La Russie a rejeté le cessez-le-feu unilatéral annoncé par l’Ukraine et poursuivi ses frappes dans plusieurs régions ukrainiennes dans la nuit du 5 au 6 mai 2026. Kiev avait déclaré une trêve à durée indéterminée, en réponse à une proposition russe de cessez-le-feu pour les commémorations du 9 mai, marquant la victoire soviétique sur l’Allemagne nazie. Malgré cette annonce, les autorités ukrainiennes ont accusé Moscou d’avoir lancé 108 drones et trois missiles dans la nuit, violant ainsi la trêve.
Une trêve unilatérale non respectée
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé lundi une trêve à partir de minuit dans la nuit du 5 au 6 mai, précisant que Kiev répondrait « de manière symétrique » à toute violation. Pourtant, dès les premières heures du 6 mai, des frappes russes ont été signalées dans les régions de Kharkiv, Zaporijjia et Soumy. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a déclaré que ces attaques « se sont poursuivies toute la nuit », faisant au moins une victime civile dans la région de Soumy. Deux personnes ont également été blessées à Kharkiv, et un équipement industriel a été touché à Zaporijjia.
De son côté, le ministère russe de la Défense a affirmé avoir abattu 53 drones ukrainiens au-dessus de son territoire entre 21h et 7h (heure de Moscou). Cependant, les horaires ne permettent pas de confirmer si ces attaques ont eu lieu après l’entrée en vigueur de la trêve ukrainienne.
Un bilan humain lourd avant la trêve
La journée du 5 mai avait été marquée par des frappes russes meurtrières, faisant au moins 28 morts selon les autorités locales. Douze personnes ont péri à Zaporijjia, six à Kramatorsk, quatre à Dnipro, quatre à Poltava, une à Kharkiv et une à Nikopol. Une attaque ukrainienne en Crimée, peu avant l’entrée en vigueur de la trêve, avait également fait cinq morts, selon les autorités locales installées par Moscou.
Volodymyr Zelensky a dénoncé le « cynisme absolu » de la Russie, qui demande un cessez-le-feu pour des « célébrations de propagande » tout en poursuivant ses frappes. « Nous avons besoin de l’arrêt de telles frappes chaque jour, et pas seulement de quelques heures au nom de célébrations », a-t-il déclaré.
Des trêves rivales et des tensions persistantes
La Russie avait annoncé une trêve unilatérale pour les 8 et 9 mai, dates des commémorations de la victoire de 1945. Kiev a répondu en décrétant sa propre trêve à partir du 6 mai, créant une situation de « guerre des trêves ». Moscou a justifié son refus d’un cessez-le-feu durable en affirmant qu’il permettrait à l’Ukraine de renforcer ses défenses. La Russie exige notamment que Kiev cède la région de Donetsk, partiellement contrôlée par ses forces, avant tout arrêt des combats.
Par ailleurs, Moscou a averti les ambassades étrangères à Kiev d’évacuer leur personnel en raison de possibles « frappes de représailles » si l’Ukraine perturbait les célébrations du 9 mai. Cette mise en garde intervient dans un contexte d’intensification des attaques de drones ukrainiens sur le territoire russe, poussant le Kremlin à renforcer ses défenses aériennes autour de Moscou.
Des combats qui se poursuivent malgré les appels à la désescalade
Sur le front, les combats n’ont pas cessé. Un officier ukrainien a indiqué à l’AFP que les forces russes n’avaient pas respecté la trêve dans le secteur de Kramatorsk, dernière grande ville sous contrôle ukrainien dans la région de Donetsk. « L’ennemi n’a pas accepté les conditions du cessez-le-feu et ne s’y est pas conformé ; par conséquent, conformément à l’ordre du président ukrainien, notre unité a répondu de la même manière », a-t-il déclaré.
Un autre militaire a précisé que la nuit avait été « plus calme que d’habitude sur la ligne de front », mais que « l’intensité des opérations de combat reste au même niveau ». Selon l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), la Russie a perdu environ 120 km² de territoire en avril, une première depuis l’été 2023.
« Les récits alternent entre “trêve unilatérale”, “violation” et “réponse symétrique”, reflétant la difficulté à qualifier une situation où chaque camp attribue à l’autre la responsabilité des hostilités. »
Prochaines étapes et incertitudes
La situation reste tendue, avec des incertitudes sur le respect des trêves annoncées. Les célébrations du 9 mai en Russie, marquées par un défilé réduit sur la place Rouge, pourraient être perturbées par des attaques ukrainiennes, justifiant les mises en garde de Moscou. Du côté ukrainien, la réponse « symétrique » promise par Zelensky dépendra des actions russes dans les prochaines heures.
La publication de bilans consolidés et les déclarations des deux camps permettront d’évaluer l’évolution des hostilités. Les prochains jours seront également cruciaux pour déterminer si les trêves, même unilatérales, auront un impact sur l’intensité des combats.