Le ministre de la justice Gérald Darmanin a annoncé la présentation de deux projets de loi distincts portant sur la réforme pénale. Cette décision intervient dans un contexte de saturation des juridictions criminelles et de calendrier parlementaire contraint. Les textes doivent être présentés séparément afin de permettre une adoption partielle avant l’été.
Une réforme scindée pour tenir le calendrier
Initialement conçue comme un projet unique, la réforme est désormais répartie en deux volets législatifs. Le premier texte portera sur l’organisation de la justice criminelle, avec l’objectif affiché de réduire les délais de jugement. Le second concernera l’exécution des peines, incluant des modifications des règles applicables après la condamnation.
« Deux textes, même urgence, et toujours le même calendrier qui dicte le tempo. »
Le ministère a justifié cette scission par le nombre limité de créneaux parlementaires disponibles. Une partie des mesures pourrait ainsi être définitivement adoptée avant la mi-juillet. Les autres dispositions seraient examinées lors d’une étape législative ultérieure.
Délais de jugement et stocks de dossiers
Le garde des Sceaux a mis en avant l’existence de plusieurs milliers de dossiers criminels en attente de jugement. Cette situation est présentée comme un frein au fonctionnement normal de la justice pénale. Le premier projet de loi vise notamment à réduire ces délais, en modifiant certaines procédures applicables aux crimes.
La justice criminelle concerne les infractions les plus graves, jugées par les cours criminelles ou les cours d’assises. Les délais de jugement dépendent à la fois de la complexité des affaires et des moyens humains et matériels disponibles.
Exécution des peines et mesures envisagées
Le second texte portera sur l’exécution des peines, c’est-à-dire la phase suivant la condamnation définitive. Parmi les pistes évoquées figurent la suppression de l’aménagement de peine obligatoire pour certaines condamnations et l’expérimentation de peines de prison de très courte durée.
Ces dispositions relèvent du droit de l’application des peines. Ce cadre juridique encadre les conditions dans lesquelles une sanction est exécutée, aménagée ou transformée. Leur adoption nécessite un débat parlementaire distinct de celui portant sur la procédure de jugement.
« Réformer vite, juger plus court, exécuter autrement : le découpage devient une méthode. »
Les points encore en suspens
À ce stade, le contenu précis des mesures reste en cours de finalisation. Leur calendrier d’examen dépendra de l’ordre du jour parlementaire. Les modalités d’application concrètes des nouvelles règles devront être précisées lors des débats.
Les deux textes suivront-ils des trajectoires législatives distinctes ou convergentes, et quels ajustements seront apportés au fil des discussions parlementaires ?