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ÉTATS-UNIS–IRAN

Washington durcit les sanctions contre l’Iran, Pékin refuse de céder et Ormuz reste presque paralysé

Les États-Unis étendent leurs sanctions à l’Iran et menacent ses partenaires commerciaux de pénalités supplémentaires. La Chine promet de défendre ses intérêts tandis que le trafic dans le détroit d’Ormuz reste très réduit et qu’un pétrolier a été frappé au large d’Oman.

178 sources · 68 médias

Rappel des faits

Les États-Unis ont lancé lundi 24 août une nouvelle offensive économique contre l’Iran. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a annoncé des sanctions contre une soixantaine de personnes, entreprises et navires liés notamment aux revenus pétroliers iraniens, aux programmes d’armement et aux activités cybernétiques. Washington menace aussi les partenaires étrangers de Téhéran de sanctions secondaires s’ils maintiennent certaines relations commerciales avec la République islamique.

Le dispositif vise notamment l’or, les technologies, les actifs numériques, l’aviation et le transport maritime. Les acteurs qui faciliteraient certaines transactions avec l’Iran risquent de perdre leur accès au système financier américain. Scott Bessent a présenté cette campagne comme un « assaut économique » destiné à couper les ressources du régime.

La Chine a rejeté la menace. Principal acheteur du pétrole iranien, Pékin affirme que sa coopération avec l’Iran est légitime et promet de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour défendre ses intérêts si des entreprises chinoises sont frappées. Plusieurs sociétés chinoises ou hongkongaises figurent déjà parmi les entités visées, mais Washington n’a pas annoncé de sanctions généralisées contre les grandes banques ou entreprises chinoises.

Téhéran affirme être préparé à cette nouvelle pression et promet une réponse. Dans la capitale iranienne, des files d’attente se sont allongées devant les stations-service tandis que la monnaie a atteint un nouveau plus bas face au dollar.

Le détroit d’Ormuz reste presque à l’arrêt. Deux navires commerciaux seulement l’ont franchi lundi, contre environ 140 avant la guerre. Dans la nuit de lundi à mardi, un pétrolier a été frappé par un projectile non identifié au large d’Oman. Sa salle des machines a été endommagée, le navire a perdu sa propulsion et l’équipage est sain et sauf.

Donald Trump affirme que toutes les mines présentes dans les eaux internationales du détroit ont été retirées ou détruites. L’Iran et Oman discutent parallèlement d’un couloir temporaire de navigation et d’un projet conjoint de déminage. Le Qatar et le Pakistan poursuivent également leurs démarches pour relancer les discussions entre Washington et Téhéran.

Washington menace de couper du système financier américain les partenaires économiques de l’Iran

La nouvelle campagne américaine ne vise plus seulement des entités iraniennes. Washington veut aussi pénaliser les entreprises et institutions étrangères qui maintiennent certaines relations commerciales avec Téhéran.

Les sanctions secondaires annoncées par Scott Bessent concernent notamment l’or, les actifs numériques, la technologie, l’aviation et le transport maritime. Une institution qui facilite certaines transactions importantes avec des acteurs iraniens sanctionnés peut perdre son accès au système financier américain.

Le Trésor a déjà placé une soixantaine de personnes, entreprises et navires sur ses listes de sanctions. Ces mesures visent des réseaux liés aux exportations pétrolières, aux achats d’armes et aux activités cybernétiques iraniennes.

Washington n’a toutefois pas annoncé de sanctions généralisées contre tous les pays qui commercent avec l’Iran. Bessent a laissé une période d’avertissement aux partenaires concernés et n’a pas détaillé toutes les pénalités à venir.

Le « D-Day économique » annoncé par Washington ne signifie pas une coupure immédiate de tous les échanges avec l’Iran : une partie du dispositif repose encore sur des menaces de sanctions secondaires dont l’application dépendra des décisions américaines à venir.

