Le parquet de Laon a annoncé, vendredi 8 mai 2026, la mise en examen de Julien B., 23 ans, pour « homicide volontaire avec préméditation » sur mineure de moins de 15 ans et pour « viols commis sur une mineure par une personne ayant plus de cinq ans d’écart ». Il a été placé en détention provisoire. Selon le procureur Jean-Baptiste Miot, le suspect a fait usage de son droit au silence lors de ses derniers interrogatoires, après avoir reconnu sa présence sur les lieux et l’usage d’un couteau contre la victime, tout en niant l’intention de la tuer.
Chloé, 14 ans, scolarisée en troisième au collège Anne de Montmorency de Fère-en-Tardenois, a été retrouvée « très grièvement blessée » sur la voie publique le 6 mai vers 8 heures, alors qu’elle se rendait à pied à son établissement. Elle est décédée avant l’arrivée des secours. Le parquet de Soissons, qui avait initialement ouvert une enquête pour assassinat, s’est dessaisi au profit du pôle criminel de Laon en raison de la qualification criminelle des faits.
Julien B. a été interpellé mercredi en fin d’après-midi à Soissons, à environ 25 kilomètres de Fère-en-Tardenois, après d’importantes opérations de recherche. Selon les déclarations du parquet de Soissons, il aurait indiqué en garde à vue avoir eu une « relation amoureuse » avec l’adolescente, récemment terminée. Sans profession, il vivait chez ses parents et était déjà connu des services de police pour port d’arme illégal en 2023.
Un suspect déjà connu des services de police
Julien B. avait été condamné en 2023 pour port d’arme illégal, selon les éléments communiqués par le parquet. Plusieurs témoignages recueillis par les médias décrivent un profil marqué par des comportements violents et des menaces envers des jeunes filles. Une amie de Chloé a déclaré à Franceinfo avoir reçu des messages vocaux menaçants de sa part en 2025, dans lesquels il proférait des propos violents. Une plainte avait été déposée par une autre adolescente après des menaces similaires.
« Les récits associent systématiquement le suspect à des antécédents judiciaires et à des menaces envers des mineures, sans toujours préciser le lien avec les faits actuels. »
Selon Le Parisien, Julien B. aurait envoyé des messages à Chloé quelques jours avant le drame, lui disant : « Si je te croise, je te tue. » Une autre amie de la victime a confié que Chloé « essayait de le quitter » et qu’elle « avait enfin réussi » à prendre ses distances avant son meurtre.
Une enquête qui se poursuit
Lors de sa garde à vue, Julien B. a reconnu avoir utilisé un couteau contre Chloé, mais a nié avoir eu l’intention de la tuer. Son avocat, Me Arnaud Miel, a indiqué à l’AFP que son client « ne reconnaît pas les faits dans leur ensemble » et a insisté sur sa présomption d’innocence.
Le parquet de Laon a précisé que l’enquête se poursuivait pour déterminer les circonstances exactes du drame, notamment la question de la préméditation. Les investigations devront également établir le rôle précis du suspect dans les viols qui lui sont reprochés.
Une commune sous le choc
Le meurtre de Chloé a provoqué une vive émotion à Fère-en-Tardenois, une commune de 2 800 habitants. Des bougies et des bouquets de fleurs ont été déposés devant le collège Anne de Montmorency, où des cellules d’écoute psychologique ont été mises en place pour les élèves et les personnels. Plusieurs parents ont accompagné leurs enfants à l’établissement jeudi matin, exprimant leur sidération et leur inquiétude.
« On est à la campagne, on pense être en sécurité, mais pas du tout », a déclaré une mère de famille à l’AFP. Une autre habitante, Julie, a estimé que « la loi sur le détournement de mineurs devrait être plus ferme », soulignant la différence d’âge entre Chloé et le suspect.
La mairie a maintenu la « Fête du Muguet », prévue ce week-end, en la dédiant à la mémoire de Chloé. « Nous lui rendrons hommage à différents moments », a-t-elle annoncé sur Facebook.
Prochaines étapes de la procédure
La mise en examen de Julien B. marque le début d’une information judiciaire, qui permettra d’approfondir les investigations. Les éléments recueillis lors de l’enquête devront notamment établir si les viols reprochés au suspect ont eu lieu avant ou pendant l’agression du 6 mai. La question de la préméditation, centrale dans la qualification d’assassinat, sera également examinée par les magistrats instructeurs.
Le procès, s’il a lieu, devra déterminer les responsabilités pénales du suspect et les circonstances exactes du drame. En attendant, la commune de Fère-en-Tardenois reste marquée par la disparition de Chloé, dont les obsèques n’ont pas encore été annoncées.