L’incendie s’est déclaré vers 7h30 dans un immeuble de sept étages situé au 18 rue Sully, dans le quartier du Prainet à Décines-Charpieu. Selon la préfecture du Rhône, trois personnes sont décédées, dont une qui s’est défenestrée en se jetant du septième étage. Quatorze personnes ont été transportées à l’hôpital en urgence relative après avoir été exposées aux fumées, et une quarantaine de résidents ont été évacués vers un gymnase voisin.
Une enquête pour homicide volontaire en bande organisée
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour "homicide volontaire en bande organisée" et l’a confiée à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de la police judiciaire. Dans un communiqué, le procureur de Lyon, Thierry Dran, a indiqué que "pour l’heure, aucune hypothèse n’est écartée, notamment la piste criminelle". Une source policière a précisé à l’AFP que "l’hypothèse de violences entre trafiquants de drogues est à l’étude".
« Le même événement est présenté comme un incendie criminel et comme un possible règlement de comptes, selon les déclarations des autorités. »
Des renforts policiers et militaires déployés
Plus de 80 sapeurs-pompiers et une trentaine d’engins ont été mobilisés pour éteindre l’incendie, maîtrisé en fin de matinée. Des patrouilles de CRS et des militaires de l’opération Sentinelle ont été déployés pour sécuriser le périmètre. Le préfet délégué à la sécurité, Antoine Guérin, a rappelé que "des guerres de territoire entre bandes de narcotrafiquants" avaient été observées ces derniers jours dans l’agglomération lyonnaise, notamment à Décines-Charpieu.
Un quartier sous tension depuis fin avril
Plusieurs départs de feu d’origine volontaire et des tirs d’armes à feu ont été recensés dans le quartier depuis fin avril. Le 24 avril, une femme avait été blessée au mollet par une balle perdue lors de tirs visant des voitures stationnées dans la rue. La maire LR de Décines-Charpieu, Laurence Fautra, avait alors interpellé le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, pour réclamer une "présence régalienne ferme et efficace" afin de "purger" la ville de ses narcotrafiquants.
Les habitants sous le choc
Les résidents du quartier, interrogés sous couvert d’anonymat, ont exprimé leur colère et leur peur. "Les victimes collatérales, c’est nous", a déclaré un quinquagénaire lors d’une réunion devant la mairie. Une cellule d’écoute psychologique a été mise en place, et le bailleur a commencé à reloger les habitants sinistrés. La présidente LR de la Métropole de Lyon, Véronique Sarselli, a indiqué que des mesures d’urgence étaient en cours pour accompagner les résidents.
Prochaines étapes de l’enquête
Le procureur de Lyon, Thierry Dran, doit tenir une conférence de presse mardi 12 mai pour faire un point sur l’avancée des investigations. Les autorités devront encore préciser les circonstances exactes du sinistre, identifier les responsables et déterminer si les décès sont directement liés à des rivalités entre trafiquants. Le bilan des victimes, attribué aux secours et à la préfecture, reste provisoire à ce stade. Les habitants du quartier attendent des mesures concrètes pour restaurer la sécurité dans un secteur marqué par une recrudescence des violences liées au narcotrafic.