Pékin promet de défendre ses entreprises face aux sanctions américaines

La Chine refuse de couper ses relations économiques avec Téhéran. Le gouvernement chinois qualifie les sanctions américaines d’unilatérales et illégales et affirme que sa coopération avec l’Iran ne doit pas être perturbée.

La Chine achète la majorité du pétrole exporté par l’Iran. Certaines estimations citées dans le draft portent cette part à environ 80 %.

Pékin promet de prendre « toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses intérêts si Washington élargit ses sanctions aux entreprises du pays. Des sociétés basées en Chine continentale et à Hong Kong figurent déjà parmi les entités visées.

Les États-Unis ont néanmoins évité, dans cette première salve, de frapper massivement les grandes banques ou entreprises chinoises.

Deux navires seulement ont franchi Ormuz lundi, contre environ 140 avant la guerre

Le trafic dans le détroit d’Ormuz reste presque à l’arrêt. Lundi, deux navires commerciaux seulement ont traversé le passage, son niveau le plus faible depuis plusieurs mois, alors qu’environ 140 navires le franchissaient avant la guerre.

L’Iran et Oman travaillent à une proposition de « couloir de navigation temporaire ». Leur projet prévoit aussi une coopération pour retirer les mines présentes dans la zone et discuter de la future gestion du passage.

Donald Trump affirme de son côté que toutes les mines situées dans les eaux internationales ont déjà été retirées ou détruites. Il menace de détruire tout navire iranien qui tenterait d’en poser de nouvelles.

Un pétrolier perd sa propulsion après avoir été frappé au large d’Oman

Un pétrolier a été touché dans la nuit de lundi à mardi à environ 9 milles nautiques, soit 16,7 kilomètres, au nord-est d’Ash Shishah, au large d’Oman.

Un projectile non identifié a endommagé sa salle des machines et privé le navire de propulsion. L’équipage a été signalé sain et sauf. La nationalité du pétrolier et son sens de circulation n’étaient pas précisés dans les premières informations diffusées par l’agence maritime britannique UKMTO.

L’autorité maritime iranienne avait par ailleurs recensé 45 navires accusés d’avoir enfreint les règles de transit iraniennes et menacés de confiscation. Une analyse de données de l’AFP indique qu’environ un tiers d’entre eux avaient déjà été attaqués au cours des six premiers mois de guerre.

À Téhéran, les files s’allongent devant les stations-service

Mardi, de longues files d’attente se formaient devant des stations-service de Téhéran.

Les pénuries de carburant sont alimentées par la guerre, les perturbations logistiques et les attaques ayant affecté les capacités de raffinage. Une source évoque un déficit quotidien de 15 millions de litres d’essence.

La monnaie iranienne a parallèlement atteint un nouveau plus bas face au dollar. Téhéran rejette la stratégie américaine et affirme être préparé aux sanctions élargies.

Les autorités iraniennes présentent cette nouvelle campagne comme vouée à l’échec et assurent pouvoir continuer à compter sur des partenaires tels que la Chine et la Russie.

Pakistan, Oman et Qatar tentent de relancer les discussions avec Téhéran

Plusieurs médiateurs régionaux poursuivent leurs efforts alors que les négociations directes entre Washington et Téhéran restent bloquées.

Le Pakistan a envoyé à Téhéran son chef des forces de défense, Asim Munir, accompagné du ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi. Les discussions ont porté sur la prévention d’une nouvelle escalade, la réouverture du détroit d’Ormuz et la recherche d’une issue négociée au conflit.

Les responsables iraniens affirment rester attachés au mémorandum négocié sous médiation pakistanaise, tout en demandant aux États-Unis de respecter d’abord leurs propres engagements. Téhéran dit ne plus faire confiance à Washington.

Oman mène parallèlement des discussions sur la navigation dans le détroit, tandis que le Qatar affirme dialoguer quotidiennement avec les parties pour tenter de relancer les pourparlers.

