Les tensions restent concentrées autour de l’affrontement entre les États-Unis et l’Iran, centré sur le blocus maritime et le programme nucléaire iranien. Un front connexe se maintient aussi au sud du Liban, où Israël poursuit ses frappes contre le Hezbollah. Le conflit, déclenché le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran, se poursuit malgré un cessez-le-feu entré en vigueur début avril entre Washington et Téhéran, et une trêve distincte au Liban depuis le 17 avril.
Un blocus américain appelé à durer
Donald Trump a évoqué la possibilité de maintenir pendant plusieurs mois le blocus visant les ports iraniens. Selon des responsables américains, la Maison-Blanche privilégie cette option pour maintenir la pression sur Téhéran sans reprendre immédiatement les bombardements.
Le président américain a affirmé que les États-Unis avaient « vaincu militairement » l’Iran. Il a aussi appelé les dirigeants iraniens à « devenir intelligents, et vite », au moment où les discussions sur une reprise des négociations restent bloquées. Washington lie toujours une éventuelle sortie de crise à des garanties sur le programme nucléaire iranien.
Téhéran affirme de son côté que la guerre n’est pas terminée. Le porte-parole de l’armée iranienne, Amir Akrami-Nia, a déclaré que l’Iran ne considérait pas le conflit comme clos et disposait encore de « nombreuses cartes maîtresses ». Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a appelé à l’unité face à la pression américaine.
Au centre du blocage figure le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures. L’Iran maintient des restrictions sur la navigation, tandis que les États-Unis imposent un blocus aux ports iraniens. Une proposition iranienne visant à rouvrir le détroit sans régler immédiatement le dossier nucléaire a été jugée insuffisante par Washington.
« Le même objet est formulé autour de trois termes récurrents : blocus, négociation et garanties nucléaires. »
Le Pentagone défend le coût de la guerre
Aux États-Unis, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a été auditionné par la commission des forces armées de la Chambre des représentants. Le Pentagone a évalué le coût de la guerre contre l’Iran à 25 milliards de dollars, principalement en munitions.
Pete Hegseth a défendu la conduite militaire américaine en affirmant que l’armée « combat pour vaincre ». Plusieurs élus démocrates l’ont interrogé sur les objectifs du conflit, son coût, sa durée et le rôle du Congrès. Des parlementaires, y compris républicains, reprochent à l’exécutif un manque d’information depuis le début de l’intervention.
L’audition s’inscrit aussi dans un débat plus large sur le budget militaire américain. L’exécutif demande une hausse importante des crédits de défense pour 2027. Les responsables militaires ont aussi été interrogés sur l’usage intensif de missiles et sur l’état des stocks américains après deux mois de conflit.
Sur le plan diplomatique, Vladimir Poutine s’est entretenu avec Donald Trump. Le Kremlin affirme que le président russe a mis en garde contre les conséquences d’une nouvelle action militaire contre l’Iran. Moscou indique vouloir contribuer à un retour à la stabilité, tout en restant proche de Téhéran.
Le sud du Liban frappé malgré le cessez-le-feu
Au Liban, Israël poursuit ses frappes contre des positions qu’il attribue au Hezbollah. L’armée israélienne affirme avoir visé des infrastructures du mouvement, notamment des rampes de lancement, des entrepôts de matériel militaire, des bâtiments utilisés par ses combattants et des tunnels à la frontière.
Le ministère libanais de la Santé et les autorités locales font état de plusieurs morts dans le sud du pays. Huit personnes, dont trois secouristes, ont été tuées dans des frappes israéliennes, selon les bilans attribués aux autorités libanaises. Une nouvelle frappe a aussi tué au moins deux personnes, dont un militaire libanais, selon l’armée libanaise.
Israël affirme répondre à des tirs ou à des préparatifs d’attaque du Hezbollah. L’armée israélienne a indiqué que deux projectiles avaient été tirés depuis le Sud-Liban vers le nord d’Israël. Elle présente ces tirs comme une violation du cessez-le-feu.
Le Hezbollah conteste le cadre des négociations directes entre le Liban et Israël. Le président libanais Joseph Aoun affirme vouloir poursuivre une option diplomatique pour obtenir le retrait israélien du sud du pays, une délimitation des frontières et la fin de l’état d’hostilité. Le Hezbollah dénonce cette orientation et maintient son refus de désarmer.
« Au Liban, la trêve est décrite à la fois par sa date d’entrée en vigueur et par ses violations répétées. »
Des conséquences économiques immédiates
Le blocage d’Ormuz continue d’avoir des effets sur les marchés de l’énergie. Le baril de Brent a dépassé 119 dollars, un niveau présenté comme le plus élevé depuis 2022 ou près de quatre ans selon les références utilisées. Les cours ont fortement progressé dans un contexte d’incertitude sur la durée du blocus.
La pression s’étend aussi à l’économie iranienne. Le rial a atteint un niveau historiquement bas face au dollar, avec un taux mentionné autour de 1,80 million de rials pour un dollar. L’Iran interdit également l’exportation de son acier, après l’arrêt de plusieurs installations touchées par les conséquences du conflit.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme indique que 21 personnes ont été exécutées et plus de 4 000 arrêtées en Iran depuis le début du conflit pour des motifs politiques ou liés à la sécurité nationale. L’ONU demande notamment un moratoire sur la peine capitale. Aucune réaction officielle de Téhéran n’est mentionnée à ce stade.
Les répercussions dépassent la région. Le Programme des Nations unies pour le développement avertit que la guerre pourrait faire basculer plus de 30 millions de personnes dans la pauvreté, en raison de la hausse des coûts de l’énergie, des engrais et des produits alimentaires.
Une sortie de crise encore sans calendrier
Les prochaines étapes diplomatiques restent incertaines. Les discussions entre Washington et Téhéran devaient reprendre sous médiation pakistanaise, mais aucun nouveau cadre de négociation n’est confirmé. La proposition iranienne sur la réouverture du détroit d’Ormuz reste conditionnée, côté américain, à des garanties sur le nucléaire.
Au Liban, le cessez-le-feu demeure fragile. Israël affirme conserver le droit de frapper le Hezbollah en cas de menace, tandis que les autorités libanaises demandent une application complète de la trêve avant toute négociation directe. Le calendrier d’éventuelles discussions entre Israël et le Liban n’est pas encore fixé.
Le niveau réel du contrôle sur le détroit d’Ormuz, la durée du blocus américain et l’évolution des frappes au Liban restent les principaux points non tranchés. Le conflit se trouve dans une phase de trêves partielles et de combats localisés. Les déclarations militaires, les mesures économiques et les frappes ciblées continuent toutefois de peser sur les négociations.