Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi 8 mai un cessez-le-feu de trois jours entre l’Ukraine et la Russie, entrant en vigueur le 9 mai à l’occasion des commémorations russes de la victoire de 1945. Cette trêve, accompagnée d’un échange de 1 000 prisonniers de chaque côté, a été acceptée par les deux parties. Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine respecterait cette pause, tandis que Moscou a confirmé son accord. Cependant, dès le premier jour, Kiev et Moscou se sont mutuellement accusés de violations.
Un cessez-le-feu négocié par Washington
Donald Trump a présenté cette trêve comme une étape vers la fin du conflit. « Espérons que ce soit le début de la fin d’une guerre très longue, meurtrière et difficile », a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ordonné à ses forces de ne pas attaquer pendant les commémorations du 9 mai, soulignant que « la place Rouge est moins importante pour nous que la vie des prisonniers ukrainiens qui peuvent être rapatriés ». La Russie a également accepté la trêve, bien qu’elle ait déjà décrété une pause unilatérale pour les 8 et 9 mai.
« Le même cessez-le-feu est présenté comme une initiative américaine, une acceptation ukrainienne et une confirmation russe, avec des nuances sur les conditions et les attentes de chaque camp. »
Des accusations mutuelles de violations
Dès le 9 mai, les deux parties se sont accusées de ne pas respecter la trêve. Volodymyr Zelensky a déclaré que « plus de 150 assauts, plus d’une centaine de bombardements et près de 10 000 frappes de drones kamikazes » avaient été recensés en 24 heures. L’état-major ukrainien a précisé que 147 combats avaient eu lieu samedi, principalement dans les régions de Koursk, Donetsk et Zaporijia. De son côté, Moscou a accusé Kiev d’avoir lancé des attaques à l’aide de drones et d’artillerie contre ses positions.
Le ministère russe de la Défense a indiqué avoir riposté « de manière symétrique » aux violations ukrainiennes. Selon les autorités ukrainiennes, sept civils, dont un enfant, ont été blessés lors d’attaques russes dimanche. Les deux camps continuent de s’accuser mutuellement, sans qu’une confirmation indépendante ne soit disponible à ce stade.
Les commémorations du 9 mai en Russie
Les célébrations du 9 mai en Russie ont été marquées par une réduction significative du défilé militaire traditionnel. Pour la première fois depuis près de vingt ans, aucun équipement militaire n’a été présenté sur la place Rouge, et le défilé a duré seulement 45 minutes. Vladimir Poutine a prononcé un discours bref, affirmant que la guerre en Ukraine « touche à sa fin » et que son armée affrontait des « forces agressives » soutenues par l’OTAN.
« Le format réduit des commémorations est présenté comme une mesure de sécurité face aux menaces ukrainiennes, mais aussi comme un signe des difficultés rencontrées par Moscou sur le terrain. »
Les réactions internationales
L’Allemagne a rejeté une proposition de Vladimir Poutine de confier la médiation du conflit à l’ancien chancelier Gerhard Schröder, un soutien de longue date du Kremlin. Berlin a qualifié cette suggestion de « inacceptable », soulignant que Schröder n’avait plus de mandat officiel. En Slovaquie, le premier ministre Robert Fico a indiqué que Volodymyr Zelensky lui avait dit être prêt à rencontrer Vladimir Poutine « dans n’importe quel format ». Poutine a répondu qu’il devait être contacté « par téléphone » pour organiser une telle rencontre, mais uniquement dans le but de signer un accord de paix, et non pour des négociations préliminaires.
L’ONU a salué le cessez-le-feu et l’échange de prisonniers, tout en réitérant son appel à un cessez-le-feu « immédiat, total, inconditionnel et durable ». Les États-Unis ont également exprimé leur soutien à cette trêve, tout en soulignant que les discussions entre négociateurs ukrainiens et américains se poursuivaient en Floride.
Un calendrier encore incertain
Le cessez-le-feu doit prendre fin mardi 12 mai à minuit. Donald Trump a exprimé le souhait que cette trêve soit prolongée, mais aucune annonce officielle n’a été faite à ce sujet. Volodymyr Zelensky a indiqué espérer la venue de négociateurs américains en Ukraine dans les prochaines semaines, sans préciser de date.
Les deux parties continuent de donner des versions divergentes sur le respect de la trêve, et les bilans des violations restent attribués à chaque camp. Les prochains jours permettront d’évaluer si cette pause dans les combats peut ouvrir la voie à des discussions plus larges.
Prochaines étapes
Le cessez-le-feu doit encore être évalué dans les prochains jours, avec des bilans provisoires sur les violations et les échanges de prisonniers. Les déclarations des deux parties continueront de donner des versions divergentes sur le respect de la trêve. La fin de cette pause, prévue mardi, pourrait marquer un retour aux hostilités ou ouvrir la voie à de nouvelles discussions, en fonction des positions de Kiev, Moscou et Washington. Les prochaines réunions entre négociateurs ukrainiens et américains seront également suivies de près.