Dans la nuit du 11 au 12 mai, la Russie a lancé une série d’attaques de drones contre plusieurs régions ukrainiennes, marquant la fin d’une trêve de trois jours. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, plus de 200 drones ont été déployés, dont une grande partie a été interceptée par les forces ukrainiennes. Ces frappes surviennent après des accusations mutuelles de violations du cessez-le-feu entre Moscou et Kiev.
Un bilan humain et matériel
Les attaques ont touché plusieurs oblasts, dont ceux de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Dnipropetrovsk. Dans cette dernière région, au moins une personne a été tuée et quatre autres blessées, selon le gouverneur Oleksandr Ganja. Des infrastructures civiles, dont des immeubles résidentiels et des bâtiments scolaires, ont été endommagées. À Kiev, des débris de drones ont provoqué un incendie dans un immeuble de 16 étages, sans faire de victime, d’après le maire Vitali Klitschko.
« Le même événement est présenté comme une reprise des hostilités par l’Ukraine et comme la poursuite d’une “opération militaire spéciale” par la Russie. »
Les réactions des deux camps
L’armée ukrainienne a affirmé avoir neutralisé 192 des 216 drones lancés par la Russie, incluant des drones leurres. De son côté, le ministère russe de la Défense a annoncé avoir abattu 27 drones ukrainiens au-dessus des régions de Belgorod, Voronej et Rostov. Les deux parties se rejettent la responsabilité de la fin de la trêve. Zelensky a accusé Moscou d’avoir « choisi de mettre fin au silence », tandis que le Kremlin a déclaré que l’« opération militaire spéciale » se poursuivait après l’expiration du cessez-le-feu.
Une trêve contestée
La trêve de trois jours, annoncée par le président américain Donald Trump le 8 mai, avait été présentée comme une pause humanitaire. Cependant, dès son entrée en vigueur, les deux camps s’étaient mutuellement accusés de violations. Kiev avait signalé des attaques de drones dans l’est et le sud du pays, tandis que Moscou avait dénoncé des frappes ukrainiennes dans la région de Belgorod.
Les déclarations diplomatiques
Le Kremlin a jugé prématuré d’évoquer les « détails concrets » d’un processus de paix, bien que Vladimir Poutine ait déclaré le 9 mai que la guerre « touchait à sa fin ». Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, a appelé à ce que les « refus de paix répétés » de Poutine aient des « conséquences », sans préciser lesquelles. Les négociations entre Moscou et Kiev, sous médiation américaine, sont au point mort depuis fin février en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Un avion ukrainien transformé en chasseur de drones
Parmi les éléments marquants de cette séquence, l’armée ukrainienne a mis en avant les performances d’un avion civil An-28 converti en chasseur de drones. Selon Le Parisien, cet appareil aurait abattu à lui seul 213 drones russes depuis le début de son déploiement. Cette adaptation illustre les efforts ukrainiens pour renforcer leurs capacités de défense face aux attaques aériennes russes.
Et maintenant ?
Les prochaines heures et jours permettront d’évaluer l’intensité des hostilités après cette reprise des attaques. Les bilans humains et matériels pourraient encore évoluer, tandis que les déclarations des deux camps continueront de refléter leurs positions respectives. La publication de données consolidées par des sources indépendantes reste attendue pour préciser l’ampleur des frappes et leurs conséquences.