Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour injure publique à caractère raciste après des propos tenus fin mars sur une chaîne d’information au sujet de Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis. Cette ouverture fait suite à une plainte déposée par l’élu. Une seconde enquête a également été lancée pour des faits de cyberharcèlement sur le réseau X, également liés à sa couleur de peau. Le préfet de Seine-Saint-Denis s’est constitué partie civile dans ce dossier, selon les éléments rapportés.
Une plainte suivie de deux procédures distinctes
La première procédure vise les propos tenus à l’antenne lors d’un débat télévisé. Plusieurs récits précisent qu’ils ont été prononcés par le psychologue Jean Doridot. L’enquête a été confiée à un service spécialisé dans la lutte contre la haine en ligne. Elle porte sur la qualification d’injure publique à caractère raciste.
En parallèle, une autre procédure concerne les messages et attaques diffusés sur X contre Bally Bagayoko. Cette enquête distincte porte sur un cyberharcèlement décrit comme lié à sa couleur de peau. Les deux procédures ont donc le même plaignant, mais ne portent pas sur les mêmes faits ni sur les mêmes supports.
«Les récits distinguent nettement les propos tenus à l’antenne et la campagne en ligne, tout en les reliant à la même séquence visant Bally Bagayoko.»
Une séquence qui dépasse le seul cadre judiciaire
Plusieurs réactions publiques ont suivi l’annonce de l’enquête. Yaël Braun-Pivet a déclaré que « la République doit être à ses côtés », en appelant à davantage de fermeté. Arié Alimi, pour la Ligue des droits de l’homme, a estimé que la diffusion de la chaîne « devrait être remise en question ». Bally Bagayoko a, pour sa part, demandé la fermeture de la chaîne concernée.
Une autre séquence a prolongé la polémique autour de déclarations tenues à l’antenne. L’intervention de Mémona Hintermann-Afféjee a suscité des réactions à La Réunion. Huguette Bello a demandé l’ouverture d’une procédure pour débaptiser le lycée qui porte le nom de l’ancienne journaliste. Ces réactions ne relèvent pas de la même procédure judiciaire, mais s’inscrivent dans le prolongement public de l’affaire.
Le maire de Saint-Denis au centre d’une campagne de haine
Les éléments rapportés présentent Bally Bagayoko comme la cible d’attaques répétées depuis son élection municipale. Certains récits évoquent une campagne de haine plus large que les seuls propos tenus à l’antenne. C’est dans ce cadre qu’est mentionnée l’enquête pour cyberharcèlement sur X.
Le dossier associe donc un volet pénal immédiat, lié à la plainte pour injure publique à caractère raciste, et un volet plus large portant sur la diffusion et la reprise de messages hostiles en ligne. À ce stade, les faits établis portent sur l’ouverture des enquêtes et sur les premières prises de position institutionnelles et politiques qui ont suivi.
Une instruction à préciser sur plusieurs points
À ce stade, deux enquêtes ont été ouvertes, l’une sur les propos diffusés à l’antenne, l’autre sur les messages publiés en ligne. La plainte de Bally Bagayoko a enclenché la première procédure, et le préfet de Seine-Saint-Denis s’est constitué partie civile. Les réactions publiques ont élargi la séquence au-delà du seul terrain judiciaire.
L’enquête sur l’injure raciste visera-t-elle une ou plusieurs personnes identifiées pour les propos tenus à l’antenne ? La procédure pour cyberharcèlement permettra-t-elle d’établir un lien précis entre les messages en ligne et la séquence ouverte par les propos télévisés ?