Un lycéen de 15 ans, scolarisé à Bagnols-sur-Cèze, est mort le 17 avril lors d’un stage d’observation en entreprise dans le Gard. Selon les premiers éléments communiqués par le parquet de Nîmes, l’adolescent conduisait un chariot élévateur dans la zone extérieure d’une entreprise de matériaux. L’engin s’est renversé, provoquant son écrasement. Le parquet a ouvert une information judiciaire pour homicide involontaire dans le cadre du travail.
Une information judiciaire ouverte sur les circonstances du stage
L’enquête vise à établir les circonstances exactes du stage, de la prise de possession du chariot élévateur et de sa conduite. Elle doit aussi déterminer les éventuels manquements aux règles de sécurité et leur imputation. Les investigations sont menées avec l’inspection du travail et les services de police.
La procureure de Nîmes, Cécile Gensac, a indiqué que les vérifications devaient porter sur les « circonstances exactes de déroulement du stage du mineur, de prise de possession et conduite du chariot » ainsi que sur les « manquements aux règles de sécurité ». La mère de la victime a, de son côté, évoqué de « gros manquements » et annoncé sa volonté de saisir la justice.
« Les récits alternent entre “stagiaire”, “lycéen”, “élève de seconde” ou “adolescent de 15 ans” pour désigner la même victime. »
Le gouvernement lance une mission pour revoir la sécurité des stages
À la suite du drame, le gouvernement a annoncé une mission conjointe des inspections générales des affaires sociales et de l’éducation. Son objectif affiché est de « renforcer les conditions de sécurité » des stages d’observation de troisième et de seconde.
Édouard Geffray a déclaré qu’il fallait « mieux sécuriser encore les stages de mineurs en milieu professionnel ». Il a aussi rappelé que ces séquences étaient des « stages d’observation » au cours desquels un élève « ne peut rien faire d’autre que poser des questions ». « On n’est pas censé faire des branchements électriques ou conduire un chariot élévateur », a-t-il précisé.
Des modifications envisagées pour les stages de 3e et de 2de
Le gouvernement ne remet pas en cause le principe des stages, mais dit vouloir en modifier l’organisation. Depuis 2005, les élèves de troisième effectuent cinq jours de stage en entreprise. Depuis 2024, les élèves de seconde générale et technologique ont un stage obligatoire de deux semaines.
Plusieurs pistes sont désormais avancées. Le ministère évoque la possibilité de répartir les périodes d’observation entre deux ou trois entreprises, sous forme plus ponctuelle, plutôt que de maintenir un stage long dans une seule structure. Selon le ministre, cette organisation limiterait l’impact pour les entreprises. Elle permettrait aussi aux élèves d’observer davantage de métiers.
D’autres positions vont plus loin. Une cinquantaine de parlementaires de gauche ont demandé la suspension des stages d’observation pour les mineurs tant qu’un cadre strict de sécurité n’est pas défini. Le père d’un autre lycéen mort en stage de seconde a, lui aussi, réclamé leur arrêt immédiat pour l’année en cours.
Un débat relancé sur la finalité pédagogique des stages
La séquence a relancé un débat sur l’utilité pédagogique de ces stages et sur le niveau réel d’encadrement des élèves mineurs en entreprise. Plusieurs articles rappellent que d’autres accidents mortels ont touché récemment des adolescents en formation ou en stage.
Édouard Geffray maintient que ces stages restent « un élément déterminant d’égalité des chances » pour faire découvrir des métiers à des jeunes qui n’y auraient pas accès autrement. D’autres voix jugent que leur intérêt pédagogique doit être repensé si les conditions de sécurité et d’encadrement ne sont pas garanties de manière plus stricte.
« Les formulations insistent soit sur la “sécurité” des stages, soit sur leur “utilité pédagogique”, sans toujours placer le débat sur le même terrain. »
Une enquête judiciaire et une réforme administrative désormais engagées
À ce stade, une procédure judiciaire est en cours pour établir d’éventuelles responsabilités dans la mort du lycéen. En parallèle, une mission administrative doit proposer rapidement des évolutions sur l’encadrement des stages de mineurs. À ce stade, deux volets se répondent : l’enquête sur les circonstances du décès et la révision des règles de sécurité applicables aux stages scolaires.
L’enquête établira-t-elle que le chariot élévateur a été utilisé dans un cadre autorisé ou en dehors des règles fixées au stage d’observation ? Les ajustements annoncés par le gouvernement modifieront-ils seulement les conditions de sécurité, ou aussi le format même des stages de troisième et de seconde ?