L’Insee a publié les résultats du chômage pour le quatrième trimestre 2025. Le taux s’établit à 7,9 % de la population active en France, en hausse de 0,6 point sur un an. Cela représente environ 2,5 millions de personnes sans emploi et immédiatement disponibles pour travailler. Cette publication intervient alors qu’Emmanuel Macron avait fixé un objectif de plein-emploi, défini comme un taux proche de 5 %, d’ici à la fin de son second mandat.
La progression concerne l’ensemble du marché du travail, mais elle est plus marquée chez les 15-24 ans. Le taux de chômage des jeunes atteint 21,5 %, en hausse de 2,4 points sur un an. Les seniors figurent également parmi les catégories exposées à des difficultés d’insertion ou de maintien en emploi.
« 5 % visés, 7,9 % constatés : les décimales comptent quand l’objectif était chiffré. »
Un marché du travail marqué par la précarité
Au-delà du taux global, les données soulignent la progression des formes d’emploi précaires. Les contrats courts et l’intérim représentent une part importante des embauches. L’Insee distingue le chômage au sens du Bureau international du travail, fondé sur des critères précis de disponibilité et de recherche active d’emploi, d’autres situations relevant du sous-emploi.
Des salariés du secteur des énergies renouvelables ont manifesté près de l’Assemblée nationale et à Montpellier. Ils évoquent l’incertitude liée à l’attente d’une feuille de route énergétique, document stratégique fixant les orientations publiques en matière de production et de transition énergétique.
La question de l’insertion des jeunes est également abordée à travers l’apprentissage. François Hommeril, président de la CFE-CGC, met en avant la formation comme levier pour réduire le chômage des jeunes. L’apprentissage repose sur un contrat de travail spécifique combinant formation en entreprise et enseignement théorique.
« Quand le contrat change de nom, le débat sur la stabilité revient au même point. »
Le « CDI jeunes » relance la discussion sur la protection
Dans ce contexte, le président du MEDEF propose la création d’un « CDI jeunes ». Le contrat à durée indéterminée constitue la forme standard de contrat de travail en France. La proposition viserait à adapter certaines règles afin de faciliter l’embauche des moins de 30 ans, notamment en matière de rupture du contrat.
Cette idée suscite des réactions contrastées. Certains économistes évoquent un ajustement des règles du marché du travail pour lever des freins à l’embauche. D’autres soulignent le risque de créer un statut distinct pour les jeunes, avec des protections différenciées.
À l’étranger, le débat sur l’emploi prend d’autres formes. Au Royaume-Uni, le dirigeant de Tesco alerte sur une progression du nombre de personnes hors emploi et dépendantes des aides publiques. Aux États-Unis, la Maison Blanche prépare la publication d’un rapport sur l’emploi, dans un contexte de signes de ralentissement.
En parallèle, les transformations liées aux plateformes numériques et à l’intelligence artificielle alimentent les réflexions sur l’évolution des métiers. Certains dirigeants de la tech évoquent des suppressions potentielles d’emplois, tandis que d’autres insistent sur les besoins d’adaptation et de formation.
Des indicateurs en attente et des choix à trancher
Les chiffres publiés par l’Insee fixent le niveau du chômage à la fin de l’année 2025. Les propositions patronales et syndicales portent sur les règles d’embauche, la formation et la sécurisation des parcours. Les arbitrages relèvent du cadre législatif et des négociations sociales.
Les prochaines publications statistiques confirmeront-elles une stabilisation ou une poursuite de la hausse ? La création éventuelle d’un contrat spécifique pour les jeunes modifiera-t-elle les conditions d’entrée sur le marché du travail ?