 agents ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles, selon les éléments rendus publics.

La Ville de Paris a annoncé un plan d’action de 20 millions d’euros pour le périscolaire. Il prévoit notamment une simplification de la chaîne de signalement, une cellule d’écoute dédiée et une professionnalisation de la filière.

Des parents et le collectif SOS Périscolaire estiment que les changements restent insuffisants. Selon franceinfo, une lettre adressée au maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a réuni 3 775 signataires. Parmi eux figurent plus de 2 300 parents. Les syndicats de la profession ont aussi appelé à une grève entre le 11 et le 22 mai.

Une décision attendue le 16 juin

À l’issue de l’audience, aucune condamnation n’a encore été prononcée. Le tribunal doit décider, le 16 juin, s’il retient les qualifications de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles.

Les faits établis à ce stade concernent l’ouverture de l’audience, les poursuites engagées, les réquisitions du parquet et les mesures demandées en cas de condamnation. Les accusations portées contre Nicolas G. restent contestées par le prévenu et doivent être tranchées par le tribunal.

La suite dépendra du jugement rendu et des éventuelles décisions civiles ou disciplinaires liées au dossier. Elle s’inscrit aussi dans le suivi des signalements concernant le périscolaire parisien, sans que ce procès permette à lui seul d’établir la responsabilité d’autres agents ou services.


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