La fusillade s’est produite vers 19 h 30 dans le hall d’un immeuble du quartier de Port-Boyer, au nord de Nantes. Selon le procureur de la République, Antoine Leroy, deux individus cagoulés sont arrivés à scooter et ont ouvert le feu avec une arme automatique. Un adolescent de 15 ans, identifié comme Elidja, a été tué sur le coup. Deux autres mineurs, âgés de 13 et 14 ans, ont été blessés. Le garçon de 13 ans, grièvement touché, a été transporté à l’hôpital dans un état critique. Son pronostic vital n’est plus engagé, a indiqué le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, lors d’une visite sur place vendredi matin.
Les circonstances du drame
Les premiers éléments de l’enquête suggèrent un lien avec le narcotrafic. « Les motifs de cette fusillade sont très probablement liés au trafic de stupéfiants », a déclaré Laurent Nuñez, précisant que cela ne signifiait pas que les adolescents touchés étaient « liés au trafic ». Le procureur a évoqué « un règlement de comptes en lien avec des infractions à la législation sur les stupéfiants ». Les deux tireurs, décrits comme cagoulés et vêtus de noir, ont pris la fuite après les tirs. L’un des adolescents blessés a été poursuivi jusqu’au 13e étage de l’immeuble, où il s’était réfugié dans un appartement.
« Le même événement est présenté comme un règlement de comptes lié au narcotrafic et comme une attaque ayant visé des adolescents sans lien établi avec les réseaux. »
Les réactions des autorités
Laurent Nuñez s’est rendu sur les lieux vendredi matin. Il a confirmé que les jours du garçon de 13 ans « ne sont plus en danger » et a réaffirmé la « détermination intacte et totale » du gouvernement dans la lutte contre le narcotrafic. « Cette guerre, on la mène avec détermination et on ne lâchera rien », a-t-il déclaré. Le ministre a également annoncé la création d’une antenne locale de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) et le renforcement des effectifs policiers dans le quartier.
La maire de Nantes, Johanna Rolland, a réagi en dénonçant « le narcotrafic qui gangrène le pays ». Elle a appelé à la création d’un « service de renseignement dédié au narcotrafic » pour mieux lutter contre ces réseaux. Plusieurs habitants du quartier ont témoigné de leur inquiétude face à la dégradation de la situation. « Depuis quelques mois, on voit bien que ça craint. Les fusillades sont fréquentes, même en plein jour », a confié une riveraine.
Le quartier de Port-Boyer sous tension
Le quartier de Port-Boyer est marqué depuis plusieurs mois par des violences liées au narcotrafic. Selon les chiffres du parquet, 54 séquences de tirs ont été recensées en Loire-Atlantique entre janvier et novembre 2025. Les habitants décrivent un quotidien devenu invivable. « Je dors par terre pour éviter les balles », a raconté une résidente. Un voisin de 17 ans, présent lors de la fusillade, a témoigné avoir tenté de porter secours à Elidja. « Le petit est mort dans mes bras le jour où je l’ai rencontré », a-t-il déclaré à France 3.
« Les témoignages des habitants distinguent les violences liées au narcotrafic et l’impact sur la vie quotidienne du quartier. »
Les suites de l’enquête
L’enquête a été confiée à la Direction centrale de la sécurité publique (DCOS) du commissariat de Nantes. Les investigations visent à identifier et interpeller les auteurs des tirs. Le procureur a indiqué que les éléments recueillis à ce stade pointaient vers un « point de deal très convoité » dans le quartier. Aucune interpellation n’a encore été annoncée.
Les éléments encore attendus
La suite de l’enquête devra préciser le rôle exact des adolescents touchés par la fusillade et leur éventuel lien avec les réseaux de narcotrafic. Les investigations en cours visent également à identifier les auteurs des tirs et à établir les circonstances précises de l’attaque. Les déclarations des témoins et les éléments recueillis par les enquêteurs permettront de déterminer si les victimes étaient ciblées ou touchées par des tirs aveugles. Le calendrier des prochaines étapes judiciaires reste à préciser.