Le député François Ruffin a annoncé mardi 12 mai qu’il serait candidat à l’élection présidentielle de 2027 si une primaire de la gauche non-mélenchoniste n’était pas organisée. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions persistantes au sein du Parti socialiste (PS), marqué par le départ de Boris Vallaud de la direction du parti la semaine précédente. Ruffin, ancien membre de La France insoumise (LFI), a critiqué les « apparatchiks » du PS, qu’il accuse de bloquer le processus de primaire. « Je souhaite que la primaire ait lieu parce que je pense qu’il n’y a pas une autre façon de faire. Maintenant, s’il n’y a pas de primaire, moi j’y vais », a-t-il déclaré sur France Inter.
Une primaire incertaine
L’organisation d’une primaire à gauche reste en suspens. Olivier Faure, premier secrétaire du PS, continue de défendre cette option, tandis que François Hollande, ancien président de la République, privilégie une union des centres. Clémentine Autain, cofondatrice du parti l’Après, a lancé un ultimatum au PS, exigeant qu’il « tranche » sur sa participation à une primaire. Si cette dernière n’a pas lieu, elle n’exclut pas un ralliement à Jean-Luc Mélenchon. Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), a quant à elle tenté de recentrer le débat sur les enjeux sociaux, évoquant les « maux liés à l’isolement » lors d’un déplacement à Paris.
« La question de la primaire oppose deux visions : un processus démocratique pour désigner un candidat, ou une stratégie d’alliances négociées en coulisses. »
La polémique Glucksmann
Raphaël Glucksmann, eurodéputé et fondateur de Place publique, est au cœur d’une polémique après la fuite d’une note interne classant les électeurs en « cibles fidèles » et « cibles à éviter ». Le document, révélé par Politico et repris par plusieurs médias, recommande de cibler les électeurs aisés (plus de 3 500 euros par mois), les habitants des métropoles et les personnes âgées de 50 à 80 ans, tout en évitant « pour le moment » les jeunes, les banlieues et les revenus inférieurs à 1 500 euros. Glucksmann a réagi en affirmant que cette note, présentée comme une « proposition » par son conseiller Mathieu Lefèvre-Marton, n’avait « aucune valeur politique ». Il a assuré vouloir s’adresser à « tous les Français », citant notamment les banlieues et les villes de moins de 100 000 habitants.
La France insoumise (LFI) a saisi l’occasion pour dénoncer une démarche « marketing ». Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a critiqué les « études marketing » des « génies de la com » travaillant pour Glucksmann. Ce dernier a annoncé la sortie d’un livre le 28 mai et un meeting le 13 juin pour « démontrer sa capacité de mobilisation ».
Attal en position de force à Renaissance
Du côté de la majorité présidentielle, Gabriel Attal se rapproche d’une candidature. Le conseil national de Renaissance, réuni lundi soir, a adopté une motion appelant l’ancien Premier ministre à se déclarer. Le parti précise que sa candidature « ne deviendra effective qu’après un vote des adhérents organisé dans les prochaines semaines ». Cette étape intervient une semaine après la démission d’Élisabeth Borne de la présidence du conseil national. Attal dispose jusqu’au 1er octobre pour officialiser sa candidature.
« Le vote interne de Renaissance marque une étape dans la désignation d’Attal, mais le processus reste soumis à l’approbation des adhérents. »
À droite, Wauquiez soutient Retailleau
Les Républicains (LR) tentent de s’unir autour d’un candidat unique. Laurent Wauquiez, président des députés LR, a réaffirmé mardi que Bruno Retailleau était « le candidat légitime » du parti, après sa désignation par les adhérents. Wauquiez a toutefois tiré « la sonnette d’alarme » face à « l’inconscience » de la droite, mettant en garde contre le risque d’un duel entre LFI et le Rassemblement national (RN) au second tour. Il a plaidé pour l’organisation d’une primaire à droite, une option que Retailleau n’a pas encore tranchée.
Prochaines étapes
Les prochaines semaines seront marquées par plusieurs échéances. Raphaël Glucksmann doit publier un livre le 28 mai et organiser un meeting le 13 juin. Gabriel Attal a jusqu’au 1er octobre pour officialiser sa candidature, sous réserve d’un vote des adhérents de Renaissance. À gauche, l’organisation ou non d’une primaire reste en suspens, avec des déclarations attendues des différents acteurs dans les jours à venir. Les Républicains devront également préciser leur stratégie, notamment sur la tenue d’une primaire. Enfin, le calendrier judiciaire concernant Marine Le Pen pourrait influencer la candidature de Jordan Bardella pour le RN.