Audiovisuel public : Charles Alloncle visé par une plainte avant la publication de son rapport

Le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public est visé par une plainte contre X pour « prise illégale d’intérêts » et « trafic d’influence », alors que son rapport doit être publié mardi matin.

Audiovisuel public : Charles Alloncle visé par une plainte avant la publication de son rapport

Image générée par Fokon


Charles Alloncle, député UDR et rapporteur de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur l’audiovisuel public, est visé par une plainte contre X déposée le 2 mai devant le Parquet national financier. L’association anticorruption AC!! Anti-Corruption met en cause le déroulement des travaux de la commission. Cette plainte intervient à la veille de la publication du rapport consacré à la neutralité et au financement de l’audiovisuel public.

Une plainte contre X devant le Parquet national financier

La plainte vise des faits présumés de « prise illégale d’intérêts » et de « trafic d’influence ». Elle porte sur des échanges supposés entre Lagardère News et des membres de la commission d’enquête. Ces échanges font suite à la révélation de listes de questions transmises à plusieurs députés avant des auditions.

L’association AC!! Anti-Corruption estime que Charles Alloncle aurait influencé la teneur des débats en posant des questions suggérées par la direction de Lagardère News. Cette société, contrôlée par Louis Hachette Group, a pour premier actionnaire la famille Bolloré.

À ce stade, la plainte est déposée contre X. Elle ne vaut pas mise en cause judiciaire directe par le Parquet national financier, qui devra déterminer les suites à donner. Les faits allégués relèvent donc d’accusations portées par l’association plaignante.

Charles Alloncle conteste les accusations. Invité sur RTL, il a dénoncé une « énième tentative de diversion » et affirmé ne pas s’être servi des suggestions de Lagardère News. Il a également contesté les divulgations intervenues avant la publication officielle du rapport.

« Les formulations distinguent la plainte déposée, les accusations de l’association et les faits encore à établir par l’autorité judiciaire. »

Un rapport adopté de justesse après six mois de travaux

La commission d’enquête portait sur la neutralité et le financement de l’audiovisuel public. Créée à l’automne 2025 à l’initiative du groupe d’Éric Ciotti, elle s’inscrit dans un contexte de débats récurrents sur France Télévisions, Radio France et les médias publics.

Le rapport Alloncle a été adopté par la commission la semaine précédente, par 12 voix contre 10 et 8 abstentions. Cette adoption permet sa publication, annoncée pour mardi matin sur le site de l’Assemblée nationale.

Jérémie Patrier-Leitus, député Horizons et président de la commission, s’est prononcé en faveur de la publication du document. Il a toutefois défendu ses propres orientations pour l’audiovisuel public, distinctes de celles du rapporteur.

Cette divergence entre le président de la commission et son rapporteur ajoute un élément institutionnel au dossier. Le rapport adopté est celui de Charles Alloncle, mais plusieurs groupes politiques doivent joindre leurs propres contributions pour marquer leurs positions.

Des recommandations centrées sur l’organisation et le financement

Le document compte près de 400 pages et contient plusieurs dizaines de recommandations. Une partie de ses propositions a été dévoilée avant sa publication officielle.

Parmi les mesures mentionnées figurent la suppression de France 4 et de France TV Slash, avec un redéploiement vers une offre numérique. Le rapport proposerait également une fusion de France 2 et France 5 au sein d’une grande chaîne généraliste.

D’autres pistes concernent le rapprochement entre franceinfo et France 24, ainsi que la suppression du Mouv’, antenne de Radio France dédiée aux cultures urbaines et au hip-hop. Le rapport évoque aussi une réduction des moyens consacrés à certains programmes.

Les économies avancées sont estimées à plus d’un milliard d’euros. Ce montant représente environ un quart des crédits publics alloués à l’audiovisuel public. Selon les éléments disponibles, cette somme serait redirigée vers l’entretien du patrimoine de l’État et le désendettement.

Le rapport préconise également de renforcer les règles de neutralité applicables aux figures de l’audiovisuel public. Il propose aussi de revenir à une nomination des dirigeants de France Télévisions et Radio France par l’Élysée, avec l’aval du Parlement.

« Le sujet se déplace entre deux plans distincts : la procédure judiciaire ouverte par la plainte et le contenu attendu du rapport. »

France Télévisions, Radio France et le gouvernement concernés

Les recommandations du rapport touchent directement France Télévisions et Radio France, deux piliers de l’audiovisuel public français. Même sans traduction immédiate dans une loi, ces propositions alimentent le débat sur l’organisation future du secteur.

Le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, défend de son côté une autre approche. Il estime qu’une fusion de France Télévisions et Radio France permettrait de construire un audiovisuel public plus solide, dans un cadre qu’il présente comme souverain.

La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a aussi pris position sur la nécessité d’accélérer les réformes. Elle a reçu les dirigeantes de France Télévisions et Radio France dans ce contexte, après la suspension du projet de holding commune précédemment porté par Rachida Dati.

Le rapport Alloncle intervient donc au croisement de plusieurs discussions : la place de l’audiovisuel public, son financement, ses missions, sa gouvernance et son périmètre. Ces débats ne se confondent pas avec la plainte, mais ils forment le cadre politique et institutionnel de sa publication.

Des positions divergentes avant la publication complète

Charles Alloncle défend son rapport comme une contribution à la réforme de l’audiovisuel public. Il dit souhaiter que certaines recommandations puissent être reprises dans une proposition de loi en juin.

À gauche, plusieurs responsables politiques contestent la méthode et le contenu du rapport. Certains groupes annoncent des contributions séparées, afin de se distinguer du texte adopté par la commission.

Du côté de l’exécutif, la ministre de la Culture affirme ne pas vouloir rester dans le statu quo. Les modalités exactes de la réforme restent toutefois à préciser, notamment sur la gouvernance, les moyens et les missions des entreprises publiques concernées.

Plusieurs acteurs institutionnels attendent désormais la version complète du rapport. Sa publication doit permettre de vérifier précisément les recommandations retenues, leur formulation exacte et leur éventuelle traduction parlementaire.

Une publication attendue et une procédure encore ouverte

Au moment de la publication de l’article, deux éléments sont établis : une plainte contre X a été déposée devant le Parquet national financier, et le rapport Alloncle doit être rendu public mardi matin. Charles Alloncle conteste les accusations portées par l’association AC!! Anti-Corruption.

Les éléments non tranchés concernent les suites judiciaires de la plainte, le rôle exact des différents acteurs cités et la qualification éventuelle des faits par le parquet. La plainte ouvre une séquence procédurale, mais elle ne permet pas à elle seule d’établir les infractions alléguées.

La publication complète du rapport doit préciser le contenu final des recommandations et les contributions jointes par les groupes politiques. La suite dépendra ensuite des décisions du Parquet national financier, des initiatives parlementaires éventuelles et des choix du gouvernement sur la réforme de l’audiovisuel public.


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