Une fusillade a eu lieu sur le site archéologique de Teotihuacan, dans l’État de Mexico, à la mi-journée du 20 avril. Une touriste canadienne a été tuée et treize touristes étrangers ont été blessés. L’auteur des tirs, un Mexicain de 27 ans identifié par les autorités comme Julio César Jasso Ramírez, s’est ensuite suicidé. Le lendemain, le procureur général de l’État de Mexico, José Luis Cervantes Martínez, a affirmé que l’attaque « n’était pas spontanée » et qu’elle avait été préparée à l’avance.
Une attaque menée sur la pyramide de la Lune
Les tirs ont été effectués depuis la pyramide de la Lune, l’un des points les plus fréquentés du site. Des vidéos diffusées après les faits montrent un homme armé tirant par intermittence alors que des visiteurs cherchent à s’abriter. Le site, situé à une cinquantaine de kilomètres de Mexico, accueille chaque jour des groupes de touristes mexicains et étrangers.
Le bilan communiqué par les autorités fait état d’une victime canadienne et de treize blessés. Plusieurs personnes ont été touchées par balle, dont un enfant de six ans. Parmi les blessés figurent des Colombiens, des Brésiliens, des Américains, une Canadienne et un ressortissant russe. Les premiers récits ont parfois décrit une « agression directe », avant que l’enquête ne soit recentrée sur la préparation de l’attaque et sur le parcours du tireur avant son passage à l’acte.
« Les premiers récits insistent sur la scène de fusillade, puis les formulations basculent vers la préméditation et le repérage du site. »
Un repérage préalable et du matériel retrouvé sur place
Le procureur José Luis Cervantes Martínez a indiqué que l’assaillant s’était rendu à plusieurs reprises à Teotihuacan avant les faits. Selon lui, il avait séjourné dans des hôtels situés à proximité et avait repéré les lieux. « Ce n’était pas spontané », a déclaré le procureur, en présentant les premiers résultats de l’enquête.
Les autorités ont aussi indiqué avoir retrouvé un sac à dos contenant le pistolet utilisé, un couteau et 52 munitions. Elles ont ajouté que des textes, images et manuscrits liés à des faits violents survenus aux États-Unis en avril 1999 figuraient parmi les éléments saisis. Plusieurs articles ont mentionné une référence à la tuerie de Columbine. Une touriste américaine citée comme témoin a affirmé que le tireur avait évoqué le fait que le lieu était fait pour les sacrifices et non pour « nos petites photos », tout en faisant référence à l’anniversaire du massacre de Columbine.
Une enquête encore ouverte sur le mobile exact
Malgré ces premiers éléments, le mobile exact n’est pas entièrement établi. Les autorités mexicaines ont livré plusieurs indications, sans conclure définitivement sur une cible précise ou sur une appartenance à un groupe criminel.
Claudia Sheinbaum a déclaré que l’agresseur avait des « problèmes psychologiques » et qu’il ne s’agissait « pas d’un fait lié à la délinquance ». D’autres formulations, au début de la séquence, évoquaient une possible « agression directe », sans davantage de précisions sur un éventuel lien entre le tireur et la victime canadienne. Le nom de l’assaillant a circulé rapidement, de même que son âge et le fait qu’il aurait agi seul. Mais l’enquête reste chargée d’établir pourquoi il a choisi ce site, pourquoi il s’est positionné sur la pyramide de la Lune et s’il visait des personnes déterminées ou un public plus large.
La sécurité des sites touristiques remise en cause
L’attaque a immédiatement provoqué une réaction au plus haut niveau de l’État mexicain. Claudia Sheinbaum a demandé un renforcement des contrôles pour empêcher l’introduction d’armes à feu dans les sites archéologiques et touristiques. « Il est évident que nous devons renforcer la sécurité », a-t-elle déclaré.
Plusieurs éléments rappellent que Teotihuacan est l’un des sites touristiques les plus visités du pays. Entre janvier et juillet 2025, il aurait accueilli près d’un million de visiteurs, ce qui en faisait le deuxième site archéologique le plus fréquenté du Mexique derrière Chichén Itzá. Le voyagiste Estur a indiqué avoir annulé les visites prévues le lendemain de l’attaque. Son directeur a déclaré qu’à l’heure actuelle on « ne contrôle jamais » personne à l’entrée du site.
L’Institut national d’anthropologie et d’histoire a d’abord annoncé la fermeture du site. Sa réouverture avec un protocole de sécurité renforcé a ensuite été évoquée dans plusieurs versions relayées dans la journée.
« Les déclarations officielles parlent de “renforcement des contrôles”, tandis que des acteurs du tourisme décrivent l’absence de contrôle à l’entrée. »
Un site symbolique à quelques semaines du Mondial
La fusillade a eu lieu à moins de deux mois de la Coupe du monde 2026, coorganisée par le Mexique, les États-Unis et le Canada. Mexico doit accueillir le match d’ouverture le 11 juin et plusieurs articles rappellent qu’une hausse de la fréquentation touristique est attendue à cette occasion.
Ce contexte explique la rapidité de la réponse politique sur la sécurisation des sites très visités. La présidence mexicaine a relié la séquence de Teotihuacan à la nécessité de renforcer les dispositifs de contrôle dans les lieux touristiques. Certains articles soulignent qu’il s’agit d’un type d’attaque rarement signalé sur des sites archéologiques de cette importance. L’affaire ne se limite donc pas au bilan humain immédiat. Elle ouvre aussi une séquence sur la sécurité des grands lieux touristiques mexicains dans une période de forte exposition internationale.
Une enquête avancée, des zones encore non tranchées
À ce stade, les autorités mexicaines ont établi plusieurs éléments matériels : le lieu précis de l’attaque, l’identité de l’assaillant, son suicide après les tirs, la présence d’armes et de munitions, ainsi qu’un repérage antérieur du site. Elles ont aussi retenu la préméditation comme qualification descriptive centrale de la séquence.
En revanche, le mobile exact de l’attaque n’est pas encore entièrement clarifié. La victime canadienne était-elle visée personnellement, ou le site lui-même a-t-il été choisi comme théâtre d’une attaque contre des visiteurs pris au hasard ? Le renforcement annoncé des contrôles modifiera-t-il durablement l’accès et la sécurité sur les grands sites touristiques mexicains ?