Hantavirus sur le navire MV Hondius : contamination confirmée, évacuations en cours et tensions autour de l’accostage

Un foyer d’hantavirus à bord du navire de croisière MV Honduis a provoqué trois décès et huit cas confirmés ou suspects, déclenchant une opération sanitaire internationale et des désaccords sur son accueil aux Canaries.

Hantavirus sur le navire MV Hondius : contamination confirmée, évacuations en cours et tensions autour de l’accostage

Image générée par Fokon


Le navire de croisière MV Hondius, immobilisé depuis dimanche au large du Cap-Vert, est au cœur d’une crise sanitaire après la confirmation d’un foyer d’hantavirus à son bord. Trois passagers sont décédés, tandis que huit cas – dont cinq suspects et trois confirmés – ont été recensés parmi les 88 passagers et 59 membres d’équipage, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). La souche identifiée, dite « des Andes », est la seule connue pour se transmettre entre humains, une caractéristique qui a accru les inquiétudes des autorités.

Une souche transmissible entre humains détectée

Le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi, a confirmé mercredi que la souche des Andes avait été identifiée chez un passager évacué vers l’Afrique du Sud. « Les premiers tests montrent qu’il s’agit bien de la souche des Andes. Il s’agit de la seule souche, parmi les 38 connues, à pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre », a-t-il déclaré. Cette transmission interhumaine, bien que rare, nécessite des contacts très rapprochés, comme l’a précisé l’OMS. « Le risque pour le grand public est faible. Il ne s’agit pas d’un virus qui se propage comme la grippe ou le Covid-19 », a souligné Maria Van Kerkhove, responsable du département de prévention des épidémies à l’OMS.

Parmi les cas confirmés figurent un couple de Néerlandais décédés les 25 et 26 avril, ainsi qu’une Allemande. Un passager suisse a également été hospitalisé à Zurich après avoir présenté des symptômes. Son épouse, asymptomatique, a été placée en isolement par précaution. Les autorités sanitaires suisses ont indiqué que le risque pour la population restait « faible », la transmission nécessitant des contacts étroits.

Évacuations et traçage des cas contacts

Trois personnes – deux membres d’équipage malades et un cas contact – ont été évacuées mercredi depuis le Cap-Vert vers les Pays-Bas. Leur état a été jugé « stable » par l’OMS, bien que l’un des membres d’équipage nécessite des soins médicaux d’urgence. Un avion médicalisé a atterri à Amsterdam dans la journée, tandis qu’un deuxième vol a été redirigé vers Grande Canarie en raison d’une panne technique. Les passagers évacués devront changer d’appareil pour poursuivre leur transfert.

Parallèlement, les autorités sanitaires poursuivent le traçage des cas contacts. Un Français a été identifié comme cas contact après avoir emprunté le même vol qu’une des personnes infectées, entre Sainte-Hélène et Johannesburg. L’OMS a lancé des recherches pour retrouver les autres passagers de ce vol, effectué le 25 avril. « Nous devons déterminer si d’autres personnes ont pu être exposées », a déclaré une représentante de l’organisation.

Un navire en route vers les Canaries malgré les réticences locales

Après l’évacuation des trois cas suspects, le MV Hondius a quitté sa zone de mouillage au large du Cap-Vert pour se diriger vers les îles Canaries. Selon la ministre espagnole de la Santé, Mónica García, le navire devrait accoster « dans un délai de trois jours » au port de Granadilla, sur l’île de Tenerife. Une fois sur place, les passagers et membres d’équipage seront examinés, pris en charge et rapatriés vers leurs pays respectifs. L’évacuation des passagers sains devrait débuter lundi 11 mai.

Cette décision a toutefois suscité des tensions avec les autorités locales. Fernando Clavijo, président des îles Canaries, a refusé l’accostage du navire, dénonçant une décision « imposée sans concertation » et « sans critère technique ». « Nous ne savons pas à quoi nous avons affaire », a-t-il déclaré, exigeant des garanties sanitaires supplémentaires. Le gouvernement espagnol a défendu une opération « coordonnée avec l’Union européenne et l’OMS », tout en précisant que le médecin du bord, gravement malade, serait évacué en urgence vers les Canaries.

Mesures sanitaires à bord et témoignages des passagers

À bord du MV Hondius, les passagers ont décrit un quotidien marqué par des mesures de confinement strictes. « Nous dînons en cabine, portons des masques et regardons des films pour passer le temps », a raconté un passager américain sur les réseaux sociaux. Un autre a évoqué « beaucoup d’incertitude » et des informations « incomplètes » de la part de l’équipage. « Il s’avère que la situation est bien pire que ce qu’on nous a dit », a-t-il ajouté.

L’OMS a insisté sur la nécessité de « contrôler rapidement ce foyer infectieux pour éviter d’autres transmissions ». L’enquête épidémiologique se poursuit pour déterminer l’origine de la contamination. Selon les autorités argentines, le navire avait fait l’objet de contrôles sanitaires avant son départ d’Ushuaïa, le 1er avril, et aucun cas de hantavirus n’avait été signalé dans la province de Terre de Feu depuis 1996. « Il est très improbable que la maladie ait été contractée localement », a indiqué le ministère argentin de la Santé.

« Les récits alternent entre “foyer épidémique”, “quarantaine” et “mesures de précaution” pour décrire la situation à bord, reflétant les incertitudes autour de la gestion de cette crise. »

Prochaines étapes : accostage, rapatriements et enquête épidémiologique

L’arrivée du MV Hondius aux Canaries marquera le début d’une nouvelle phase dans la gestion de cette crise. Les passagers sains seront rapatriés vers leurs pays d’origine, tandis que les autorités sanitaires européennes et internationales continueront d’évaluer le risque de propagation. L’enquête épidémiologique se concentrera sur l’origine de la contamination, avec une attention particulière portée sur les escales du navire en Amérique du Sud.

Les prochains jours seront déterminants pour confirmer ou infirmer l’hypothèse d’une transmission interhumaine à bord, ainsi que pour évaluer l’efficacité des mesures de confinement mises en place. Les résultats du séquençage viral, attendus prochainement, pourraient apporter des précisions sur les caractéristiques de la souche en circulation. En l’état actuel des connaissances, les spécialistes écartent un scénario comparable à celui du Covid-19, mais soulignent la nécessité de surveiller étroitement l’évolution de la situation.


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