La télévision d’État iranienne diffuse une vidéo menaçant Barron Trump

Une vidéo diffusée par la télévision d’État iranienne menace directement Barron Trump, le fils de 20 ans du président américain. La séquence, d’environ trois minutes, évoque une récompense de 10 millions de dollars pour sa mort et prétend détailler plusieurs lieux qu’il fréquente.

Le document affirme aussi que le jeune homme serait surveillé et présente des informations sur son entourage et sa sécurité. Certaines de ces affirmations sont invérifiables.

Le Secret Service américain a confirmé être au courant de la vidéo et enquêter sur tout contenu pouvant être perçu comme une menace contre les personnes placées sous sa protection. L’agence n’a pas fourni davantage de détails pour des raisons de sécurité opérationnelle.

Médianalyse

Ce que montre la couverture médiatique

Le vocabulaire de l’« asphyxie », de l’« assaut économique » et du « D-Day économique » domine la couverture des sanctions américaines. Ces formules suggèrent une rupture brutale, alors que plusieurs publications soulignent que Washington a, pour l’instant, évité les mesures les plus lourdes contre les grandes entreprises et banques chinoises.

La Chine devient rapidement le principal test de la stratégie américaine dans les titres, en raison de son poids dans les achats de pétrole iranien. Une partie de la couverture déplace ainsi le sujet des sanctions contre Téhéran vers le risque d’un affrontement économique entre Washington et Pékin.

Le détroit d’Ormuz est traité sur deux registres parallèles : trafic au plus bas et incidents maritimes d’un côté, discussions sur la navigation et le déminage de l’autre. L’affirmation de Donald Trump selon laquelle les eaux internationales sont déjà déminées coexiste avec des négociations Iran-Oman portant précisément sur un projet de déminage.

La vidéo visant Barron Trump occupe une place importante dans les titres les plus spectaculaires, alors que le cœur du dossier reste la pression économique américaine, la réaction chinoise et la paralysie d’Ormuz.

Consulter les 178 sources médianalysées

Le Monde 2 articles

Le Figaro 4 articles

Le Parisien 3 articles

Le Nouvel Obs 1 article

L’Express 1 article

La Croix 1 article

Atlantico 2 articles

HuffPost France 1 article

20 Minutes 1 article

Franceinfo 2 articles

BFMTV 5 articles

BFM 2 articles

France 24 6 articles

Euronews FR 6 articles

TV5MONDE 3 articles

Public Sénat 1 article

La Dépêche du Midi 1 article

La Montagne 1 article

La Nouvelle République 1 article

Courrier International 2 articles

RFI 3 articles

La Libre 4 articles

La Dernière Heure 2 articles

Radio-Canada 2 articles

LaPresse 3 articles

Agence Anadolu 4 articles

BBC News 5 articles

The Guardian 1 article

Financial Times 7 articles

The New York Times 2 articles

The Washington Post 1 article

NPR 2 articles

CBC News 1 article

The Globe and Mail 3 articles

Al Jazeera English 12 articles

South China Morning Post 6 articles

Channel NewsAsia 4 articles

The Hindu 5 articles

Folha de S.Paulo 1 article

La Nación Argentina 2 articles

El País 3 articles

La Vanguardia 1 article

Público 2 articles

Die Zeit 1 article

Frankfurter Allgemeine Zeitung 1 article

De Standaard 1 article

De Tijd 2 articles

NRC 1 article

de Volkskrant 2 articles

The Irish Times 5 articles

Neue Zürcher Zeitung 2 articles

Der Standard 3 articles

Politiken 1 article

Aftenposten 2 articles

Helsingin Sanomat 1 article

Gazeta Wyborcza 1 article

Telex 3 articles

Adevărul 2 articles

Kathimerini 1 article

Vanguardia 2 articles

El Tiempo 1 article

La Tercera 6 articles

Premium Times 1 article

The National 8 articles

The Korea Herald 3 articles

Dawn 4 articles

Élucid 1 article

Le JDD 1 article