Hantavirus : propagation, mesures sanitaires et gestion de la crise en France et à l’international

Un foyer d’hantavirus détecté à bord du navire de croisière MV Hondius a entraîné l’évacuation de 125 passagers et membres d’équipage, avec trois décès confirmés et plusieurs cas contacts identifiés en France et à l’étranger.

Hantavirus : propagation, mesures sanitaires et gestion de la crise en France et à l’international

Image générée par Fokon

Un foyer d’hantavirus a été identifié à bord du navire de croisière MV Hondius, provoquant l’évacuation de 125 passagers et membres d’équipage depuis les îles Canaries. Trois décès ont été confirmés, dont celui d’une Néerlandaise, et plusieurs cas contacts ont été identifiés en France et dans d’autres pays. Les autorités sanitaires françaises et internationales ont renforcé les mesures de surveillance et d’isolement pour contenir la propagation du virus.

Un foyer d’infection à bord du MV Hondius

Le MV Hondius, un navire de croisière parti d’Ushuaïa en Argentine le 1er avril, a été placé sous surveillance sanitaire après la détection d’un foyer d’hantavirus à bord. Les premiers symptômes sont apparus le 6 avril chez un passager néerlandais, considéré comme le patient zéro, qui est décédé le 11 avril. Son épouse, également contaminée, est morte trois semaines plus tard. Au total, trois décès ont été enregistrés, dont deux confirmés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme liés à l’hantavirus. Sept autres cas confirmés et un cas probable ont été signalés parmi les passagers et l’équipage.

Le navire a accosté à Tenerife, dans l’archipel des Canaries, où les opérations d’évacuation ont été menées sous haute protection sanitaire. Les passagers et membres d’équipage, originaires de 23 pays différents, ont été rapatriés vers leurs pays respectifs. Le MV Hondius a quitté les Canaries lundi 11 mai et doit arriver à Rotterdam, aux Pays-Bas, dimanche 17 mai.

Une Française en réanimation

Parmi les cinq passagers français rapatriés du MV Hondius, une femme a été testée positive à l’hantavirus. Hospitalisée à l’hôpital Bichat à Paris, elle présente la forme cardiopulmonaire « la plus sévère » de la maladie, selon l’infectiologue Xavier Lescure. Elle est actuellement en réanimation, sous assistance respiratoire avec un poumon artificiel. Les quatre autres passagers français, testés négatifs, sont soumis à une surveillance médicale étroite en milieu hospitalier.

Vingt-deux cas contacts ont également été identifiés en France. Huit d’entre eux, considérés comme des « cas contacts à haut risque », ont voyagé sur le même vol que la victime néerlandaise entre Sainte-Hélène et Johannesbourg. Les quatorze autres ont été en contact avec elle lors d’un vol entre Johannesbourg et Amsterdam. Tous ces cas contacts sont placés en « quarantaine renforcée en milieu hospitalier », une mesure annoncée par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour briser les chaînes de transmission.

« Le même protocole est présenté comme une mesure de précaution et comme une décision coercitive selon les déclarations des autorités. »

Des mesures sanitaires variables selon les pays

Les protocoles de suivi et d’isolement des passagers évacués diffèrent selon les pays. L’OMS recommande une période de quarantaine de 42 jours à compter du 10 mai, date de la dernière exposition au virus. Cependant, chaque pays applique ses propres règles. Aux États-Unis, par exemple, les autorités sanitaires ont exclu la quarantaine systématique pour les 17 ressortissants américains rapatriés, dont un passager asymptomatique testé positif et un autre présentant des symptômes légers.

En France, le gouvernement a durci les règles d’isolement. Tous les cas contacts, sans exception, sont placés en quarantaine renforcée en milieu hospitalier. Cette décision a été prise après une réunion interministérielle à Matignon, au cours de laquelle Sébastien Lecornu a également appelé à une « coordination plus étroite » des protocoles sanitaires au sein de l’Union européenne et de l’espace Schengen. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a échangé avec plusieurs pays européens pour harmoniser les mesures.

Un virus connu mais aux caractéristiques inquiétantes

L’hantavirus Andes, détecté à bord du MV Hondius, est une souche rare capable de transmission interhumaine, contrairement à la plupart des autres hantavirus. Le virus se transmet généralement par contact avec des rongeurs infectés, via leur urine, leurs excréments ou leur salive. La période d’incubation peut aller jusqu’à six semaines, ce qui explique la vigilance accrue des autorités sanitaires.

Les symptômes de l’hantavirus Andes incluent des signes grippaux initiaux, suivis de complications pulmonaires et cardiaques pouvant évoluer vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë. Le taux de létalité de cette souche est estimé entre 35 % et 50 %, selon les données disponibles. Aucun traitement spécifique ni vaccin n’est actuellement homologué pour lutter contre ce virus, bien que des recherches soient en cours.

« Le bilan des cas confirmés et des décès reste attribué aux déclarations des autorités sanitaires, sans consolidation indépendante mentionnée à ce stade. »

Une gestion de crise sous haute surveillance

La gestion de cette crise sanitaire a ravivé les souvenirs de la pandémie de Covid-19, bien que l’OMS insiste sur le fait que la situation actuelle n’est pas comparable. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que « le travail n’est pas terminé » et que de nouveaux cas pourraient apparaître dans les semaines à venir en raison de la longue période d’incubation du virus. Il a appelé les pays à suivre les recommandations de l’OMS pour limiter les risques de propagation.

En France, la ministre de la Santé a tenu une conférence de presse mardi 12 mai pour faire le point sur la situation. Elle a écarté toute « circulation diffuse » du virus sur le territoire national, tout en soulignant la nécessité de rester vigilant. Les autorités sanitaires françaises disposent de stocks suffisants de masques et de capacités hospitalières pour faire face à d’éventuels nouveaux cas.

Des erreurs de protocole aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, douze membres du personnel d’un hôpital ont été placés en quarantaine pour six semaines après des erreurs commises lors du traitement d’un patient infecté par l’hantavirus. Les procédures de prélèvement sanguin et d’élimination des urines n’ont pas été respectées, entraînant cette mesure préventive. L’hôpital a indiqué que les patients et visiteurs ne couraient aucun risque d’infection.

Prochaines étapes et incertitudes

La publication des résultats complets des tests réalisés sur les passagers et membres d’équipage évacués permettra de préciser l’ampleur de l’épidémie. Le suivi des cas contacts pendant les 42 jours recommandés par l’OMS sera crucial pour évaluer les risques de nouveaux cas. Les autorités sanitaires françaises et européennes continueront de coordonner leurs actions pour harmoniser les protocoles et limiter les risques de propagation transfrontalière.

Le bilan reste provisoire et dépend des déclarations des autorités sanitaires, sans confirmation indépendante à ce stade. Les prochaines semaines permettront de déterminer si les mesures mises en place suffisent à contenir la propagation du virus.

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