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PARCS D’ATTRACTIONS EN ÎLE-DE-FRANCE

Six milliards d’euros pour trois parcs près de Cergy, mais Dragon Ball n’a pas encore sa licence

La France et l’Arabie saoudite ont annoncé trois parcs à thème près de Cergy-Pontoise, avec six milliards d’euros d’investissements et jusqu’à 22 000 emplois directs. Le projet reste toutefois largement à préciser et suscite déjà des inquiétudes sur les transports, l’environnement et le relogement des familles présentes sur le site.

64 sources · 29 médias

Rappel des faits

La France et l’Arabie saoudite ont annoncé lundi 24 août un projet de trois parcs d’attractions dans le Val-d’Oise, près de Cergy-Pontoise. Emmanuel Macron a présenté un investissement saoudien de six milliards d’euros et jusqu’à 22 000 emplois directs, à l’occasion de la visite à Paris du prince héritier Mohammed ben Salmane.

Le projet est porté par Qiddiya Investment Company, entreprise publique saoudienne et filiale du fonds souverain Public Investment Fund. Le complexe doit prendre place sur le site de l’ancien parc Mirapolis, à Courdimanche. L’un des trois parcs est envisagé autour de l’univers de Dragon Ball, mais l’accord des ayants droit japonais n’a pas encore été obtenu.

De nombreux éléments restent à définir. La répartition des six milliards d’euros entre les trois parcs, leur superficie, les attractions prévues, les infrastructures hôtelières et le calendrier définitif des travaux n’ont pas été détaillés. Les thèmes des deux autres parcs ne sont pas connus.

À Courdimanche, l’annonce divise déjà. Des élus et habitants y voient une possibilité de créer des emplois, des recettes et de nouvelles infrastructures. D’autres redoutent davantage de circulation, l’artificialisation des sols et une hausse du coût de la vie. Environ 300 membres de la communauté des gens du voyage vivent actuellement sur le site et demandent des solutions de relogement durables avant tout chantier.

Qiddiya développe déjà en Arabie saoudite un vaste ensemble de loisirs comprenant un parc Dragon Ball. Le projet francilien fait partie des accords économiques annoncés pendant la visite de Mohammed ben Salmane.

Sans l’accord des ayants droit, le parc Dragon Ball ne peut pas encore voir le jour

Un parc inspiré de Dragon Ball est envisagé dans le futur complexe de Cergy-Pontoise, mais l’accord des ayants droit japonais n’a pas encore été obtenu.

Cette autorisation conditionne l’utilisation de la licence, des personnages et de l’univers créés par Akira Toriyama. Qiddiya développe déjà en Arabie saoudite un parc Dragon Ball dans le cadre de son propre complexe de loisirs.

Pour la version francilienne, aucune liste précise d’attractions ni aucun plan détaillé n’a été communiqué. Les thèmes des deux autres parcs restent également indéterminés.

À Courdimanche, les riverains redoutent des routes encore plus saturées

Le site choisi se trouve à Courdimanche, sur l’ancienne emprise de Mirapolis. Les transports sont déjà au centre des réactions locales.

Des habitants soulignent que les axes routiers sont régulièrement saturés et craignent que l’arrivée de millions de visiteurs aggrave la circulation. Le renforcement du RER A est évoqué parmi les besoins, mais certains riverains doutent qu’il suffise à absorber les flux supplémentaires.

D’autres inquiétudes portent sur l’artificialisation des sols et la transformation du cadre de vie. La perspective d’hôtels, de locations touristiques et d’une hausse de l’activité immobilière nourrit aussi la crainte d’une augmentation du coût de la vie.

À l’inverse, plusieurs habitants et responsables politiques locaux espèrent que le projet développera les transports, créera des emplois et apportera de nouvelles recettes au territoire.

Près de 300 gens du voyage vivent déjà sur le terrain prévu pour les parcs

Environ une centaine de familles, soit près de 300 personnes issues de la communauté des gens du voyage, vivent actuellement sur le site de l’ancien Mirapolis.

Plusieurs familles affirment ne pas avoir été informées en amont de l’annonce. Certaines y sont installées depuis plus de neuf ans et une vingtaine d’enfants sont scolarisés dans les communes voisines. Des habitants âgés ou en situation de handicap expliquent aussi leur difficulté à envisager un déplacement sans solution adaptée.

La mairie de Courdimanche a regretté que leur situation n’ait pas été évoquée lors de l’annonce du projet et demande des solutions d’accueil durables. Des élus locaux réclament également une concertation avec les habitants, les associations et les communes concernées.

Mirapolis attendait deux millions de visiteurs : il en avait accueilli 800 000 la première année

Emmanuel Macron annonce jusqu’à 22 000 emplois directs liés au futur complexe. Cette promesse économique renvoie toutefois à l’histoire du même site.

Mirapolis avait ouvert en 1987 à Courdimanche. Dès sa première année, le parc n’avait accueilli que 800 000 visiteurs, alors que plus de deux millions étaient attendus. Il a fermé en 1991.

La mauvaise desserte figurait parmi les difficultés rencontrées. Cette question revient aujourd’hui autour du nouveau projet, avec les capacités routières du secteur et le besoin d’infrastructures hôtelières.

Qiddiya, filiale du fonds souverain saoudien, pilote le projet francilien

Qiddiya Investment Company est l’entreprise saoudienne chargée du projet. Cette société publique est une filiale du Public Investment Fund, le fonds souverain du royaume.

Son activité est centrée sur le divertissement, le sport et la culture. En Arabie saoudite, Qiddiya développe déjà un vaste ensemble de loisirs comprenant notamment un parc Dragon Ball de plus de 500 000 mètres carrés, avec plusieurs zones thématiques, hôtels et restaurants.

L’investissement français prolonge cette politique saoudienne de développement du divertissement, du sport et de la culture.

À gauche comme à droite, le projet saoudien déclenche déjà des critiques politiques

L’annonce des trois parcs a été faite pendant la visite officielle à Paris de Mohammed ben Salmane, dans le cadre d’un rapprochement économique plus large entre la France et l’Arabie saoudite.

À gauche, plusieurs responsables politiques et éditorialistes ont critiqué ce partenariat en raison de la situation des droits humains en Arabie saoudite et du rôle attribué au prince héritier dans la stratégie internationale du royaume. L’accueil réservé à Mohammed ben Salmane a notamment été dénoncé comme un « tapis rouge ».

À droite, les critiques portent davantage sur le choix de Dragon Ball. Des responsables du RN et de Reconquête demandent pourquoi un projet d’une telle ampleur ne mettrait pas davantage en avant la culture française. Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, défend lui aussi cette lecture.

Médianalyse

Ce que montre la couverture médiatique

Les chiffres de « six milliards d’euros » et « 22 000 emplois » dominent largement la couverture et apparaissent souvent dès les titres, alors que beaucoup de caractéristiques concrètes des trois parcs restent encore indéterminées.

Dragon Ball concentre bien davantage l’attention médiatique que les deux autres parcs, dont les thèmes ne sont pas connus. Certains titres présentent déjà son arrivée comme acquise alors que l’accord des ayants droit japonais n’a pas encore été obtenu.

Trois cadrages se détachent : la promesse économique et touristique, les inquiétudes locales sur les transports et l’artificialisation, et la lecture géopolitique du projet comme instrument de rayonnement saoudien. La situation des familles vivant actuellement sur le site apparaît surtout dans les reportages locaux et de terrain.

Consulter les 64 sources médianalysées

Le Monde 2 articles

Le Figaro 2 articles

Libération 3 articles

Le Parisien 4 articles

Le Nouvel Obs 2 articles

L’Express 2 articles

L’Humanité 2 articles

20 Minutes 1 article

Franceinfo 9 articles

BFMTV 5 articles

France 24 2 articles

Euronews FR 1 article

RMC 6 articles

TV5MONDE 3 articles

Ouest-France 1 article

La Dépêche du Midi 1 article

Le Républicain Lorrain 1 article

Vosges Matin 1 article

Courrier International 1 article

La Dernière Heure 2 articles

RTS 1 article

Al Jazeera English 2 articles

Nippon.com 1 article

De Standaard 2 articles

Telex 1 article

La Tercera 2 articles

Reporterre 1 article

Numerama 1 article

Le JDD 2 articles